Martinique : Analyses et Commentaires | Analyse

La pensée unique frappe partout où elle soupçonne de la diversité

Edouard GLISSANT - Télérama - 11 juillet 2010 Hospitalisé à New York à la suite d’un problème cardiaque, le grand poète martiniquais Edouard Glissant se remet, entouré de ses proches. Quelques jours avant son départ de France, nous l’avions rencontré à Paris, puis au Centre Pompidou-Metz. Dans l’entretien (ici dans sa version longue) publié dans “Télérama” cette semaine, Edouard Glissant revient sur son combat indépendantiste, aux Antilles, sur la colonisation, et sur la prétention de la France-patrie-des-Droits-de-l’homme à imposer sa conception des valeurs universelles.  Edouard Glissant est un écrivain et un poète sismographe qui a saisi les tremblements du monde bien avant le séisme appelé mondialisation. Avant beaucoup d’autres, il a compris combien le grand barattage des langues, des peaux et des cultures auquel on assiste aujourd’hui produit un monde nouveau. Pire ou meilleur ? C’est une autre histoire. Mais à la mondialisation et à son uniformité réductrice, à l’arasement des cultures minoritaires, le poète de 81 ans préfère un « Tout-Monde » fait de partage, d’entremêlements, d’alliage des cultures, d’hybridation. Ou, au minimum, de respect et d’égalité. Tout le contraire de la colonisation et de l’esclavage, qui restent ses combats fondateurs.« Nègre, je suis, nègre, je resterai », proclamait Aimé Césaire. « Noir martiniquais du Tout-Monde, je demeurerai », pourrait ajouter Edouard Glissant. Le temps n’a rien enlevé à sa radicalité. Ni à son imaginaire flamboyant. Le « distinguished professor » qui enseigne toujours la littérature française et la poésie à la City University of New York vient de publier une Anthologie de la poésie du Tout-Monde (éd. Galaade) qui lui ressemble : un chaos de mots et de sentiments qui mêle Arthur Rimbaud, Charlie Chaplin, Alejo Carpentier ou Malcom X. Chez Edouard Glissant le visionnaire, poétique et politique ne font qu’un. Vous êtes né sur une île, la Martinique, et le regard sur le monde – le « Tout-Monde », comme vous l’appelez aujourd’hui –, est au cœur de votre œuvre de poète. Jeune homme, comment avez-vous découvert les grands horizons depuis cette île qui n’a jamais été synonyme, pour vous, d’enfermement ? J’avais une douzaine d’années quand la Martinique a été occupée par les troupes de l’amiral Robert, le représentant de Pétain. La Martinique et la Guadeloupe étaient isolées du monde par le blocus de la flotte américaine. Cet isolement a été terrible puisqu’il nous a fait connaître l’univers de la faim et même de la famine. Mais il a aussi exacerbé en nous ce que j’appellerais un désir de monde. Ce puissant désir qui va devenir une des composantes de mon univers littéraire et poétique. Je vivais avec ma mère au Lamentin, un gros bourg qui était au centre de la plus importante communauté économique du pays. Je voyais mon père pendant les vacances scolaires. Il était « géreur » de plantation, c’est-à-dire une sorte d’intendant qui avait sous sa responsabilité une équipe de travailleurs agricoles, pour le compte du propriétaire béké, le colon blanc. Les « géreurs » n’étaient pas attachés à une seule et même habitation [l’exploitation agricole, héritée du système colonial antillais, NDLR], ils se déplaçaient de plantation en plantation, changeant de patrons et de paysages. Ainsi faisait mon père presque chaque année et j’ai découvert toute la Martinique dans sa multiplicité, comme une anthologie de paysages différents, sur un petit espace. Déjà, c’était humblement apprendre la diversité du monde. Qui vous a transmis, très tôt, le goût des livres et de l’écriture ? A 10 ou 12 ans, je faisais la chasse aux livres. C’était même mon activité principale. Je les trouvais dans les rares ébauches de bibliothèques ou chez des particuliers. Littérature populaire ou romanesque. Nous apprenions à l’école des pans entiers de Hugo, Vigny et les autres. La récitation était un exercice complet et périlleux. Quelques années plus tard, avec des jeunes du Lamentin, nous avons fondé un groupe politico-culturel, le Franc-Jeu, et une sorte de journal dans lequel j’ai publié mes premiers poèmes. Comme il y avait pénurie de papier, nous tapions à la machine à écrire (à cent exemplaires) sur des feuilles de papier banane… Quelques livres arrivaient en Martinique, je ne sais pas trop par quel chemin. Je me souviens ainsi d’une édition américaine de L’Existentialisme est un humanisme de Jean-Paul Sartre, (peut-être en 1943), dont un ou deux exemplaires étaient disponibles sur l’île. Comme pour tous les jeunes, il n’y avait pas réellement de choix dans les lectures, c’était un énorme chaos de tout ce qu’on pouvait grappiller ou rapiner. Aimé Césaire, qui enseignait au lycée Victor Schœlcher de Fort-de-France (il professait dans les classes supérieures, j’étais encore en quatrième ou en troisième), était revenu en Martinique juste au moment de la guerre, fin 1939. Il avait fondé la fameuse revue culturelle Tropiques qui était pour nous, jeunes Martiniquais, une formidable ouverture sur le monde. Mallarmé, Rimbaud, Lautréamont, les poètes latino-américains, les Haïtiens. Je ne crois pas que le goût des livres et de l’écriture se « transmet ». Vous menez seul ce combat. Les situations, l’entour vous poussent ou vous aident. La géographie, les paysages sont fondamentaux pour le poète que vous êtes. On imagine votre désarroi quand vous arrivez à Paris, en 1946, à l’âge de 18 ans… Pas du tout. Grâce à Balzac et aux auteurs du XIXe que j’avais lus ou que l’on nous avait enseignés, Paris me paraissait familier. Au début, j’ai tout de même été assez sauvage. Je refusais instinctivement la fréquentation des gens. Une espèce de recul… Par crainte du racisme ? Pas vraiment. Dans le Paris de l’après-guerre, il n’y avait pas beaucoup de Noirs – on disait de Nègres, à l’époque –, nous étions l’objet d’une curiosité amusée. Jeune, j’avais des cheveux beaucoup plus fournis et plus crépus qu’aujourd’hui ; je me souviens de vieilles dames, ou même de jeunes femmes, qui m’arrêtaient, dans la rue, me demandant : « Monsieur, vous permettez que je touche vos cheveux ? » Et ça ne vous blessait pas ? La courtoisie est une des marques de la culture antillaise. Je laissais ces vielles dames, presque émerveillées, me toucher les cheveux. Quant aux jeunes femmes, c’était la manière la plus simple de faciliter leur approche ! Il ne s’agissait pas alors d’un regard hostile. Les Noirs représentaient l’étrangeté. Le racisme n’avait pas atteint le caractère sectaire qu’il montre aujourd’hui. Mais il existait, de façon cachée, et quand un Antillais voulait louer une chambre, on ne la lui donnait presque jamais. Ce qui nous a sauvés, nous autres étudiants « coloniaux », ce sont les bordels. Marthe Richard, femme politique (dont on disait qu’elle avait été prostituée), avait fait fermer les maisons closes, à Paris, et les autorités les avaient attribuées aux associations d’étudiants. Les étudiants français ne voulaient pas y habiter mais nous, Antillais, Africains, Arabes, nous n’avions apparemment aucun problème avec les bordels. C’est ainsi que j’ai habité au 4 de la rue Blondel, dans le quartier Strasbourg-Saint-Denis. Ce n’était pas cher. Des grandes chambres avec des glaces partout, jusqu’au plafond, et des peintures pornographiques sur les murs ! “Les Antillais et les gens de la Caraïbe en général ont eu très tôt vocation à aller aider les autres.” Dans le Quartier latin et ce Paris bouillonnant où se croisent alors des militants du monde entier, vous fréquentez de grandes figures comme Frantz Fanon. Ce résistant des Forces françaises libres, de trois ans votre aîné, deviendra l’un des penseurs majeurs du courant tiers-mondiste. Martiniquais, comme vous, grand soutien à la guerre d’indépendance algérienne, Frantz Fanon a-t-il été déterminant dans votre engagement contre le colonialisme, ce combat fondateur qui a marqué toute votre vie ? Difficile de dire, a posteriori, quelles sont les rencontres ou les lectures fondatrices qui forgent votre parcours. Sur le coup, on vit les choses, c’est tout. Mais Fanon a été important, sans aucun doute. Avec Peau noire, masques blancs, publié en 1952, il a montré comment le colonialisme pouvait déconstruire les êtres, attaquer les gens de l’intérieur. Ce livre, qui est devenu aujourd’hui un classique, est une sorte de psychanalyse du colonialisme, et surtout du colonisé antillais. Les œuvres de combat de Frantz Fanon ont été essentielles dans toutes ces années pour les Noirs américains, les Haïtiens, les Noirs brésiliens.J’ai toujours été frappé, d’ailleurs, de voir à quel point les Antillais et les gens de la Caraïbe, en général, ont eu très tôt vocation à aller aider les autres : le leader noir Marcus Garvey, d’origine jamaïcaine, précurseur du panafricanisme, un grand nombre des dirigeants noirs américains des Black Panthers et du Black Power, qui venaient de Trinidad et de Jamaïque. Depuis la Martinique, Aimé Césaire a parlé au nom de toutes les libérations africaines et Frantz Fanon est donc allé soutenir la révolution algérienne. Quand je suis pessimiste, je me dis que, ne pouvant régler les problèmes chez nous, nous sommes allés aider les autres à régler les leurs. Mais ce n’est pas vrai. Le désir d’action et de libération chez l’Antillais est volontiers nomade, et aussi son sens de la solidarité. C’est la formation « archipélique » qui veut ça. Comme Aimé Césaire, qui a été maire de Fort-de-France et député pendant presque cinquante ans, avez-vous envisagé de vous lancer dans une carrière politique ? Non, jamais. J’ai toujours mené une action politique avec mes camarades, mais je n’ai jamais pensé faire une « carrière » politique. Aux élections de 1945, à la sortie de la guerre, j’avais tout juste 16 ans, (je n’avais pas le droit d’entrer dans les bureaux de vote), j’ai participé aux premières campagnes électorales d’Aimé Césaire, pour la mairie de Fort-de-France et la députation. Dans ma commune du Lamentin, avec mes amis du Franc-Jeu, nous organisions les plans de campagne électorale. Césaire venait de s’inscrire au Parti communiste qui était très fort à l’époque. Mais les communistes martiniquais étaient rassemblés dans une section « française » du PCF. Et nous, ça nous contrariait.[ Le Parti communiste martiniquais, la plus ancienne organisation politique de l'île, n'a été créé qu'en 1957, NDLR] A la différence d’Aimé Césaire, qui défendra la départementalisation des Antilles françaises, vous serez, au contraire, favorable à l’indépendance. Cet engagement vous a coûté cher puisque vous avez été interdit de séjour aux Antilles, de 1959 à 1965. C’est un épisode de votre vie que l’on connaît mal.Des grèves et des émeutes avaient secoué la Martinique et la Guadeloupe en 1959, un peu à la façon des récentes manifestations de 2009. En ce temps-là, la police ne prenait pas de gants ; les forces de l’ordre avaient fusillé à bout portant trois lycéens. Des enseignants avaient été suspendus de leur fonction. Le poète Paul Niger, Cosnay Marie-Joseph, qui avait été secrétaire général du Parti communiste martiniquais, Marcel Manville, l’un des avocats du FLN algérien et moi avons alors décidé de créer une organisation, le Front antillo-guyanais pour l’autonomie, interdit quelques mois plus tard par le général de Gaulle. Nous étions effectivement indépendantistes mais le Front a été dissous pour constitution de bande armée, ce qui était une invention pure et simple. C’est à partir de ce moment-là qu’avec Manville, nous avons été assignés à résidence plusieurs années à Paris. A chaque fois que j’essayais de quitter le territoire français, j’étais arrêté. Le Havre, Marseille, Strasbourg. Une fois je suis parvenu à la Guadeloupe où je fus arrêté et réexpédié en France, où j’étais « libre d’aller où je voulais ». Manville disait en plaisantant que je lui faisais l’effet d’un colis postal. Dans ces moments-là, on devient un homme révolté ? Quand on est militant, on n’est pas révolté. Le révolté est impuissant. Le militant, lui, sait quoi faire, ou du moins il le croit. En tout cas, il a de quoi faire. Parce qu’il est serein, sûr de ses convictions ?Je le crois. Ou bien aussi, parce qu’à côté, il a autre chose à réaliser, un travail, une mission, une œuvre.“Je crois à la mondialité. L’Etat-nation n’a pas d’avenir.” Ce rêve d’indépendance, ou au moins d’autonomie, que vous avez longtemps poursuivi, s’est heurté à la réalité. Les Antillais n’y sont visiblement pas prêts. Vous y croyez encore ?Je crois à la mondialité. Au mouvement qui porte les peuples et les pays à une solidarité contre les mondialisations et les globalisations réductrices. Etre indépendant, c’est peut-être entrer dans ces mouvements du monde. Je crois aussi aux petits pays, à des mini-nations, regroupées éventuellement dans le cadre de fédérations, et qui peuvent plus facilement mettre en œuvre des mesures réalisables contre l’énorme uniformisation imposée par les grands trusts et les grands Etats. L’Etat-nation n’a pas d’avenir. Il ne provoque que des catastrophes parce qu’il est intimement lié au chaos du capitalisme libéral, qui démantèle le monde et est incapable de l’organiser ou d’en réparer les désastres. Votre engagement militant, vécu très librement, hors des partis, n’a jamais éteint votre création. Vous avez toujours lié poétique et politique, certain que la première précédait en général la seconde. Mais avez-vous craint, un moment, que le combattant anticolonialiste prenne le pas sur le poète ?Le militant peut devenir féroce, cruel. Il peut devenir aveugle et se briser intérieurement. J’ai fait attention à cela. De telles déformations proviennent de l’obligation pour un militant d’adopter sans réserves son dogme, de bâtir son idéologie. Les nécessités de sa lutte ne lui laissent pas le temps d’envisager des problématiques. J’ai connu des militants qui souffraient de cet état. Poétique et politique ont parfois du mal à s’accorder. Votre ami Patrick Chamoiseau, prix Goncourt 1992 pour Texaco, a dit combien il pouvait être dur d' « écrire en pays dominé » : « Comment écrire alors que ton imaginaire s’abreuve, du matin jusqu’aux rêves, à des images, des pensées, des valeurs qui ne sont pas les tiennes ? » (Ecrire en pays dominé, éd. Gallimard, 1997.) Avez-vous eu le sentiment – l’avez-vous encore ? – d’« écrire en pays dominé » ? Je ne suis pas d’accord avec Chamoiseau. Comme l’a remarqué Frantz Fanon, on peut être dominé de plusieurs manières. Si on est dominé par une détérioration intérieure, c’est-à-dire si l’être lui-même est déconstruit en profondeur, et s’il accepte ou subit passivement cette déconstruction, alors, effectivement, on ne peut pas écrire. Ecrire, c’est souffrir sa liberté. Un être dominé, assimilé, ne produira qu'une longue plainte aliénée. Si on est dominé dans la vie sociale et quotidienne, mais en gardant toute sa puissance d’imaginaire, c’est autre chose. Quand le Martiniquais ne peut s’imaginer autrement que comme français, c’est son imagination qui est détruite ou déroutée. Mais même dans cet état d’aliénation, son imaginaire persiste, s’embusque, et peut à tout moment lui faire voir le monde à nouveau. Et moi, je lui dis: « Agis dans ton lieu, pense avec le monde. » Avec Patrick Chamoiseau, vous avez signé, ces dernières années, plusieurs manifestes qui ont confirmé votre position originale de poète engagé. Dans Quand les murs tombent (éd. Galaade, 2007), vous vous opposez radicalement au « mur ministère » de l’Identité nationale et de l’Immigration… … qui est de moins en moins un ministère de l’Identité (l’affaire a foiré) et de plus en plus un ministère de la police d’immigration.  Au moment des grèves de 2009 aux Antilles, vous avez écrit également, avec huit autres intellectuels antillais et guyanais, le Manifeste pour les « produits » de haute nécessité (éd. Galaade, 2009). Solidaire avec le mouvement social, vous en appeliez à un autre monde où on vivrait et consommerait autrement.L’oppression coloniale a changé de nature dans beaucoup de pays, l’exploitation emprunte des formes de plus en plus nuancées et impénétrables. L’une des fonctions essentielles du capitalisme libéral est de changer la diversité des richesses naturelles du monde en une organisation monotone et généralisée de consommation passive. Cette transformation s’opère à la fois sur un mode monolithique et chaotique. C’est ce que l’on appelle la globalisation ou mondialisation, qui produisent d’autres richesses, financières, par le moyen du profit et de la croissance. Ce manifeste préconise que les entreprises produisent en premier lieu du bien-être, concourant à un bien-vivre. Un élément aussi précieux que les nécessaires améliorations de salaires et de droits. On vous sent aussi toujours révolté par le « cadre colonial » des relations entre Paris et les Antilles. Que reprochez-vous à la métropole ? Depuis dix siècles, la France s’est construite sur l’idée qu’elle est une super intelligence du monde, dotée d’une super morale. Le résultat a été assez prodigieux. Mais il a généré des contrecoups mortels pour une partie du monde. Les cultures occidentales ont inventé la notion d’universel pour imposer en fait leurs propres « valeurs » comme valables pour tous et nous imposer la notion même de valeur. Cette catégorie d’universel est une tromperie complète. Les gens qui la prônent refusent la diversité du monde. La France, par exemple, continue de croire (du moins ses dirigeants) que l’assimilation pure et simple des Antilles à la France est la seule voie envisageable ou légitime pour ces pays, et le seul mode de relation possible. Ce que vous reprochez à la France, c’est sa propension à faire la morale à la terre entière ? Je ne reproche rien à la France. Mais voyez l’expression « la-France-patrie-des-droits-de-l’homme ». Cela n’enlève rien à la grandeur de ce pays, mais cette expression, à mes yeux, n’a pas de sens. Les droits de l’homme, de la femme, de l’enfant, ont des variantes tellement relatives sur la surface de la Terre. Dans certaines tribus précolombiennes, on organisait le suicide rituel des vieilles personnes qui ne pouvaient plus suivre le groupe dans son nomadisme. Le vieux qui ne pouvait plus ni bouger ni travailler et qui menaçait l’équilibre et la vie de la communauté finissait sa vie dans un suicide rituel, au cours d’une grande cérémonie festive. C’était le dernier service qu’il rendait et c’était la dernière joie qu’il partageait. Au nom des droits de l’homme, un Occidental dira que cette pratique était profondément inhumaine, et de son point de vue, il aura raison, sans voir cependant que, chez lui, dans les rues des grandes villes, des centaines de gens meurent sur les trottoirs dans des conditions infiniment plus inhumaines et dégradantes, parce qu’ils ne peuvent plus ni bouger ni travailler. Comment définir les droits de l’homme de manière réellement « universelle » ? Mettre en apposition les diverses conceptions des humanités – ce que j’appelle une « poétique de la relation » – serait beaucoup plus profitable à tous. En France, la colonisation a été justifiée, au départ, au nom de telles idées « universelles ». Au nom d’une mission civilisatrice à laquelle Jules Ferry et beaucoup d’hommes de gauche ont sincèrement cru. Il s’agissait de répandre sur le monde les idées des philosophes des Lumières du XVIIIe siècle, mais l’exploitation des matières premières et des produits manufacturés restait la seule nécessité. Depuis une dizaine d’années, le refoulé colonial hante la société française. Loi de février 2005 évoquant, dans sa première mouture, les « aspects positifs » de la colonisation, discours présidentiel de Dakar sur l’homme africain « qui n’est pas entré dans l’Histoire », etc. Ce débat vous inquiète-t-il ? Pas outre mesure, parce que ce sont là les dernières lueurs de la bougie qui s’éteint. La pensée unique frappe partout où elle voit ou soupçonne de la diversité. Ce n’est pas pour rien qu’elle a frappé à Sarajevo ou à Beyrouth. La diversité terrifie. Au fond, le raciste, c’est qui ? Quelqu’un qui ne supporte pas le mélange. La victoire de Barack Obama, en 2008, a été pour vous le symbole magnifique de cette « créolisation » du monde, cet entremêlement des cultures que vous annoncez depuis si longtemps. Mais que signifie une victoire dans un pays – les Etats-unis – où les communautés se juxtaposent plus qu’elles ne se mélangent ? Quand Obama s’est porté candidat, beaucoup de mes amis noirs américains étaient contre lui, parce qu’il n’était pas assez noir ! Ils ne se rendaient pas compte que le fait d’être métis ne l’empêchait pas d’être noir. De même que le fait d’être métis ne l’empêchait pas d’être blanc. Et qu’il fallait reconsidérer la question de la créolisation sous ces aspects-là. La victoire du président Obama a contribué à casser, symboliquement et réellement, le vieux couple noir-blanc, dont les rapports ont dominé l’histoire des Etats-Unis. Plus rien ne sera pareil désormais. Barack Obama est un prophète patient, dont on dit trop vite qu’il a échoué. Cette rencontre des cultures qui se mêlent, s’entrechoquent et produisent parfois des alliages géniaux comme le jazz ou la world music, ce grand mélange des langues, des peaux et des cultures que vous décrivez de livre en livre n’est-il pas un peu fantasmé ? Pas du tout. Ce n’est pas de l’angélisme. Quand je parle de créolisation, je ne pense pas que « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». La créolisation n’a pas de morale, pour une raison bien simple : nous sommes de plus en plus nombreux, désormais, à pouvoir décider seuls des règles de notre morale individuelle. Les religions nous les imposent de moins en moins souvent, (vous pouvez être catholique et utiliser le préservatif, contre l’avis du pape), et il faut travailler à ce que les Etats ne cèdent pas à la tentation de vouloir nous les imposer. Il y a une sorte d’individuation généralisée au monde. Pas dans toutes les sociétés, loin de là…Evidemment. Mais la tendance générale va dans ce sens. La notion de différence est entrée dans la pensée mondiale. La diversité a pénétré l’inconscient du monde. C’est pourquoi, dans la créolisation, je peux changer en échangeant avec l’autre, sans me perdre, ni me dénaturer. Les pays qui n’accepteront pas cela prendront sans aucun doute beaucoup de retard..Propos recueillis par Thierry LeclèreLa Terre, le feu, l’eau et les vents, une anthologie de la poésie du Tout-Monde, d'Edouard Glissant (éd. Galaade, 2010, 350 p., 24,90 €)10 mai, mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions, mémorial de textes, par Edouard Glissant (éd. Galaade, 2010, 40 p., 10 €)Le Discours antillais, d'Edouard Glissant (éd. Gallimard, coll. Folio essais,1997, 832 p., 11,90 €)Peau noire, masques blancs, de Frantz Fanon (éd. du Seuil, coll. Points essais, 1952, 188 p., 5,40 €)
Posté le 21 novembre 2010 11:32 par Milo | Commentaires (0)

L'organisation de la Coupe du monde, un test pour l'Afrique

| 09.06.10 | 15h06 Pour la première fois, une épreuve sportive mondialisée - et la plus importante d'entre elles - va être organisée sur le continent africain. Celui-ci a, par le passé, donné au sport beaucoup de champions. Il n'avait jamais été jugé digne de pouvoir être l'hôte d'une compétition majeure. Est-ce le signe d'un nouveau départ pour ce qui apparaît pour certain comme le continent oublié de la mondialisation ? Pendant très longtemps, on a jugé que l'Afrique n'était pas en mesure, car elle n'avait pas les infrastructures nécessaires, de recevoir une telle compétition. Certes, l'Afrique du Sud est un pays à part. Elle représente plus de 40 % de la richesse du continent africain. Il faut voir dans le choix de ce pays une décision avant tout politique. C'est bien sûr Nelson Mandela, sa personne, la politique qu'il incarne, qui a permis à l'Afrique du Sud d'être choisie. Le démantèlement de l'apartheid de façon pacifique, la politique de réconciliation que Mandela a menée ont été récompensés par la FIFA. Mandela est d'ailleurs très certainement l'homme politique le plus populaire dans le monde. Pour beaucoup, l'Afrique signifie guerres civiles interminables, corruption, mauvaise gestion, sous-développement, sous-alimentation, sida, émigration continue, absence de démocratie, régime autoritaire et/ou héréditaire... Un continent qui n'a pas su exploiter la richesse de ses matières premières. Il est vrai qu'il y a un certain désenchantement en Afrique du Sud. S'il y a des progrès avec la montée en puissance et la création d'une bourgeoisie noire, la construction d'une véritable démocratie, l'accès à l'eau et au logement pour une grande partie de la population, 40 % des Noirs sont toujours au chômage et la violence est endémique. L'Afrique du Sud est, au niveau mondial, le second pays en termes de crimes après la Colombie. Avec près de 20 000 meurtres et 50 000 viols par an pour s'en tenir aux statistiques officielles. Les Blancs possèdent encore 80 % des terres agricoles (seules 5 % des terres ont été redistribuées). Le démantèlement de l'apartheid n'a pas débouché sur la création d'une réelle égalité sociale et les inégalités sont encore largement liées aux différences raciales. Certes, il serait illusoire de croire que la seule organisation de la Coupe du monde permettra au continent africain de décoller et de faire mentir René Dumont qui, dès 1962, publiait son livre choc L'Afrique noire est mal partie. On voit néanmoins que l'Afrique a été le continent oublié des années 1990. Délaissé après la compétition Est-Ouest, il fait aujourd'hui l'objet de beaucoup d'assiduité de la part des pays extérieurs. Les grandes problématiques de la mondialisation, qu'il s'agisse d'émigration, de protection de l'environnement, de lutte contre les pandémies, des questions démographiques, de la fracture Nord-Sud… sont au cœur de l'Afrique. La Chine y est très active et organise des sommets sino-africains qui réunissent presque 50 pays. Elle recherche les matières premières mais fait également une offre politique en mettant en avant que, contrairement aux pays occidentaux, elle ne pratique pas l'ingérence. Le Japon, qui brigue un siège de membre permanent au Conseil de sécurité, ne néglige pas non plus les voix africaines à l'ONU. Par ailleurs, il n'a pas de passif historique avec cette région contrairement à son environnement asiatique. Le Brésil lui-même semble vouloir renouer avec ses racines africaines, tandis que les Etats-Unis, bien avant l'élection d'Obama, se réintéressent au continent, ne serait-ce que pour les aspects pétroliers et la lutte antiterroriste. L'organisation de la Coupe du monde est un test. Si elle est réussie, c'est la crédibilité de l'Afrique du Sud, et au-delà du continent africain qui sera renforcée. S'il y a échec, les afro-pessimistes verront leurs préjugés confirmés. C'est pourquoi l'Afrique du Sud a à cœur d'être à la hauteur de l'événement, et le sera très certainement. Pascal Boniface, directeur de l'institut de relations internationales et stratégiques (iris) et membre du comité scientifique de "Sport et Citoyenneté
Posté le 10 juin 2010 15:59 par Milo | Commentaires (0)

La coupe du monde ne sera pas soulevée par une équipe africaine

| 10.06.10 | 16h22 C'est une chose merveilleuse que la FIFA ait donné la Coupe du Monde à l'Afrique. Nous devrions les féliciter pour leur prise de position courageuse. Néanmoins, il est très improbable qu'une équipe africaine remporte le tournoi. Ceci s'explique par deux phénomènes latents qui étouffent le développement du football africain : le racisme et la corruption. Au cours de la dernière Coupe du Monde en Allemagne, je me suis assis avec deux fonctionnaires de la délégation ghanéenne - Sam Arday et Cecil Jones Attuquayefio. Ces derniers ont connu un immense succès en tant qu'entraîneurs à l'échelle nationale et internationale. Ils ont remporté une Coupe d'Afrique et une Coupe du Monde des moins de 17 ans ainsi qu'une médaille olympique. L'entraîneur de l'équipe nationale du Ghana était alors étranger (serbe). Au cours de cette Coupe du monde 2006, le parcours de l'équipe nationale serbe a été un désastre. Ils ont même perdu un match 6 à 0. Le sélectionneur serbe venait d'annoncer son départ. J'ai donc suggéré à Jones et Arday d'envoyer leur CV par télécopieur à la Fédération Serbe de Football. Ils ont ri. Mais il y avait un côté douloureux dans leur rire. Le fait que des entraîneurs africains soumettent leur CV à une équipe européenne est encore considéré comme une plaisanterie, même lorsqu'ils ont l'expérience et les médailles d'un Arday ou d'un Attuquayefio. L'hypothèse actuelle mais non assumée qui court dans le monde du football peut se résumer ainsi : "Certes, il y a une génération de joueurs africains fantastiques. Certes, leur talent naturel est incroyable. Mais leur talent ne se développe correctement que lorsqu'ils rencontrent les conseils avisés d'un entraîneur sérieux, blanc". Cette vision "à la Babar" élude la question de savoir comment tant de bons jeunes joueurs ont pu se développer. C'est ce racisme qui frappe encore le sport en Afrique. Cela explique pourquoi toutes les équipes d'Afrique subsaharienne qui vont prendre part à cette Coupe du Monde seront dirigées par des entraîneurs étrangers au continent. Il y a un second problème, dont on parle également trop peu, qui affecte le football africain : la corruption. Il est vraiment difficile de surestimer le degré de corruption du sport en Afrique. Joseph-Antoine Bell, le grand gardien de but camerounais, a dit un jour : "Dans le football français, on peut s'attendre à ce que 10% de l'argent disparaisse, en Afrique c'est de l'ordre de 90%". Toutes les dérives imaginables se retrouvent dans le football africain : matchs truqués, corruption lors des transferts de joueurs, fraudes durant les élections… De nombreux joueurs, même au plus haut niveau, ont deux âges différents : leur âge réel et leur "âge de footballeur" qui est beaucoup plus jeune. Quand j'étais au Kenya, plusieurs dirigeants du football national ont été battus par des voyous prétendument recrutés par des dirigeants rivaux. Trois autres fonctionnaires ont été jugés pour avoir volé 55 millions de shilling kenyans à la fédération. Le Kenya n'est pas le seul pays à rencontrer ce genre de problèmes. Ils s'étendent à tout le continent. En Tanzanie et en Afrique du Sud, la police a mené des enquêtes sur des arbitres pour corruption. La Fédération Camerounaise a été suspendue à plusieurs reprises par la FIFA. La liste pourrait s'allonger encore et encore. La corruption est, selon les mots de George Weah, "un cancer qui ronge le sport". Tant que ce problème essentiel ne sera pas résolu, nous ne verrons malheureusement pas une équipe africaine soulever le trophée. Declan Hill, journaliste d'investigation, membre du Comité Scientifique de Sport et Citoyenneté
Posté le 10 juin 2010 15:52 par Milo | Commentaires (0)

Grève de février 2009 et le mouvement nationaliste martiniquais...

par Raphaël Confiant publié le lundi 22 mars 2010 sur Montray Kreyol COMMENT LA GREVE DE FEVRIER 2009 A ASSASINE LE MOUVEMENT NATIONALISTE MARTINIQUAIS Au cours de la campagne des élections régionales, lors de la présentation de la liste du RDM conduite par Mme de Grandmaison, Claude Lise, faisant allusion au vote anti-article 74 du 10 janvier, a eu une de ces formules-choc dont il a le secret: «Serge Letchimy a assassiné l’autonomie et Nicolas Sarkozy l’a enterré.» Qu’il me permette, avec tout le respect et l’affection que je lui porte, de ne pas être totalement d’accord avec lui ! Affirmer une telle chose, c’est faire trop d’honneur, beaucoup trop d’honneur au néo-PPM. Car enfin, regardons les choses froidement: même si le néo-PPM avait appelé à voter pour l’article 74, ce dernier aurait été rejeté par les Martiniquais. Sans doute pas à 80% mais au moins à 70 ou 75%. On aurait d’ailleurs demandé aux partisans de l’article 73, le samedi précédent l’élection, la question suivante: «Dans vos plus beaux rêves, à combien vous estimez le succès du «Non»?», qu’ils auraient tous répondu en chœur (néo-PPM, FSM, UMP et consorts): «Si le non l’emporte à 55%, ce serait formidable. A 60%, une très grande victoire…» On comprend donc que ces messieurs n’aient point exulté au soir du vote à 80% en faveur du «Non». Ils ont été eux-mêmes surpris par l’ampleur de «leur» victoire et je mets «leur» entre parenthèses car les plus honnêtes parmi eux savaient très bien qu’ils n’étaient que pour très peu dans cette peur panique qui a secoué la Martinique et qui, comme un certain 10 mai 1981, avait tétanisé nos hommes politiques, Césaire au premier chef lequel avait aussitôt décrété un «moratoire» dans la revendication autonomiste. 10 mai 1981: 78% de vote pour Giscard d’Estaing (alors que l’Hexagone élisait François Mitterrand)/10 janvier 2010: 80% contre l’autonomie Coca-light de l’article 74!!! En presque trente ans, rien n’a donc changé. Ou plutôt si: le «peuple» martiniquais (guillemets volontaires à «peuple») a avancé de 2% dans la bêtise et l’indignité. Mais cette fois, celui qui l’a conduit sur cette voie, ce n’est plus, comme en 1981, la Droite assimilationniste (qui parlait de la perte des retraites, des allocations familiales et même de l’indépendance si Mitterrand passait), mais un nouveau client. Un tout nouveau client: l’extrême-gauche assimilationniste. Je n’ai pas pour habitude de passer par quatre chemin ni de prendre des gants avec qui que ce soit. C’est pourquoi, je rectifie la formule de Claude Lise de la manière suivante: «La grève de février 2009 a abattu l’autonomie, Serge Letchimy l’a achevé et Nicolas Sarkozy l’a enterré.» J’accuse les groupuscules trotskystes de Combat Ouvrier et du GRS, qui n’ont jamais réussi à se faire élire nulle part par le soi-disant peuple qu’ils se targuent de représenter (et qui d’ailleurs n’ont fait que 2% des voix aux Régionales de cette année), d’avoir assassiné le mouvement national martiniquais et d’avoir profité du désarroi de certaines couches sociales exploitées pour décrédibiliser nos hommes politiques, en particulier Alfred Marie-Jeanne et Claude Lise, lesquels furent hués à diverses reprises au sortir des négociations en préfecture entre le Collectif du 5 février, le Préfet, les élus et les socioprofessionnels. Ce sont les trotskystes qui ont poussé ces manifestants à crier à l’adresse de Marie-Jeanne: «Traitre! Espèce de Lagrosillière!» etc… Car, enfin, tout roulait à l’aise comme Blaise au niveau de l’avancée institutionnelle avant la grève de février 2009. Deux congrès avaient été organisés dans la plus grande transparence (ils furent télévisés) et plus de 75% des élus s’étaient déclarés en faveur de l’article 74. Il semblait y avoir un réel consensus sur la nécessité d’une plus grande prise de responsabilité de la part des Martiniquais. Souvenez-vous en: le néo-PPM avait même soutenu l’idée du «74 constitutionnalisé» avant de retourner sa veste et de passer au «73 constitutionnalisé». Survient la grève du LKP en Guadeloupe et le mimétisme martiniquais. «Péyi-la sé tan nou!» chantait-on en Guadeloupe, «Péyi-a sé ta nou!» traduisit-on aussitôt en Martinique. Mimétisme car si le LKP s’était préparé depuis des mois et rassemblait 53 organisations, le Collectif n’avait rassemblé, à la va-vite que 4 ou 5 organisations. D’ailleurs, au tout début de la grève, nos chefs syndicaux trotskystes martiniquais n’avaient pas appelé à une grève illimitée. Ils attendaient pour voir et ont eu la divine surprise de constater que la mayonnaise prenait et que la Martinique se dirigeait vers une grève longue et dure comme en Guadeloupe. Divine surprise et pain béni pour des groupuscules qui – il faut toujours le souligner – n’ont aucune représentativité politique. Ce qui explique que leurs revendications se soient limitées au strict plan économique et que les négociations se soient déroulées chez le Papa Blanc (à la Préfecture) et avec l’aval du Papa Blanc (Préfet Mancini). Le Papa Blanc buvait d’ailleurs du petit lait en voyant le « peuple » vouer aux gémonies ses leaders nationalistes, Alfred Marie-Jeanne au premier chef. Le Mouvement Nationaliste Martiniquais a donc été tué par un nouveau virus qui frappe la société martiniquaise : l’assimilationnisme d’extrême-gauche. Nous avions eu de 1946 a 1982, l’assimilationnisme de Droite, puis de 1982 à 2008, l’assimilationnisme de Gauche (le PPM), nous voilà victimes de l’assimilationnisme d’extrême-gauche (Combat Ouvrier et GRS). D’ailleurs, de même que la Droite et la Gauche assimilationniste avaient pour habitude de faire venir en Martinique les ténors de l’Hexagone pour soutenir leur cause, nos trotskystes ont fait appel à Besancenot pour haranguer les foules sous le Grand Carbet de Fort-de-France. Et le GRS de lancer dans la foulée une lettre ouverte pour demander la création du NPA (Nouveau Parti Anticolonialiste), petit frère du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) de Besancenot!!! On avait déjà l’UMP-France et l’UMP-Martinique, puis le PS français et la FSM, voici qu’on nous proposait le NPA-France et le NPA-Martinique! Je n’ai pas participé à la grève de février 2009. Je ne suis pas descendu un seul jour à Fort-de-France contrairement à certains intellectuels lâches et hypocrites qui ont «fait des ronds» dans les manifestations pour se faire bien voire du peuple. Personnellement, je n’en ai rien à foutre de me faire bien voir du peuple. Je dis ce que ma conscience estime qu’il est bon de dire quelles que soient les causes pour ma (petite) personne. Point barre. Je n’ai donc pas participé à cette grève parce que dès le départ, j’avais flairé qu’il s’agissait là de quelque chose de très dangereux pour la Martinique. Je suppose que ce sentiment était partagé puisqu’au bout d’une semaine, Marie-Jeanne demanda qu’on desserrât l’étau afin de permettre à la population de se ravitailler, chose qui permit au Collectif du 5 février de le vouer une nouvelle fois aux gémonies en déclarant que Chaben cherchait à arrêter ou à briser la grève! Dangereux donc et pourquoi? Prenons un exemple concret: quand les grévistes demandent la baisse du prix de l’essence à cause des surprofits réalisés par Total, ils ne prennent pas du tout en compte le fait que l’usine de la SARA est une structure minuscule qui ne traite que 800.000 barils de brut par an alors qu’une petite raffinerie à l’échelle mondiale en traite au moins… 4 millions. Si les trotskystes étaient sérieux, ils demanderaient la fermeture pure et simple de la SARA car importer de l’essence toute raffinée revient beaucoup moins cher que de la faire raffiner en Martinique. Comme ça le bon peuple serait content! Ti Sonson pourrait remplir le bac de sa voiture pour parcourir les milliers de kilomètres qui séparent Saint-Anne de Grand-Rivière. Trêve de plaisanterie! Voici l’équation: Position nationaliste sur la SARA et le prix de l’essence: il faut conserver à tout prix cet outil industriel précieux, unique dans les Petites Antilles; et qui donne de l’emploi à des techniciens et ingénieurs martiniquais car nous en aurons grand besoin dans la Martinique autonome, puis indépendante de demain. Et cela même si nous devons aujourd’hui payer l’essence plus cher ou trop cher.  Position assimilationniste d’extrême-gauche: il faut obliger Total à baisser les prix quelles qu’en soient les conséquences, la première étant évidemment la fermeture de l’usine par ce groupe (qui, rappelons-le, gagne peu d’argent avec cette raffinerie riquiqui). Une fois l’usine fermée, on en importera d’Europe ou d’ailleurs et cela reviendra moins cher pour le plus grand bénéfice du consommateur martiniquais. Oui, en tant que nationaliste, je suis prêt à payer l’essence un peu plus cher si cela est indispensable au maintien de cet outil industriel précieux qu’est la SARA. Bien entendu, vous n’entendrez aucun intellectuel martiniquais déclarer une telle chose, terrorisé qu’ils sont à l’idée de pouvoir déplaire au Collectif du 5 février et aux «masses populaires». Vous n’en avez d’ailleurs vu aucun dénoncer, comme je l’ai fait, l’incendie de tracteurs par les grévistes lors de la marche des planteurs sur Fort-de-France en plein cœur de la grève. Je persiste et signe: quelle que soit la revendication formulée, aussi juste soit elle, on n’a pas le droit d’incendier cet outil qui a révolutionné la vie des paysans du monde entier. On n’en a pas le droit! Et cela quand bien même, cette marche était conduite par des planteurs békés car il n’y a pas que des planteurs békés à la Martinique: il y a aussi des nègres, des chabins, des mulâtres et des Indiens. Et tous ces gens-là, ne pouvant exporter leur banane à cause du blocage du port (où travaillent de pauvres dockers à 5 ou 6.000 euros par mois), ont dû mettre la clef sous la porte alors qu’en Guadeloupe, jamais l’exportation de banane n’a été arrêtée durant la grève!!! En déstabilisant, le train de l’autonomie lancé par Marie-Jeanne et Lise, puis en le faisant dérailler, le Collectif du 5 février est le grand responsable (avec le néo-PPM en second couteau) du vote obscène du 10 janvier 2010. Ce vote de la peur, ce vote de la honte, qu’évidemment aucun intellectuel martiniquais n’a dénoncé en public. En privé évidemment, certains me disaient courageusement: «Ou té ni rézon antré an tjou pep-la!». Il est aussi, ce Collectif, directement le responsable de la défaite d’Alfred Marie-Jeanne aux élections régionales parce qu’il s’est acharné à le discréditer et à la triste fin politique de ce grand Martiniquais. Il est enfin, ce Collectif, le responsable de la victoire aux Régionales du néo-PPM, aussi assimilationniste que lui. Les Martiniquais ont poussé à 80% «un cri d’amour envers la France» (dixit Sarkozy) le 10 janvier. Ils n’ont qu’à assumer leur francité désormais. Dans aucune région ou province de France, on ne verrait toutes les activités bloquées durant un mois. Ni l’Ardèche ni la Bourgogne ni l’Alsace n’ont jamais subi pareille chose. L’État français devra prendre donc ses responsabilités en cas de récidive. On est français ou on ne l’est pas! Ils ont mis à la Région un homme qui est spécialiste des déficits budgétaires, il faudra qu’ils l’assument aussi. En cas d’augmentation des impôts, ils n’auront qu’à fermer leur gueule. Quant aux groupuscules trotskystes de Combat Ouvrier et du GRS, ils porteront, au regard de l’histoire, la triste responsabilité d’avoir manipulé syndicalement les masses dans le seul but d’exister politiquement, foulant aux pieds l’intérêt supérieur de la Nation martiniquaise et le principe de Frantz Fanon selon lequel,  dans une colonie, la lutte de libération nationale doit passer avant la lutte des classes. Je persiste donc et signe: «La grève de février 2009 a abattu l’autonomie, Serge Letchimy l’a achevée et Nicolas Sarkozy l’a enterrée.» La Martinique est désormais française à perpétuité. Merci messieurs les assimilationnistes de Droite, de Gauche et d’extrême-gauche!  
Posté le 8 juin 2010 22:07 par Milo | Commentaires (0)

Qu'est-ce qui ne va pas avec les fonds européens en Martinique ?

par Fred Célimène, Professeur d'Economie à l'UAG France-Antilles Martinique 22.04.2010 La crise internationale de 2008, la crise sociale de 2009, les débats sur l'avenir statutaire de l'île, les élections régionales etc. ont peut-être masqué une information importante pour la Martinique. Elle ne parvient pas à employer les fonds mis à sa disposition par l'Union européenne et risque pour la première fois depuis le début des années 2000 de perdre les crédits non employés. A partir des documents accessibles au grand public, le Centre d'Etude et de Recherche en Economie, Gestion, Modélisation et Informatique Appliquée (CEREGMIA) de l'Université des Antilles et de la Guyane a conduit une étude qui conduit à un nouveau regard sur un des aspects du paradoxe martiniquais : malgré les besoins criants (économie, emploi, éducation, environnement, protection contre les risques naturels, etc....), les fonds européens, en particulier le Fonds européen de développement régional (FEDER) qui a lui seul représente 4 17 millions d'Euros sur 7 ans et 67% du montant des crédits européens prévus pour la Martinique de 2007 à 2013, ne sont pas employés. La Martinique dispose sur 7ans (2007-2013) de 417 millions d'Euros de F EDER pour réaliser 1,1 milliard d'investissements (infrastructures lourdes (routes, port, aéroport par ex.), aides aux entreprises, à l'éducation, à la recherche et à l'innovation, etc....) Fin 2009, à peine 50 à 60 millions d'euros d'investissements avaient été réalisés sur 1,1 milliard au total sur les 7 ans. Pour éviter de rendre les crédits européens, il faudrait justifier plus de 400 Millions d'euros d'investissements au 31 décembre 2010, ce qui impliquerait d'investir un à deux millions d'euros par jour d'ici la fin de l'année. Ce qui impliquerait que des projets soient déjà lancés pour correspondre à ces valeurs ... Or, le retard de programmation est déjà considérable. Face à ce naufrage annoncé, les gestionnaires des fonds (Etat, Région et Département) disposent d'un discours bien rodé composé des mêmes explications depuis des années. Il s'avère cependant qu'aucune de ces explications n'est probante : - l'insuffisance des taux d'aide de l'Europe expliquerait les dysfonctionnements. Soit, mais primo, ces taux autorisés par l'Europe sont en augmentation constante et permettent théoriquement aujourd'hui d'aider jusqu'à 70% les entreprises et 85% les bénéficiaires publics..., secundo, les crédits européens étaient consommés naguère malgré des taux plus faibles, tertio, les t aux réels fixés localement sont en diminution constante (50% en 1994 ; 35% aujourd'hui). - les difficultés d'accès aux fonds structurels expliqueraient les dysfonctionnements. Soit, mais les règles d'emploi des fonds sont pour une part fixées au plan national et au plan local, et non au plan européen. Et comment expliquer que le secrétaire d'Etat à l'aménagement du territoire, Hubert Falco, doive rappeler aux différents services l'existence des circulaires de 2002 de simplification des procédures de mobilisation des fonds européens, ces circulaires ayant été « oubliées » ? - l'insuffisance des montants de FEDER alloués à la Martinique expliquerait les dysfonctionnements. Soit, sauf que les montants ont doublé en moyenne annuelle depuis 1994, passant de 32 Millions d'Ecus par an (1994-1999) à 59 Millions d'Euros par an (2007-2013), malgré l'élargissement de l'Union européenne de 12 à 27 Etats! - la superposition des programmes financiers européens 2000-2006 (qui s'est en fait terminé en 2009) et 2007-2013 (qui n'a en fait commencé qu'en 2008) expliquerait les dysfonctionnements. Soit, cet argument est sérieux, mais il renvoie néanmoins d'une part à la gestion même du programme décidée par l'Etat, la Région et le Département et aux moyens affectés à cette gestion, et d'autre part aux dysfonctionnement antérieurs, car le programme 2000-2006 présentait déjà les mêmes problèmes que l'actuel programme européen 2007-2013! Laisser les programmes européens en pilotage automatique A ces excuses anciennes, on peut ajouter des causes nouvelles, toujours aussi peu probantes : - la crise financière et la crise sociale de février-mars 2009 expliqueraient une partie des dysfonctionnements. Soit, mais comment alors expliquer que la Réunion, la Guyane et même la Guadeloupe semblent consommer les fonds européens à des taux plus élevés qu'en Martinique ? - Les difficultés financières des collectivités territoriales expliqueraient une partie des dysfonctionnements. Soit, mais elles ne sont pas toutes en difficulté et qu'en est-il dans les autres régions et aux autres époques ? Il semble que les vraies raisons sont ailleurs et ont trait plutôt à la gouvernance de la Martinique que les dysfonctionnements des programmes financiers européens révèlent. Il conviendrait d'abord de restaurer d'une manière ou d'une autre la responsabilité de la gestion du programme. Les autorités d'Etat chargées de la gestion sont nommées pour de courte durée correspondant au tiers ou à la moitié d'un programme européen. Ou bien, les autorités de gestion sont nommées pour des durées compatibles avec les programmes européens ; ou bien d'autres solutions doivent être envisagées : par exemple, le transfert de la gestion des fonds à la nouvelle collectivité. Il convient ensuite d'arrêter de laisser les programmes européens en pilotage automatique, non pas sur la base d'objectifs (investissements, emplois, éducation, formation, prévention des risques, etc.) mais sur la base d'indicateurs de consommation des crédits. Il faut un vrai consensus politique sur les objectifs. La restauration de la responsabilité et du pilotage implique également de revoir et d'adapter l'organisation des services en région et la « culture » administrative, afin que les services et leurs chefs se mobilisent personnellement sur ces questions européennes et ne les « sous-traitent » pas aux petites mains de l'administration qui trop souvent pour reprendre le Général De Gaulle « faute d'embrasser les ensembles, cultivent les détails et se nourrissent de formalités » et obligent M. Hubert Falco à rappeler les règles créées en 2002 pour résoudre, déjà, des problèmes identiques de manque de dynamisme de la gestion des programmes financiers européens. Partant de cette mise à jour, et sans rentrer dans le détail, il faut reconsidérer un certain nombre de techniques dont il faut réévaluer l'effet sur la faible consommation des crédits : le « guichet ouvert » ; le « fléchage » qui gèle les crédits ; le « saucissonnage » des crédits dispersés entre plusieurs services où chacun se partageant ou vivant de l'enveloppe qui lui a été affectée et, de plus, chacun employant la méthode la plus traditionnelle décrite par Albert Camus dans la Peste, c'est-à-dire le renvoi de l'usager d'un bureau à l'autre ; l'absence de plancher de coût total, qui va conduire en pratique les services instructeurs et/ou gestionnaires à mobiliser 80% de leur temps/agent pour à peine 20% des crédits européens. En outre, Chacun se réclamant plus compétent que l'autre sur un morceau du « saucisson » tandis qu'aucun ne possède la disponibilité financière suffisante pour financer un projet innovant d'envergure. Il faut enfin faire la lumière sur les raisons qui ont conduit en 2007-2013 les autorités à déterminer des taux d'aide européenne incroyablement bas et en contradiction avec la lettre et l'esprit des fonds européens qui subventionnent fortement la Martinique et les autres régions ultrapériphériques du fait des handicaps liés à l'éloignement et à l'insularité ainsi que d'une situation de fort chômage. En effet, comment comprendre que, malgré la stratégie de Lisbonne, les projets de développement économique, d'innovation et de recherche ne bénéficient même pas de 40% de subventions du FEDER ? Et que dire, après la Stratégie européenne de Goeteborg et compte tenu de l'importance incroyable des risques naturels dans nos régions, du fait que les projets de gestion de l'environnement ne bénéficient que de 27% de subvention FEDER ? On est loin des 85% prévus par les textes.... Européens. A qui profitent ces bocages récurrents ? Aux services de l'Etat qui ont de moins en moins de moyens venant de Paris pour leur propre fonctionnement ou au Conseil Régional ? Peut-être aux deux. Fred Célimène, Professeur, Université des Antilles et de la Guyane
Posté le 22 avril 2010 07:08 par Milo | Commentaires (0)

La Politique Antillaise du Président Sarkozy

Fred Constant, « La Politique Antillaise du Président Sarkozy », EchoGéo, Numéro 11 | 2010, mis en ligne le 24 février 2010. URL : http://echogeo.revues.org/index11719.html Jeudi 19 février 2009. Palais de l’Elysée. Le président de la République reçoit les présidents des collectivités locales et les parlementaires des départements d’Outre-mer. En toile de fond, une crise sociale, identitaire et politique sans précédent (Daniel, 2009). Pendant près d’un mois, l’impuissance des élus locaux fait face au silence assourdissant du gouvernement. Sur le terrain, le désordre et la violence gagnent tandis que les partenaires sociaux peinent à engager le dialogue. Les collectifs syndicaux du LKP et du 5 février s’impatientent face au blocage des négociations et au désarroi des responsables politiques. Dans les mêmes termes, ils dénoncent le mépris sinon l’indifférence de l’Etat. Les tentatives de médiation du Secrétaire d’Etat à l’Outre-mer ne changent rien sur le fond. Le climat social reste lourd. La mort tragique d’un syndicaliste, en Guadeloupe, emporte le risque d’une généralisation de la violence alors que l’afflux des forces de maintien de l’ordre y atteint – ainsi qu’en Martinique - des niveaux historiques. Dans les deux îles, le spectre du passé revient au premier plan des consciences : fin décembre 1959 à Fort-de-France, 25-27 mai 1967 à Pointe-à-Pitre. Deux révoltes populaires durement réprimées dans le sang… Quand il entre dans le salon Murat, accompagné par le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer et des collectivités locales, le chef de l’Etat a pleinement conscience de la situation très préoccupante des Antilles - où sa côte de popularité est plutôt faible - mais aussi du bénéfice politique qu’il pourrait tirer d’un retournement de la situation à son avantage. Dans son intervention liminaire[1], le président de la République fait part aux élus de son analyse de la crise avant d’annoncer quelques mesures susceptibles de répondre aux préoccupations immédiates en matière de pouvoir d’achat et d’emploi. Mais soucieux de reprendre l’initiative politique, il saisit l’occasion pour jeter les bases d’une réflexion de fond sur l’avenir des territoires d’Outre-mer, en posant sans détour les trois questions qui hantent l’histoire des « quatre vieilles colonies françaises » : quel type de développement économique et social ? Quel modèle d’organisation politique ? Quelle relation avec la métropole ? Pour y répondre, il choisit la méthode inédite des Etats généraux de l’Outre-mer (EGOM) dont il s’engage à donner suite aux propositions à l’occasion du tout premier Conseil interministériel de l’Outre-mer (CIOM) prévu en octobre prochain. Lors de sa tournée antillaise de juin 2009, le chef de l’Etat n’a toutefois pas manqué de lever un coin du voile sur le nouveau cap de l’action gouvernementale Outre-mer, préemptant malgré ses précautions oratoires certaines des futures décisions du CIOM. Ce nouveau cap repose sur quatre idées centrales : a) rejet du statu quo ante et des ajustements marginaux b) évolutions institutionnelles - ou statutaires – locales et adaptation des administrations centrales c) promotion d’un modèle de développement économique endogène et durable d) reconnaissance de la singularité irréductible des Outre-mers et de la diversité des aspirations politiques de ses composantes.  En martelant ses nouvelles convictions, le président ne cherche pas seulement à gommer les malentendus du passé[2] en esquissant des réponses aux défis du présent. A l’évidence, il entend autant faire bouger les lignes du débat public Outre-mer pour peser davantage sur le jeu politique insulaire. A plus d’un titre, la Martinique et la Guadeloupe offrent une expression exemplaire sinon illustrative des changements en cours. « Je crois que nous sommes arrivés à la fin d’un cycle historique en outre-mer. Nous n’apporterons pas de réponses appropriées si nous nous contentons d’accumuler des annonces financières et techniques »[3]. En deux phrases, le chef de l’Etat reprend à son compte le diagnostic maintes fois réitéré par les élus locaux d’un système départemental « essoufflé » et valide les démarches engagées par ces derniers en faveur d’un nouveau schéma de partage des responsabilités avec l’Etat. Dans son discours de baptême de l’aéroport Aimé Césaire,  le président va plus loin en évoquant les différentes options ouvertes par la constitution : de la collectivité unique soumise au principe d’identité législative mais dotée d’un pouvoir normatif renforcé (article 73) au statut de collectivité d’Outre-mer soumise au principe de spécialité législative et dotée d’une autonomie normative et administrative accrue par rapport à la métropole (article 74). Lors de son intervention dans l’île sœur, il réitère sa conviction de la nécessité d’adapter la gouvernance – locale et centrale - pour répondre plus efficacement aux défis d’un développement économique plus endogène. Dans les deux départements, il déroute ses alliés autant qu’il séduit ses opposants. En se gardant bien de trancher le débat, il n’hésite pas à marginaliser le conservatisme des premiers et à banaliser « l’autonomisme » des seconds. Cette évolution ne s’est pourtant pas faite ex nihilo (Constant, 2001). Elle a été rendue possible par la levée progressive du tabou sur la question du statut et l’affirmation corollaire du principe d’évolution institutionnelle différenciée des Outre-mers. Formulé pour la première fois en 1988 par Louis Le Pensec, alors Ministre de l’Outre-mer, et réaffirmé par Lionel Jospin lors de la campagne des élections législatives en 1997, ce principe a été conforté par la « déclaration de Basse-Terre » du 1er décembre 1999, le rapport parlementaire Lise-Tamaya (1999) et le vote de la loi du 13 décembre 2000. En 2003, la mise en œuvre de la procédure du congrès a donné lieu, pour la première fois, à la consultation des populations en Martinique et en Guadeloupe. L’échec de celle-ci a suspendu provisoirement la question institutionnelle qui devait cependant être relancée en 2008 avec la transformation de Saint-Barthélemy et Saint-Martin en collectivités d’Outre-mer régies par l’article 74.  Pour l’heure, seuls les élus de Guyane et de Martinique ont engagé la procédure du congrès en vue d’adopter un projet de collectivité régie par l’article 74. Le calendrier initial a cependant été fortement perturbé par la « crise sociale » de février 2009 qui a déstabilisé les exécutifs locaux et pris de court le Gouvernement de François Fillon. En Guadeloupe, les présidents des assemblées départementale et régionale ont décidé de prendre le temps de la réflexion. La question de l’évolution institutionnelle ou statutaire ne leur semble plus prioritaire. L’heure est plutôt à l’apaisement et à la réduction des tensions sociales. Cette individuation des trajectoires politiques gomme la symétrie des évolutions du passé. Des deux côtés de l’Océan, il n’en a pas toujours été ainsi. C’est un fait politique nouveau. Chaque collectivité choisit désormais, à son rythme, librement ses institutions, dans les limites de la constitution. La Martinique s’engage ainsi vers la création d’une collectivité autonome tandis que la Guadeloupe se lance dans l’élaboration d’un projet de société partagé. Le congrès des élus départementaux et régionaux, réuni le 18 juin 2009 à Fort-de-France, adopte sept résolutions qui complètent celles qui ont été votées le 18 décembre 2008. Ces résolutions portent sur l’organisation et le fonctionnement (création d’un Conseil territorial et d’un Conseil exécutif), les compétences de la future collectivité (adaptation des lois et règlements, compétences partagées avec l’Etat, compétences supplémentaires propres), la création de conseils consultatifs (conseil des communes et conseil économique, social, culturel, de l’éducation et de l’environnement) et le report des élections régionales prévues en 2010. En Guadeloupe, le congrès des élus départementaux et régionaux, réuni le 24 juin 2009 à Basse-Terre, adopte une seule résolution précisant le calendrier et détaillant les instances et modalités d’élaboration du projet de société. A titre de disposition transitoire, il est également demandé à l’Etat de ne pas engager de projet de modification institutionnelle ou statutaire avant 2011. Simple décalage chronologique ou découplage irrévocable des trajectoires politiques des deux îles. La réponse n’importe. Dans les deux cas, le président Sarkozy retourne à son avantage une situation qui ne lui était guère favorable. Sans relais locaux solides, il parvient ainsi à désamorcer le potentiel contestataire des formations de gauche en reprenant à son compte la demande récurrente des élus en faveur d’une plus grande autonomie interne. En stigmatisant l’immobilisme et le refus du changement, il suscite un alignement original des comportements partisans de la droite[4]. Maître du calendrier de la consultation, c’est aussi lui qui arrêtera les termes de la ou des questions soumises à l’électorat martiniquais. En 2011, c’est encore lui qui décidera des suites éventuelles à donner aux propositions des élus guadeloupéens. En précipitant – au sens chimique du terme – des évolutions en filigrane depuis au moins la fin des années 90, le chef de l’Etat marque sa différence avec ses prédécesseurs, plutôt velléitaires (François Mitterrand), relativement réticents (Jacques Chirac) ou franchement hostiles (Valéry Giscard d’Estaing) à toute évolution institutionnelle ou statutaire des Antilles, alors invariablement interprétée comme l’antichambre d’un desserrement des liens avec la métropole. Vers un modèle d’économie endogène et durable Dans ce domaine, la rhétorique du président Sarkozy marque également un changement. En combinant « autonomie politique » et « autonomie économique », elle reprend à son compte un modèle de développement préconisé par les formations de gauche depuis les années soixante-dix et invariablement combattu par les partis de droite. Si les premières mettent l’accent sur la nécessité d’un développement « autocentré », les seconds donnent alors la priorité au jeu de la solidarité nationale. Pour les unes, il s’agit d’appuyer la société sur une économie productive. Pour les autres, il importe avant tout de sanctuariser les transferts sociaux de la métropole. Dans un cas, la coopération régionale est une dimension essentielle du développement. Dans l’autre, le rapport exclusif à la métropole en est le moteur. Au nom du volontarisme et du pragmatisme qui caractérisent sa politique, le chef de l’Etat n’hésite pas à faire bouger les lignes : « Vous le savez, j’ai toujours été et je suis toujours partisan d’un modèle de développement économique endogène qui favorise une plus grande autonomie économique des collectivités d’outre-mer. Pourquoi ? Parce que je pense que l’autonomie économique est la condition de la fierté d’une population au travers de la création de richesses qui sera le fruit de son esprit d’entreprise et de son travail. Et parce que je pense que l’autonomie économique est la condition de toute évolution institutionnelle, évolution pour laquelle, je l’ai toujours dit je n’ai aucun préjugé pour autant qu’elle soit au service d’un projet et que les relations avec la métropole soient clairement définies »[5]. En adoptant ces convictions de la gauche antillaise[6], le président ne vise pas uniquement l’intérêt général. A l’évidence, son objectif est aussi de « couper l’herbe sous les pieds » de ses opposants locaux dont les plus véhéments tiennent l’Etat responsable de la crise de février 2009. En faisant suite à leurs doléances, il les place devant leurs responsabilités face aux électeurs. Désormais, la balle est dans le camp des parlementaires et élus locaux.  Les Etats généraux, mis en œuvre du 15 avril au 31 juillet 2009, permettent de recueillir les « ressentis » et propositions de la « société civile » en vue du futur conseil interministériel de l’Outre-mer. Pour l’heure, la loi n° 2009-594 du 27 mai 2009 pour le développement de l’Outre-mer (LODEOM) répond à des préoccupations plus immédiates en matière de continuité territoriale, soutien au pouvoir d’achat, relance de la politique du logement et soutien à l’économie et aux entreprises. Parmi les mesures prioritaires, le gouvernement a mis l’accent sur la création de zones franches globales d’activités (secteurs émergents et secteurs porteurs d’activités nouvelles),  la réorientation progressive de la défiscalisation vers le logement social (jusque-là plutôt orientée vers le secteur immobilier privé), la création d’un fonds exceptionnel d’investissements (destiné aux équipements structurants), la réforme des exonérations de charges pour les recentrer sur les bas salaires. Malgré son adoption retardée[7], aucune de ces mesures ne rompt avec le tryptique dérogation/subvention/défiscalisation qui constitue le trait d’union de toutes les lois « programme » mises en œuvre Outre-mer depuis près de quarante ans. Par maints aspects, la LODEOM est même en retrait par rapport à la loi Girardin du 21 juillet 2003 qui prévoyait un régime d’incitations fiscales particulièrement avantageux pour les investissements immobiliers Outre-mer. Par ailleurs, la LODEOM n’offre pas de mesures directes visant à réduire les facteurs de vulnérabilité du tissu économique local alors que celui-ci se caractérise par une forte densité de très petites entreprises (TPE) dont la mortalité est particulièrement élevée. Le diagnostic est pourtant bien connu. Pour réduire cette « surmortalité », il convient de renforcer les dispositifs d’accompagnement et de formation des chefs d’entreprises et d’étendre Outre-mer les programmes de soutien des TPE existants en métropole. Enfin, aucune mesure directe de la LODEOM ne concerne l’autosuffisance énergétique ou le développement du tourisme haut de gamme. Pourtant, dans ces deux secteurs, les départements antillais disposent d’atouts importants. Dans un rapport récent (Larcher, Doligé, 2009), la mission d’information du Sénat sur la situation des départements d’Outre-mer préconise d’aller plus loin dans l’exploitation et la valorisation des ressources naturelles tout en faisant de l’environnement un élément clé de leur développement endogène. La consécration d’affirmations identitaires irréductibles Dans ce domaine hautement symbolique où il était particulièrement attendu, le chef de l’Etat a voulu marquer durablement les esprits. A la veille de son déplacement aux Antilles, rien n’est donc laissé au hasard. Les derniers arbitrages sont rendus. Le programme est arrêté. Les discours sont bouclés. Tout s’enchaîne très vite. Acte 1 : nomination au secrétariat d’Etat à l’Outre-mer de Marie-Luce Penchard, conseillère technique à la présidence de la République et fille de Lucette Michaux-Chevry, sénateur de la Guadeloupe. Pour la première fois dans l’histoire de la République, une originaire d’Outre-mer est choisie pour diriger le ministère de la « France des trois océans ». Acte 2 : cérémonie au monument aux morts de Fort-de-France où le président décore plusieurs anciens combattants « oubliés de l’histoire » avant de prononcer une allocution émouvante sur les résistants locaux au régime de Vichy : « Je veux dire aux Martiniquais et aux Guadeloupéens que l’histoire des dissidents est un exemple pour tous les Français et c’est pourquoi j’ai voulu que leur soit rendu l’hommage de toute la nation (...) Je veux dire à ces femmes et à ces hommes que la France n’oublie pas ce qu’elle leur doit »[8]. Là encore, c’est une première dans l’histoire de la République. Une page se tourne. Une injustice est réparée. Acte 3 : baptême de l’aéroport « Aimé Césaire Martinique » où le chef de l’Etat prononce un discours d’hommage particulièrement appuyé et inspiré, citant abondamment le poète mais pas moins l’homme politique, pour affirmer la diversité des Outre-mers et son souci de prendre en compte cette singularité irréductible. Ici aussi, le président va plus loin que ses prédécesseurs en disant ce que la France doit à Aimé Césaire[9] mais aussi sa volonté d’être à la hauteur de son héritage en renforçant l’autonomie de la Martinique au sein de la République. Acte 4 : bilan d’étape des états généraux de la Guadeloupe où le président a martelé, dans un discours ferme sur les principes mais ouvert sur les modalités, son désir d’être au rendez-vous de la modernisation de la relation des Outre-mers à la République en mettant l’accent sur la nécessité d’une vision partagée de l’avenir de l’archipel. Ce changement passe par l’adaptation des services déconcentrés de l’Etat. Il place aussi les élus locaux devant leurs responsabilités. Il appelle la participation active des Guadeloupéens. Cette mise en scène n’est évidemment pas sans arrière-pensées politiques. Dans cette course contre la montre, le chef de l’Etat avait plusieurs défis à relever. En premier lieu, il devait faire oublier le rendez-vous raté avec Aimé Césaire alors qu’il était candidat aux élections présidentielles. En deuxième lieu, il lui fallait gommer l’image d’un ministre de l’intérieur prompt à la répression dans les banlieues. En troisième lieu, il lui était indispensable de montrer son intérêt et son implication pour sortir de la crise antillaise. Enfin, il lui fallait réinstaller les élus locaux - notamment en Guadeloupe - dans leur légitimité d’interlocuteurs privilégiés du Gouvernement et de médiateurs naturels de la population. Sur tous ces plans, ce premier rendez-vous antillais du président semble avoir tenu ses promesses. Celles-ci ne seront toutefois consolidées que si et seulement si le premier conseil interministériel de l’Outre-mer – prévu fin octobre prochain – devait déboucher sur des décisions tangibles.  Bibliographie Constant, F., 2001. « Les catégories politiques du gouvernement Outre-mer » dans Jean-Yves Faberon et alii. dir. La loi d’orientation pour l’Outre-mer de décembre 2000, Paris, Presses Universitaires d’Aix-Marseille, p.15-28. Daniel, J., 2009. « La crise sociale aux Antilles ». EchoGéo, Sur le vif 2009, http://echogeo.revues.org/index11117.html Doligé, E. Larcher, S., 2009. Les DOM, défi pour la République, chance pour la France, 100 propositions pour fonder l'avenir, Paris, rapport d’information n°519, 356 pages. Notes [1] Intervention liminaire de M. Le président de la République – Entretien avec les présidents des collectivités locales et les parlementaires des départements d’Outre-mer,  Service de Presse de la Présidence de la République, Paris, 2009, 7 pages. [2] A l’occasion notamment de la controverse suscitée par l’article 4 de la loi du 23 février 2005 et du refus consécutif d’Aimé Césaire de recevoir Nicolas Sarkozy, alors ministre d’Etat, ministre de l’intérieur et de l’aménagement du territoire, lors d’un déplacement en Martinique initialement prévu en décembre 2005 et finalement repoussé en mars 2006 après l’abrogation de la disposition en cause. Lire la Lettre aux Antillais du ministre-candidat aux élections présidentielles, publiée dans l’édition du quotidien France-Antilles, du 6 mars 2006, p.3. [3] Ibidem. page 2. [4] Voir la déclaration de Miguel Laventure, président des Forces Martiniquaises de Progrès, qui se déclare favorable à un rapprochement avec Serge Letchimy, président du Parti Progressiste Martiniquais, sur la question de l’évolution institutionnelle. Cf. France-Antilles Martinique, Fort-de-France, 28 juin 2009, p.1. [5] Op. Cit. p. 2. [6] Dont certaines remontent jusqu’à la Convention du Morne Rouge signée en 1971 par un ensemble de formations territoriales progressistes des Antilles et de la Guyane. [7] Le projet de loi a été adopté, en Conseil des ministres, le 28 juillet 2008 puis complété, à plusieurs reprises, avant et pendant la discussion parlementaire, pour tenir compte de la gravité de la crise sociale de février-avril 2009. [8] Allocution du Président de la République, Cérémonie au monument aux morts, Fort-de-France, jeudi 25 juin 2009, p. 5. [9] Voir Constant, F., 2009. « Le pouvoir, la solitude et …la mort », Esprit, Août, 2009.
Posté le 25 février 2010 22:55 par Milo | Commentaires (0)

Elections Régionales 2010 : mode de scrutin

publié sur www.politiques-publiques.com le 29/01/2010 Les élections régionales ont pour objet d’élire les conseillers régionaux qui siègent à l’assemblée délibérante de la région, le conseil régional. Les principales dispositions actuelles du mode de scrutin pour les régionales sont les suivantes. Les citoyens élisent les conseillers régionaux :  pour six ans, au scrutin de liste,  selon un système mixte combinant les règles des scrutins majoritaire et proportionnel, en un ou deux tours,  sans panachage ou vote préférentiel, tout bulletin modifié en quoi que ce soit par un électeur étant déclaré nul. Le nombre de sièges à attribuer pour chaque liste est calculé au niveau régional. Lors du premier tour de scrutin :  si une liste obtient la majorité absolue des suffrages exprimés, elle obtient le quart des sièges à pourvoir. Les autres sièges sont répartis à la représentation proportionnelle entre toutes les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages.  sinon, il est procédé à un second tour la semaine suivante. Conditions de maintien au second tour (en l’absence de liste ayant obtenu plus de 50 % au premier tour) et de fusion des listes :  Seules les listes ayant obtenu plus de 10 % des suffrages exprimés au premier tour peuvent se maintenir au second tour de scrutin et éventuellement fusionner avec les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés. Second tour de scrutin :  Au second tour, la liste qui arrive en tête obtient un quart des sièges à pourvoir. Les autres sièges sont répartis à la représentation proportionnelle entre les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés au second tour. Election du Président (familièrement dénommé "Troisième tour") : Le Président de la région est élu par les conseillers régionaux. N’importe quel conseiller régional élu (et pas seulement les têtes de listes) peut être candidat à la présidence de l’assemblée.
Posté le 31 janvier 2010 16:42 par Milo | Commentaires (0)

Une arrière pensée de l'Etat ?

Le « oui » à la collectivité unique en Guyane et en Martinique, quelles conséquences ? Article paru sur www.ifrap.org le 27/01/2010 Le 24 janvier 2010 les électeurs guyanais et martiniquais se sont prononcés à respectivement 57,48 et 68,3% pour la « création d’une collectivité unique exerçant les compétences dévolues au département et à la région » [1] . Il s’agit d’une conséquence directe des constatations du rapport du comité Balladur [2] qui, à la proposition n°20 évoquait : « [d’]instaurer, dans les régions et départements d’outre-mer, une assemblée unique. » L’enjeu est de taille puisqu’il permettra d’unifier les services administratifs et les budgets des deux échelons tout en créant une assemblée territoriale unique. Deux effets positifs à terme : la clarification des compétences exercées actuellement au niveau départemental et régional et la rationalisation des tâches et des structures administratives qui, aujourd’hui, se chevauchent. Cette réforme institutionnelle qui devrait avoir un impact budgétaire positif générant des économies. Du côté des effectifs de fonctionnaires territoriaux, la « fusion » devrait également porter ses fruits à plusieurs niveaux :  Réduction les conflits catégoriels qui opposent en termes de primes, de statut et de traitement les effectifs des départements et des régions  Baisse des effectifs publics totaux à l’heure du choc démographique touchant les personnels actuellement en poste. Les départs à la retraite devraient exploser dans les années à venir. A 10 ans (soit 2016 compte tenu des dernières données disponibles), ce seront 40% des agents titulaires de l’ensemble de la fonction publique territoriale de Martinique qui partiront à la retraite. Le constat est plus mesuré en Guyane puisque c’est seulement 32% qui partiront lorsque la France métropolitaine verra ses départs s’établir à 33%. Quoi qu’il en soit, pour le moment, la question de la réduction des effectifs publics demeure taboue. Reçus à l’Elysée par le Président de la République, Rodolphe Alexandre (maire PS de Cayenne et candidat probable de l’UMP aux régionales des 14 et 21 mars prochains) et Me Chong Sit se sont vu confirmer que cette question n’était pas à l’ordre du jour [3]. Pas plus tard qu’en 2009 la région Guyane, affirmait augmenter ses effectifs alors que le taux d’administration y est de 1‰ contre 0,3‰ en métropole. Plus méritoire, le département de Martinique affirme pour le même exercice diminuer le nombre de ses fonctionnaires ; il offre pourtant un taux d’administration de 7‰, alors que la métropole en présente une proportion de 5‰. En réalité, si l’on envisageait d’aboutir à un alignement des taux d’administration départementaux et régionaux « domiens » sur ceux ayant cours actuellement en métropole, la future collectivité unique de Martinique par exemple devrait réduire ses effectifs de 32% soit une baisse effective de 1000 fonctionnaires [4] ! En Guyane la réduction serait encore plus importante puisqu’elle conduirait à tailler à hauteur de 55,4% dans les effectifs afin de supprimer 1322 postes. La Guadeloupe qui ne se prononcera sur l’institution d’une collectivité territoriale unique qu’en 2011 aura paradoxalement moins d’efforts à faire que ses deux voisines, devant produire un effort de réduction de 16% soit 482 postes. Et ce, alors même que la métropole est elle aussi actuellement sur-administrée par rapport à ses voisins européens. Samuel-Frédéric Servière [1] En restant comme l’a confirmé le référendum du 10 janvier dans le cadre inchangé de l’article 73 de la constitution. [2] Voir, Comité pour la réforme des collectivités locales, « Il est temps de décider », Rapport au Président de la République, 5 mars 2009. [3] Propos confirmés par Marie-Luce Panchard, interrogée par LCI le lundi 25 janvier 2010. [4] Etant entendu dans notre hypothèse que les effectifs administratifs n’auraient pas crû d’ici à 2014.
Posté le 28 janvier 2010 04:54 par Milo | Commentaires (0)

Pourquoi le Gouvernement veut fusionner Département et Région Mtq

 Mme PENCHARD, Ministre de l'Outre-Mer l'explique clairement dans sa réponse au Maire de Cayenne. Pour lire ce document, cliquez sur : RéponseduMinistreauMairedeCayenne.pdf (128,01 kb)
Posté le 26 janvier 2010 21:32 par Milo | Commentaires (0)

Eloge de la métamorphose

Article paru dans l'édition du 10.01.10 Le Monde  (Hors sujet pour notre blog ? peut-être pas tant que cela ...) par Edgar Morin quand un système est incapable de traiter ses problèmes vitaux, il se dégrade, se désintègre ou alors il est capable de susciter un meta-système à même de traiter ses problèmes : il se métamorphose. Le système Terre est incapable de s'organiser pour traiter ses problèmes vitaux : périls nucléaires qui s'aggravent avec la dissémination et peut-être la privatisation de l'arme atomique ; dégradation de la biosphère ; économie mondiale sans vraie régulation ; retour des famines ; conflits ethno-politico-religieux tendant à se développer en guerres de civilisation. L'amplification et l'accélération de tous ces processus peuvent être considérées comme le déchaînement d'un formidable feed-back négatif, processus par lequel se désintègre irrémédiablement un système. Le probable est la désintégration. L'improbable mais possible est la métamorphose. Qu'est-ce qu'une métamorphose ? Nous en voyons d'innombrables exemples dans le règne animal. La chenille qui s'enferme dans une chrysalide commence alors un processus à la fois d'autodestruction et d'autoreconstruction, selon une organisation et une forme de papillon, autre que la chenille, tout en demeurant le même. La naissance de la vie peut être conçue comme la métamorphose d'une organisation physico-chimique, qui, arrivée à un point de saturation, a créé la méta-organisation vivante, laquelle, tout en comportant les mêmes constituants physico-chimiques, a produit des qualités nouvelles. La formation des sociétés historiques, au Moyen-Orient, en Inde, en Chine, au Mexique, au Pérou constitue une métamorphose à partir d'un agrégat de sociétés archaïques de chasseurs-cueilleurs, qui a produit les villes, l'Etat, les classes sociales, la spécialisation du travail, les grandes religions, l'architecture, les arts, la littérature, la philosophie. Et cela aussi pour le pire : la guerre, l'esclavage. A partir du XXIe siècle se pose le problème de la métamorphose des sociétés historiques en une société-monde d'un type nouveau, qui engloberait les Etats-nations sans les supprimer. Car la poursuite de l'histoire, c'est-à-dire des guerres, par des Etats disposant des armes d'anéantissement, conduit à la quasi-destruction de l'humanité. Alors que, pour Fukuyama, les capacités créatrices de l'évolution humaine sont épuisées avec la démocratie représentative et l'économie libérale, nous devons penser qu'au contraire c'est l'histoire qui est épuisée et non les capacités créatrices de l'humanité. L'idée de métamorphose, plus riche que l'idée de révolution, en garde la radicalité transformatrice, mais la lie à la conservation (de la vie, de l'héritage des cultures). Pour aller vers la métamorphose, comment changer de voie ? Mais s'il semble possible d'en corriger certains maux, il est impossible de même freiner le déferlement techno-scientifico-économico-civilisationnel qui conduit la planète aux désastres. Et pourtant l'Histoire humaine a souvent changé de voie. Tout commence, toujours, par une innovation, un nouveau message déviant, marginal, modeste, souvent invisible aux contemporains. Ainsi ont commencé les grandes religions : bouddhisme, christianisme, islam. Le capitalisme se développa en parasite des sociétés féodales pour finalement prendre son essor et, avec l'aide des royautés, les désintégrer. La science moderne s'est formée à partir de quelques esprits déviants dispersés, Galilée, Bacon, Descartes, puis créa ses réseaux et ses associations, s'introduisit dans les universités au XIXe siècle, puis au XXe siècle dans les économies et les Etats pour devenir l'un des quatre puissants moteurs du vaisseau spatial Terre. Le socialisme est né dans quelques esprits autodidactes et marginalisés au XIXe siècle pour devenir une formidable force historique au XXe. Aujourd'hui, tout est à repenser. Tout est à recommencer. Tout en fait a recommencé, mais sans qu'on le sache. Nous en sommes au stade de commencements, modestes, invisibles, marginaux, dispersés. Car il existe déjà, sur tous les continents, un bouillonnement créatif, une multitude d'initiatives locales, dans le sens de la régénération économique, ou sociale, ou politique, ou cognitive, ou éducationnelle, ou éthique, ou de la réforme de vie. Ces initiatives ne se connaissent pas les unes les autres, nulle administration ne les dénombre, nul parti n'en prend connaissance. Mais elles sont le vivier du futur. Il s'agit de les reconnaître, de les recenser, de les collationner, de les répertorier, et de les conjuguer en une pluralité de chemins réformateurs. Ce sont ces voies multiples qui pourront, en se développant conjointement, se conjuguer pour former la voie nouvelle, laquelle nous mènerait vers l'encore invisible et inconcevable métamorphose. Pour élaborer les voies qui se rejoindront dans la Voie, il nous faut nous dégager d'alternatives bornées, auxquelles nous contraint le monde de connaissance et de pensée hégémoniques. Ainsi il faut à la fois mondialiser et démondialiser, croître et décroître, développer et envelopper. L'orientation mondialisation/démon-dialisation signifie que, s'il faut multiplier les processus de communication et de planétarisation culturelles, s'il faut que se constitue une conscience de "Terre-patrie", il faut aussi promouvoir, de façon démondialisante, l'alimentation de proximité, les artisanats de proximité, les commerces de proximité, le maraîchage périurbain, les communautés locales et régionales. L'orientation "croissance/décroissan-ce" signifie qu'il faut faire croître les services, les énergies vertes, les transports publics, l'économie plurielle dont l'économie sociale et solidaire, les aménagements d'humanisation des mégapoles, les agricultures et élevages fermiers et biologiques, mais décroître les intoxications consommationnistes, la nourriture industrialisée, la production d'objets jetables et non réparables, le trafic automobile, le trafic camion (au profit du ferroutage). L'orientation développement/envelop-pement signifie que l'objectif n'est plus fondamentalement le développement des biens matériels, de l'efficacité, de la rentabilité, du calculable, il est aussi le retour de chacun sur ses besoins intérieurs, le grand retour à la vie intérieure et au primat de la compréhension d'autrui, de l'amour et de l'amitié. Il ne suffit plus de dénoncer. Il nous faut maintenant énoncer. Il ne suffit pas de rappeler l'urgence. Il faut savoir aussi commencer par définir les voies qui conduiraient à la Voie. Ce à quoi nous essayons de contribuer. Quelles sont les raisons d'espérer ? Nous pouvons formuler cinq principes d'espérance. 1. Le surgissement de l'improbable. Ainsi la résistance victorieuse par deux fois de la petite Athènes à la formidable puissance perse, cinq siècles avant notre ère, fut hautement improbable et permit la naissance de la démocratie et celle de la philosophie. De même fut inattendue la congélation de l'offensive allemande devant Moscou en automne 1941, puis improbable la contre-offensive victorieuse de Joukov commencée le 5 décembre, et suivie le 8 décembre par l'attaque de Pearl Harbor qui fit entrer les Etats-Unis dans la guerre mondiale. 2. Les vertus génératrices/créatrices inhérentes à l'humanité. De même qu'il existe dans tout organisme humain adulte des cellules souches dotées des aptitudes polyvalentes (totipotentes) propres aux cellules embryonnaires, mais inactivées, de même il existe en tout être humain, en toute société humaine des vertus régénératrices, génératrices, créatrices à l'état dormant ou inhibé. 3. Les vertus de la crise. En même temps que des forces régressives ou désintégratrices, les forces génératrices créatrices s'éveillent dans la crise planétaire de l'humanité. 4. Ce à quoi se combinent les vertus du péril : "Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve." La chance suprême est inséparable du risque suprême. 5. L'aspiration multimillénaire de l'humanité à l'harmonie (paradis, puis utopies, puis idéologies libertaire /socialiste/communiste, puis aspirations et révoltes juvéniles des années 1960). Cette aspiration renaît dans le grouillement des initiatives multiples et dispersées qui pourront nourrir les voies réformatrices, vouées à se rejoindre dans la voie nouvelle. L'espérance était morte. Les vieilles générations sont désabusées des faux espoirs. Les jeunes générations se désolent qu'il n'y ait plus de cause comme celle de notre résistance durant la seconde guerre mondiale. Mais notre cause portait en elle-même son contraire. Comme disait Vassili Grossman de Stalingrad, la plus grande victoire de l'humanité était en même temps sa plus grande défaite, puisque le totalitarisme stalinien en sortait vainqueur. La victoire des démocraties rétablissait du même coup leur colonialisme. Aujourd'hui, la cause est sans équivoque, sublime : il s'agit de sauver l'humanité. L'espérance vraie sait qu'elle n'est pas certitude. C'est l'espérance non pas au meilleur des mondes, mais en un monde meilleur. L'origine est devant nous, disait Heidegger. La métamorphose serait effectivement une nouvelle origine. Edgar Morin est sociologue et philosophe. Né en 1921, est directeur de recherches émérite au CNRS, président de l'Agence européenne pour la culture (Unesco) et président de l'Association pour la pensée complexe. En 2009, iI a notamment publié "Edwige, l'inséparable" (Fayard).
Posté le 16 janvier 2010 22:36 par Milo | Commentaires (0)

Pourquoi je voterai OUI le 24 janvier

par Rodrigue Alexander Analyse en 30 pages... Pour la lire, cliquez ici...   explicationConsultation24012010.pdf (258,60 kb)
Posté le 13 janvier 2010 18:42 par Milo | Commentaires (0)

Pourquoi dire non le 24 janvier 2010

 5 Fausses Raisons qui peuvent inciter à valider la Nouvelle Collectivité... www.nonle24.com - 1ere fausse raison : "une simplification administrative, pour plus d'efficacité dans l'action publique" - Lisez les propositions du Congrès (cf. plus bas), celles qui nous ont conduit à cette consultation. Vous constaterez que ce ne sera pas si simple : 75 élus (soit quasiment le même nombre d'élus que nos 2 assemblées actuelles !) dans un "Conseil Territorial", avec son Président, qui élit un "Conseil Exécutif" composé de 13 membres, disposant aussi d'un autre Président, et une "Commission Permanente" avec 20 élus... etc... Ce qu'on vous présente comme une soit disante simplification risque bien d'être plus compliquée que ce qui est proposé par la réforme Balladur, de surcroit une réelle source d'instabilité politique. - S'il est plus efficace d'avoir qu'un unique organe administratif, alors pourquoi ne pas supprimer les Communautés de Communes, les agences publiques comme le CMT... les Communes... etc ?... La réalité c'est que chacune de ces administrations a un rôle précis dans l'organisation publique, de sorte que la suppression d'une entité ne garantie pas nécessairement une plus grande efficacité de l'action publique. En tout état de cause, nous n'avons sur ce point aucune garantie puisque aucune étude préalable n'a été faite quant à la supposée efficacité d'une Collectivité Unique, sur laquelle nous n'avons à ce jour aucun détail. - En Martinique, le développement économique (responsabilité dévolue à la Région) manque de vision stratégique et de dynamisme. En revanche, la politique sociale, qui correspond autant à une nécessité qu'à une demande forte de la population, est relativement développée. En mettant en place une collectivité unique, quelle sera la priorité ?... la politique sociale ou le développement économique ?... la vérité c'est que la politique sociale risque bien de prendre encore plus le pas sur le développement économique, et hypothéquer sur le long terme les opportunités de notre développement. - Les DOM sont des Régions Mono-départementales : une Région + un Département... On nous explique que cela génère des conflits et des enchevêtrements de compétences !?... pourtant, dans l'Hexagone, une Région collabore avec plusieurs Départements... Pourquoi serait-ce plus compliqué d'avoir 2 collectivités qui travaillent ensembles, alors qu'ailleurs plusieurs peuvent y parvenir ?... en définitive, cette organisation Mono-départementale devrait être plus efficace ici qu'ailleurs... il n'en est rien ! La Réunion, qui est précisément dans le même schéma d'organisation, n'a pourtant pas ce procblème. - 2eme fausse raison : "faire un pas, maintenant, pour en finir enfin avec l'obsession statutaire de nos élus" Cette obsession résulte fondamentalement de l'obsession identitaire. Elle se fonde non pas sur un constat de dégradation objective de la situation économique de la Martinique mais sur la nécessité établie que la Martinique devrait s'émanciper, s'éloigner de la France, "puissance coloniale". Nos élus, et une grande partie de nos élites, n'ont de cesse depuis des décennies de mettre en avant l'identité Martiniquaise, sorte de patriotisme qui se décline dans les concepts tel que "peuple Martiniquais", "développement endogène", "emploi réservé", "protection du foncier"... etc... cette idéologie certes fondée sur les particularismes évidents mais qui tend à nous exclure de la Nation, portée par les indépendantistes et les autonomistes, politiquement au pouvoir depuis des décennies, ne s'arrêtera certainement pas à la Nouvelle Collectivité dans le 73, qui, si elle est validée, sera une étape vers l'Autonomie. Voter oui le 24, ce n'est donc pas mettre un terme à ce processus, mais c'est, au contraire, valider le principe d'une nouvelle et future consultation, pour avancer vers un peu plus d'autonomie dans 5 ou 6 ans, conformément à ce qu'a déjà annoncé le PPM. Est-ce vers cela que vous souhaitez aller ? - 3eme fausse raison : "changer l'organisation administrative et politique pour sortir du blocage actuel" Blocage ?... c'est la théorie du "désencayage", vieille de plus de 15 ans et devenue une sorte de vérité locale, sans que personne ne puisse exactement expliquer en quoi nous serions "encayés"... la réalité c'est que la Martinique fonctionne dans le cadre d'une économie de marché ouverte et concurrentielle. Ceux qui considèrent toutefois qu'il y a une problématique d'absence concurrentielle devraient souhaiter au contraire l'ouverture économique et non pas un enfermement politique, ce qui est pourtant inscrit dans le projet de nos élus. Ceux-çi imaginent en effet utiliser des pouvoirs politiques locaux, les fameuses "lois pays", pour compenser ce qu'ils pensent être des situations de monopoles ou des déséquilibres résultant de l'économie de marché (l'absence de concurrence, la hausse du coût du foncier, la préservation de l'emploi local...). Cette vision passéiste d'un développement économique, encadrée par une politique nationaliste, dont la mise en oeuvre serait favorisée par la nouvelle collectivité unique, peut conduire a toutes sortes de dérives, ce que Aly Abdoulatifou, Député de Mayotte, appelle les "Roitelets locaux", que l'on entend régulièrement s'exprimer ici et là, dans des discours de haine.... un remède bien pire que le mal ! - 4eme fausse raison : "mettre en oeuvre des lois pays, mieux adaptées aux problématiques locales" Il est évident que la Martinique est en retard de développement par rapport à la Métropole. Mais cela ne résulte pas de l'inadaptation des politiques nationales, sans lesquelles la Martinique serait plus proche de la Dominique que de la Bretagne ou la Lorraine. L'immobilisme économique de la Région depuis des années, mais surtout la réalité géographique de la Martinique et la taille de son marché, nécessite au contraire plus d'Etat, plus de solidarité nationale, plus de controles, plus d'investissements, afin de compenser les handicaps naturels et structurels. L'enfermement dans des "loi pays" ne peut donc pas être la solution au retard de développement, avec un Etat qui pourrait ainsi mieux se désengager. A l'inverse, la sortie du droit commun ne peut que conduire à un décrochage à moyen ou long terme entre l'Hexagone et la Martinique, sans compter les risques d'instabilité que cela peut induire. - 5eme fausse raison : "ce n'est pas la même question qu'en 2003 !" En effet, le libellé de la question n'est pas identique (cf. plus bas). Toutefois, la problématique qui est posée est identique puisqu'il s'agit de valider la mise en place d'une nouvelle collectivité dans le cadre de l'article 73. L'article 73 propose en effet une alternative : ".... la création par la loi d’une collectivité se substituant à un département et une région d’outre-mer OU l’institution d’une assemblée délibérante unique pour ces deux collectivités" (cf. Art 73). Or en 2003 comme ce 24 Janvier, la question qui nous est posée concerne uniquement la création d'une "collectivité". "L'assemblée délibérante unique", d'ailleurs préconisée par le rapport Balladur, n'est pas soumise aux votes des citoyens. Pire, en 2003, nous avions un début de projet établi par le congrès des élus (2002), précisé par les textes d'encadrement de notre Ministre, Brigitte Giradin. Pour le 24 janvier, il n'y a aucun texte encadrant cette consultation et établissant les contours de cette collectivité nouvelle : le seul élément dont nous disposons c'est le document établi par le Congrès des élus en Décembre 2008, dans la perspective de la validation de l'article 74... est-ce ce projet qui sera repris pour la Collectivité dans le 73 ?
Posté le 13 janvier 2010 15:51 par Milo | Commentaires (0)

NOU KAY METE SA RED ANLE ZOT

samedi 9 janvier 2010 par la rédaction de Montray Kreyol Ils se pourlèchent déjà les babines, se partagent déjà postes et prébendes, prêts à se vautrer dans les délices de la Martinique d’après-Marie-Jeanne. Ils attendent avec une impatience irréfrénable le soir du 10 janvier prochain, quand la victoire du «Non», dont ils pronostiquent qu’elle sera écrasante, sera là. Palpable, mesurable, partageable en titres ronflants et mandats sonnants et trébuchants. C’est qu’ils désespéraient de pouvoir pousser Chaben vers la sortie. Sa rigueur politique, son intégrité morale, ses scores écrasants, ses 74.000 voix aux dernières régionales, les ramenaient à ce qu’ils sont: des ramasseurs de miettes. Et voilà que le miracle s’est produit! Inespéré, inattendu comme tous les miracles: un jour de novembre 2009, sur le stade de Saint-Pierre, le leader du camp indépendantiste martiniquais a annoncé qu’il se retirerait si jamais le «Non» en venait à l’emporter. Se retirer de quoi et quand? Il n’avait pas encore eu le temps de le préciser que ça sablait le champagne dans les officines assimilationnistes de Droite et de Gauche. Surtout de Gauche. Le PPM s’est vu déjà aux commandes de la Région (ou de l’assemblée unique) afin, entre autres, de combler l’abyssal déficit de la ville de Fort-de-France. Puis, Chaben a précisé sa pensée: il se retirerait de la présidence de la Région. Quand? il ne l’a pas dit, mais on est en droit de supposer qu’il ne conduirait pas de liste aux prochaines élections régionales de mars 2010 en cas d’échec du 74. Alors là, les ramasseurs de miette et les prébendiers se sont mis à exulter, n’en croyant pas leurs yeux et leurs oreilles, car ils savent pertinemment qu’une victoire du «Non» en janvier ne signifierait absolument pas une victoire du camp assimilationniste-immobiliste deux mois plus tard aux régionales. Même le sondage qu’ils ont commandité auprès d’Open-Soft System le démontre : Marie-Jeanne raflerait quand même la mise. Or, loin de saluer l’honnêteté de Chaben, ils ont commencé à ricaner sur «le capitaine qui quitte le navire» alors qu’il faut être d’une rectitude sans faille pour refuser de rester aux commandes d’un système dont on ne veut pas, qu’on n’a eu de cesse de critiquer vertement. Chaben serait resté quand même, malgré la victoire du «Non», que ces messieurs-dames l’auraient traité d’inconséquent et de malhonnête. Il annonce qu’il s’en ira et ces mêmes personnes trouvent quand même le moyen de le critiquer!!! Des «âmes de morue» comme disait Césaire… Le geste de Marie-Jeanne l’honore. Il ne s’est absolument pas tiré une balle dans les pieds contrairement à ce que maugréent certains dans le camp pro-74. En effet, il arrive un temps dans la carrière d’un homme politique où il doit mettre la politicaillerie de côté et se tenir debout derrière ses principes. Dans cette Martinique où la veulerie est la chose la mieux partagée, il était temps que quelqu’un mette ce peuple face à ses responsabilités. Fini le temps du compère-lapinisme! Du double jeu. Du double vote: du je-vote-pour-toi-parce-que-tu-ne-t’enrichis-pas-avec-l’argent-public à telle élection et du je-ne-vote-pas-pour-toi-parce-que-je-veux-rester-fouançais-jusqu’à-vitam-aeternam à telle autre élection. Basta! Le peuple martiniquais est appelé à prendre ses responsabilités le 10 janvier prochain, qu’il les prenne! Point barre. Les indépendantistes ont joué le jeu. Ils ont passé, nous avons passé, un «compromis historique» avec certains autonomistes pour faire avancer ce pays de quelques mètres. Nous avons accepté de mettre nos principales revendications en sourdine. Nous nous sommes pliés aux règles du droit électoral français. Nous avons respectueusement écouté les propos du président de la 5è puissance mondiale. Nous n’avons pas poussé à la roue quand la Martinique entière était bloquée en février 2009. Oui, cela s’appelle un «compromis historique». Mais, le 11 janvier au matin, vous regretterez Marie-Jeanne, messieurs les assimilationnistes-immobilistes. Vous regretterez son sens du dialogue malgré une certaine rigidité verbale, vous regretterez son ouverture (pacte de Basse-Terre avec Micheaux-Chevry et Karam, alliance informelle à la Région avec «Osons oser», alliance politique avec le CNCP etc.), vous regretterez le seul homme qui aurait pu sortir la Martinique «hors des jours étrangers» sans larmes ni violences. Et pourquoi? Je vous le dis en créole parce que le français est trop mou pour cela: «Nou kay mété sa red anlè zot atjelman!». Au lendemain du 10 janvier, quand chacun constatera l’échec du compromis historique et que chacun regagnera sa chacunière, comme disent les Québécois, le moment sera venu de relancer la revendication indépendantiste sans concession. Je le dis bien: sans concession. De toute façon, Chaben disparu de la scène politique, les indépendantistes de tous bords n’auront qu’un choix et un seul: s’unir dans un Front Patriotique Martiniquais ou disparaître. Oui, disparaître à jamais. Si donc le «Non» l’emportait le 10 janvier prochain, il faudra sans délai ni tergiversations ni discutailleries une réunion de crise du camp indépendantiste, toutes tendances confondues, pour construire au plus vite ce Front Patriotique Martiniquais et surtout définir des actions concrètes afin de reprendre la lutte pour notre émancipation totale. Nous nous sommes, compromis historique oblige, laisser un peu endormir ces dernières années, abandonnant le terrain aux Trotskystes: nous avons dirigé des municipalités ou siégé dans ses conseils municipaux, nous avons dirigé la Région, nous avons occupé des postes de parlementaires, bref nous avons joué le jeu de la démocratie française. Force est de constater que cela n’aura servi à rien. Absolument à rien: la caldochisation de notre pays est en marche accélérée. Nous sommes en passe d’être dissous en tant que peuple. Seul un sursaut du camp patriotique – uni au sein d’un front, j’insiste! – pourrait contrer cette évolution mortifère. Il est temps que «nou rikoumansé mété sa red anlè yo!». Désormais, il ne faudra plus que nous acceptions plus que des militants écologistes soient condamnés parce qu’ils ont rétabli la libre circulation sur le littoral martiniquais. Que la police et la justice françaises agissent comme bon leur semblent au mépris des droits élémentaires des Martiniquais. Que dans nos écoles maternelles et primaires, les non-Martiniquais soient majoritaires. Que nos terres agricoles soient bradées et notre paysage laminé par des constructions nées d’une défiscalisation qui profite essentiellement à de riches étrangers. Que les empoisonneurs au chlordécone ne rendent pas des comptes pour les forfaits qu’ils ont commis durant trente ans. Que nos jeunes diplômés Bac + 5 et Bac + 6 finissent à l’ANPE. Non, nous n’accepterons plus rien… Nou kay mété sa red anlè zot ! Et, sachez-le, ça ne sera pas pour réclamer 200 euros… Raphaël Confiant
Posté le 11 janvier 2010 15:51 par Milo | Commentaires (0)

Adieu (ou plutôt «Au Diable!»)…par Raphael Confiant

« PÉYI-A SÉ TA NOU, SÉ PA TA YO ! » (« CE PAYS EST À NOUS, PAS À EUX ! »), CLAMAIENT-ILS EN FEVRIER 2009… lundi 11 janvier 2010 par la rédaction de Montray Kreyol Jamais à Cuba (communiste), ni à Barbade (capitaliste), ni à Saint-Domingue (social-démocrate), on ne verrait le pays bloqué durant plus d’un mois à cause d’une grève générale. JAMAIS! Au bout d’une semaine, les forces de police ou l’armée débloqueraient les routes, rouvriraient les commerces et entreprises, rétablirait la libre circulation des personnes et des marchandises. Il n’y a que dans ces colonies de consommation que sont la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane qu’une telle chose est possible. Dans ces OVNI politiques, le Papa Blanc autorise ses chers enfants nègres à brailler, défiler, réclamer, exiger autant qu’ils le veulent. De toute façon, personne ne mourra de faim! Il les autorise même à proclamer que «le pays leur appartient désormais» et que le temps de la «profitation» est fini et bla-bla-bla… Le Papa Blanc se marre. Ses enfants nègres ne sont pas sérieux. Ils ne croient pas un mot à ce qu’ils disent. D’ailleurs, pourquoi ont-ils «déboulé» en février, mois du carnaval, et pas en octobre ou en novembre? La preuve: quand on leur organise une consultation pour savoir s’ils seraient prêts à entamer un tout petit début de commencement d’autonomie, ils battent aussitôt en retraite comme des «crabes-c’est-ma-faute». Oublié le «Péyi-a sé ta nou!»! Aux orties les rodomontades du genre «Jou nou ké ajounou pòkò wè jou»! Tout le monde aux abris! 73% de «NON» en Guyane et 80% en Martinique. Donc si l’on comprend bien, les mêmes qui ont défilé et braillé en février pour faire plier l’État «colonialiste» votent aujourd’hui comme un seul homme pour rester à jamais enlacés dans les bras de ce même état colonialiste. Français jusqu’ad vitam aeternam, voilà ce qu’ils veulent être et rester! À ces gens, je dis: allez vous faire foutre! À ce peuple, je dis qu’il n’est qu’une sous-merde, un ramassis d’aliénés, d’alimentaires et de lâches. Une tâche sur la carte du monde, une salissure. Un étron. Je comprends pourquoi vous ne voulez ni de l’autonomie et encore moins de l’indépendance. Dans un Martinique libre, comme à Cuba, à Barbade ou à Saint-Domingue, jamais vous n’auriez été autorisés à foutre la merde et à bloquer tout le pays pendant plus d’un mois. Vous avez raison: restez français jusqu’à la fin des temps et continuez à brailler et à manifester régulièrement pour que le Papa Blanc vous accorde 200 euros d’augmentation de salaire et n’augmente pas le prix de l’essence, même si le cours du brut augmente sur le marché mondial. Adieu (ou plutôt «Au Diable!»)… Raphaël Confiant
Posté le 11 janvier 2010 15:23 par Milo | Commentaires (0)

Outre-mer (éditorial du Monde du 12/01/10)

LE MONDE | 11.01.10 | Le paradoxe peut paraître déroutant. Il y a un an exactement, s'ouvrait, en Guadeloupe, avant de s'étendre à la Martinique et à la Guyane, une des plus longues crises sociales qu'ait connues l'outre-mer : 44 jours de grève, de blocage et de tensions, ponctués en Guadeloupe par des incidents à l'origine de la mort d'un syndicaliste. Pour apaiser les esprits, Paris avait changé de ministre, ouvert des Etats généraux sur l'avenir de ces territoires lointains de la République et décidé d'organiser des référendums locaux sur le renforcement de leur autonomie statutaire. C'est cette perspective que Guyanais et Martiniquais viennent d'écarter nettement. Lors des deux consultations organisées le 10 janvier, 69,8 % des premiers et 78,9 % des seconds ont répondu non à une plus grande autonomie. La crainte de se voir "largués" par la métropole et de perdre dans une évolution incertaine aides et soutiens nationaux et européens les a conduits à préférer le statu quo. Cette réaction traduit une double défiance. A l'égard de Paris, tout d'abord. Nicolas Sarkozy a certes observé une grande neutralité et il a pris acte de la "réponse claire" des deux consultations, qui "traduit l'attachement à un statut qui soit proche de celui des collectivités de métropole". Il n'empêche : lors de son déplacement aux Antilles, le 26 juin 2009, le président de la République avait vivement encouragé ces consultations, en invoquant la nécessité de changer de statut. A l'égard des élus locaux, ensuite. En Guyane comme en Martinique, les présidents de conseils régionaux et les principaux élus (de gauche) avaient appelé à voter oui au changement de statut, qu'ils appelaient de leurs voeux. Ils n'ont pas été suivis. Pour les populations, à l'évidence, de tels ajustements institutionnels ne répondent pas aux injustices et aux inégalités profondes qui continuent à miner ces territoires ultramarins - la "profitation" dénoncée par le LKP guadeloupéen - et à la crise économique, sociale et identitaire qu'elles nourrissent. Au bout du compte, ces référendums risquent donc d'accroître confusion et frustrations. La précipitation avec laquelle ces consultations ont été organisées, deux mois avant les élections régionales, leur a donné des allures de manoeuvre politique. Dès lors que l'UMP préconisait le maintien du statu quo institutionnel, la victoire du "non" dans ces deux référendums risque de déstabiliser les élus locaux. L'outre-mer est en droit d'attendre des réponses moins politiciennes à ses problèmes.
Posté le 11 janvier 2010 11:34 par Milo | Commentaires (0)

OUI LE 10 JANVIER 2010 POUR AVOIR LA FORCE...

OUI LE 10 JANVIER 2010 POUR AVOIR LA FORCE DE REGARDER DEMAIN ET NON L’AVENIR DANS UN RETROVISEUR par Hector Elisabeth Le dimanche 10 janvier 2010, le peuple martiniquais a un nouveau rendez vous important avec son histoire dans le cadre de son émancipation. En effet, après 1848, phase de la Liberté, 1946 phase de l’Egalité , le vote de l’article 74 en janvier 2010 sera la phase de la Responsabilité. Phase que nous avons raté deux fois en 1982 avec le refus du projet d’assemblée unique par le Conseil Constitutionnel et le 7 décembre 2003. Le vote de l’article 74 sera l’occasion d’un nouvel élan pour notre devenir. Je suis d’autant plus à l’aise pour lancer cet appel au OUI au 74, qu’en 2003, j’étais déjà parmi les quelques uns qui préconisaient cette solution.  Il s’agit donc de voter pour un dispositif qui permette de prendre en compte «  les intérêts propres » de notre collectivité en les traitant au plus près de nos besoins réels et en y appliquant les solutions les plus adaptées. De telles dispositions vont dans le sens du progrès que tout Martiniquais et à fortiori tout nationaliste martiniquais peut souhaiter pour son pays. En outre, ces dispositions ont l’avantage de s’inscrire dans une vision moderne que le Président de la République, Nicolas Sarkozy décrit comme « le début du juste degré d’autonomie, celui de la responsabilité, celui de l’équation unité/singularité ». Car la France a pris du retard dans ce  débat de l’autonomie des Régions par rapport au reste du monde et en particulier à l’Union Européenne.        En effet, les Régions autonomes européennes, qu’elles soient espagnoles, portugaises, italiennes ou allemandes répondent à des dispositions encore plus avancées fondées sur le principe de subsidiarité que celles inscrites dans cet article 74 de la constitution Française. Un débat comme celui qui agite la Martinique en ce moment apparaîtrait à coup sur comme surréaliste dans un certain nombre d’Etats européens. L’Etat Français, jacobin dans son essence, cherche à rattraper son retard dans ce domaine de décentralisation et d’autonomie territoriale en lançant différentes tentatives sur ce chantier (Deferre, Raffarin, Balladur). On peut noter que, tout comme en 1983 où les Outre-mer avaient servi d’expérimentation à la transformation des Régions, d’établissement public en Collectivités Territoriales, l’adoption de l’article 74 transformant les Régions d’Outre mer qui se transforment en COM (Collectivité d’Outre Mer) vont initier l’évolution de la France en Etat européen moderne où la question régionale devient centrale.  De ce point de vue, la question de l’appartenance de la Martinique à l’Union Européenne est le prototype de faux problème car non seulement la Martinique doit rester RUP (Région Européenne Ultrapériphérique) mais elle sera en mesure de mettre en oeuvre une dynamique euro caribéenne qui permettra l’émergence une politique originale de coopération dynamique, tant sur le plan économique que culturel en s’inscrivant comme l’interface entre l’Europe et la Caraïbe.  Donc si les Outre Mer peuvent servir de modèle pour l’autonomie des Régions Françaises, c’est bien la preuve que nous sommes dans une démarche d’autonomie partenariale et non pas de rupture. Or les principaux adversaires de l’évolution institutionnelle de la Martinique dans le cadre de l’article 74 s’inscrivent dans une optique désuète et ringardisée de l’autonomie-rupture, anti chambre de l’indépendance. Dans un monde globalisé ou la dimension locale prend d’autant plus d’importance nous sommes dans une toute autre dynamique, plus ouverte et en même temps plus articulée et qui nécessite en particulier pour nos jeunes, d’envisager l’avenir avec hardiesse, audace et confiance. Tout le contraire de l’attitude des semeurs de peur et de haine dans notre population. Attitude qui ne sert qu’à garantir leurs positions conservatrices de profiteurs et de doucineurs pour la plupart. Or que dit encore le Président de la République, se référant cette fois à Aimé CESAIRE : « Il a toujours opposé la patience au fanatisme, l’entêtement du raisonnement à l’entêtement du préjugé. Il n’a jamais transigé, jamais renoncé à ses principes. Il a fait preuve de cette valeur trop souvent négligée : lecourage, courage de ses idées , courage de ses actes ; portant cette valeur, ne pas courber devant les puissants et faire preuve toujours d’empathie envers les faibles. C’set la leçon de Cesaire. Et Monseigneur MERANVILLE n’en dit pas moins « n’ayez pas peur, la peur paralyse. Elle empêche tout progrès. Elle produit des réflexes sécuritaires qui se traduisent par le repli sur soi même, le refus de la différence, l’impossibilité du dialogue, la crispation sur ses acquis, la hantise de tout changement. La peur ouvre les portes à l’intolérance, à la xénophobie, aux violences injustifiées.   Plus que jamais le moment est venu d’exorciser toutes les peurs qui nous empêchent de construire en Martinique une communauté dont le comportement soit basé sur les principes de Fraternité et de Responsabilité ».  Quelle belle leçon de responsabilité car dans ce que nous devons définir comme le vivre ensemble (article 73 ou 74), la peur du changement traduit le manque de confiance en soi et vice versa. Ce manque de confiance en soi – hérité de la colonisation est un lourd handicap quand on veut se tourner vers l’avenir. Avec l’article 74 nous serons plus impliqués dans la conduite et la gestion de nos problèmes et de nos besoins à nos « intérêts propres ». Au lieu de nous en remettre indéfiniment à des décisions prises à  notre place et loin de nous. C’est la confiance en soi qui nous permettra d’affronter tous les défis auxquels nous serons confrontés.  C’est la confiance en soi, cette estime de soi qui dopera notre sens de la responsabilité et notre engagement à vouloir prendre en main les leviers de commande. Nous sommes un peuple créatif, plein de potentialités, il nous faut nous rassembler autour de nos intérêts propres dans une démarche de tolérance et de solidarité et aussi de cordiale hospitalité, car nous sommes une terre d’espérance et d’amitié ; Avec des amis , nous avons lancé un chantier de ce type dans le cadre d’une association « Tous Créoles » qui pourrait être aussi « Tous Martiniquais » afin d’expérimenter des relations nouvelles entre communautés différentes. Malgré toutes les difficultés prévisibles, nous tentons cette expérience d’acceptation réciproque car notre avenir est aussi à ce prix. Il n’est pas question pour moi de dire que tout cela ne serait pas possible dans le cadre de l’article 73, mais il nous semble évident que l’article 74 offre davantage de garantie de pouvoir mettre en place de telles dynamiques fondées sur la dignité, la responsabilité et le respect réciproque.  Enfin, un dernier point me semble capital c’est celui du développement. Des orientations stratégique ont été définies dans le SMDE et l’AGENDA 21 et certains chantiers sont déjà ouverts. Dans leurs grandes lignes, les orientations sont les suivantes :         1 – renforcer le lien sociétal en mettant l’être humain au cœur du projet,       2 – favoriser l’aménagement  équilibré et concerté du Territoire,       3 – s’ouvrir à l’international pour participer à sa dynamique       4 – se mettre en capacité de s’adapter au changement.   Ces grands axes doivent structurer un nouveau modèle de développement. Ici aussi, le Président de la République a bien insisté sur la nécessité  de créer ce nouveau modèle. Au demeurant les 200 mesures qu’il a retenues lors du conseil interministériel se retrouvent en bonne partie dans le SMDE et l’AGENDA 21. Ce nouveau modèle reposera sur de nouvelles filières permettant d’impulser un développement durable et solidaire avec des pôles d’activités stratégiques, tels les éco-activités, les bio-énergies et tout le volet Economie de la connaissance telle qu’elle est préconisée dans la stratégie de Lisbonne.  Ces nouvelles filières doivent dynamiser d’autres plus traditionnelles telles le tourisme ou la pêche. Mais la vraie problématique sera de disposer sur place d’indispensable leviers de décisions pour s’attaquer plus efficacement aux principaux chantiers comme ceux de l’emploi, du transport et du logement et la protection de l’environnement.  La notion d’intérêts propres s’appliquera ici également avec l’adaptation des formations générales et professionnelles, des politiques d’orientation et de création d’emplois pour nos jeunes. Un tel contexte devra d’ailleurs susciter de nouveaux comportements face au travail avec en particulier l’absolue nécessité de l’effort individuel et collectif.  C’est enfin, un dialogue social permanent devra rassembler les principaux acteurs économiques, les syndicats et les élus afin d’accompagner et garantir cette politique de développement. C’est d’ailleurs sur une citation de Cyrille COMTE du MEDEF que nous conclurons ce volet : « après le temps de l’insatisfaction du statut quo qui s’est manifesté lors de la crise de février, il est maintenant venu le temps du partenariat entre la puissance publique, le Elus, les partenaires sociaux et les Entreprises pour faire face à l’urgence de la situation économique actuelle et faire droit à la promesse du développement économique de la Martinique. Nous les Entrepreneurs de Martinique, sommes disponibles dès maintenant pour faire de ce partenariat une réalité.   Comme on le voit, l’article 74 est celui de l’Autonomie de la Responsabilité mais aussi celui d’une dynamique de décolonisation.  Le dimanche 10 janvier, 2010, nous voterons donc OUI à l’article 74 en toute sérénité en sachant que les principaux chantiers sont déjà en place, grâce à l’énorme travail fourni en amont par deux hommes Alfred MARIE JEANNE et Claude LISE.  Alors, comme le disait magnifiquement notre grand poète Aimé Cesaire : « un pas, un autre pas et tenir gagné chaque pas… Avance ! »      Hector ELISABETH – Sociologue 
Posté le 7 janvier 2010 17:19 par Milo | Commentaires (0)

CHANGEMENT STATUTAIRE ET FINANCEMENT DES TERRITOIRES

par Claude GELBRAS   I – INTRODUCTION Une récente ITW d’un élu de Guyane (sur RFO Guyane courant décembre 2009) a démontré que les mécanismes de financement des compétences transférés à une COM (régie par l’article 74) étaient très mal connus…du grand public. Acteurs privilégiés, les collaborateurs des Conseils Généraux et Régionaux, sont souvent confrontés à des difficultés et déficits budgétaires, en connaissent les principes. Il convient de clarifier cette question de finance locale. Cet élu affirmait, en effet, qu’en application de l’article 72.2 de la Constitution, en cas de changement statutaire, les nouvelles responsabilités étaient accompagnées des ressources correspondantes à la charge de l’Etat, laissant entendre que l’autonomie apporterait davantage que le statut d’identité législative actuelle. Une évolution statutaire ne procurerait alors que des avantages budgétaires. Les récents déboires financiers de St Martin (budget réduit de 30% !) rappellent que toute collectivité est d’abord responsable de son budget et de ses ressources même si l’Etat est contributif par les transferts des impôts locaux perçus au bénéfice du territoire. II - Que dit l’Article 72.2 de la Constitution ? « Tout transfert de compétences entre l'Etat et les collectivités territoriales s'accompagne de l'attribution de ressources équivalentes à celles qui étaient consacrées à leur exercice. Toute création ou extension de compétences ayant pour conséquence d'augmenter les dépenses des collectivités territoriales est accompagnée de ressources déterminées par la loi. » La dotation budgétaire se détermine sur la base des dépenses passées. Il est écrit «…étaient consacrées à leur exercice… ». Il s’agit d’une compensation et non « …sont consacrées à leur exercice… ». En clair, l’Etat « donne » ce que lui coûtait le domaine dont il n’a plus la charge. Ces dotations sont révisées chaque année dans le cadre de la politique budgétaire de l’Etat, éventuellement corrigées de l’inflation. Si la Martinique veut un port en eau profonde au Robert ou une voie routière rapide reliant la CACEM au Nord, il appartient au territoire de trouver les ressources financières nécessaires. Cela ne signifie pas que l’Etat refusera toute participation. De même, l’UE pourrait contribuer au projet si la Collectivité conservait la qualité de RUP, Région Ultra Périphérique. (Art. 349 du Traité de Lisbonne) LOI n° 2004-809 du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales Cette loi, appelée aussi acte II de la décentralisation (acte I : loi Deferre et création du Conseil Régional de 1982) renforce l’autonomie financière des collectivités et désengage partiellement l’Etat de secteurs entiers (action sociale, logement social, etc…) assortis d’une compensation intégrale. En fait, ce dispositif ne fait qu’appliquer l’article 72 .2 de la Constitution. Pour les collectivités régies par l’article 74, il n’y aurait donc pas de différence notable. TITRE VI : COMPENSATION DES TRANSFERTS DE COMPÉTENCES (Article 118) Création d’une commission d’évaluation qui se réunit paritairement (Etat, Collectivité) (la CCEC, cf INTERNET) « Art. L. 1211-4-1. - Réuni en formation restreinte, le Comité des finances locales est consulté sur les modalités d'évaluation et sur le montant de la compensation des transferts de compétences entre l'Etat et les collectivités territoriales. Cette formation, dénommée commission consultative sur l'évaluation des charges, est présidée par un représentant élu des collectivités territoriales. « Les ressources attribuées au titre de cette compensation sont équivalentes aux dépenses consacrées, à la date du transfert, par l'Etat, à l'exercice des compétences transférées, diminuées du montant des éventuelles réductions brutes de charges ou des augmentations de ressources entraînées par les transferts. Calcul de  la compensation pour les investissements « Le droit à compensation des charges d'investissement transférées par la présente loi est égal à la moyenne des dépenses actualisées, hors taxes et hors fonds de concours, constatées sur une période d'au moins cinq ans précédant le transfert de compétences. Calcul de la compensation pour les charges de fonctionnement « Le droit à compensation des charges de fonctionnement transférées par la présente loi est égal à la moyenne des dépenses actualisées constatées sur une période de trois ans précédant le transfert de compétences. III- CONCLUSION Le transfert au budget de la Collectivité des seules dépenses consacrées, crée des obligations et des responsabilités nouvelles depuis 2004. La Collectivité prend en charge, grâce aux impôts collectés, les financements de l’accroissement des besoins futurs. S’ajoutent la « facturation » des charges transférées à la Collectivité mais qui sont gérées par l’Etat et son personnel. C’est le cas de St Barth qui par sa taille ne peut assumer toutes les missions découlant de son statut. La compensation est réduite d’autant… En final, chaque année l’Etat verse sa « part » constituée de la dotation générale de compensation. Les dispositions de l’art. 72 .2 s’appliquent donc indifféremment à l’ensemble des territoires nationaux quelque soit leur statut (art. 73 ou art. 74). Claude GELBRAS, Ste Luce, Martinique, le 5 janvier 2010
Posté le 7 janvier 2010 09:49 par Milo | Commentaires (0)

LE DEVOIR DE VERITE

  LE CHANGEMENT STATUTAIRE DE LA MARTINIQUE APRES LA RATIFICATION DU TRAITE DE LISBONNE OU LE DEVOIR DE VERITE par Claude GELBRAS  Quelles incidences pour les relations entre la Martinique et l’UE, nées du choix des électeurs qui seront consultés en janvier 2010 sur une évolution statutaire, passage de l’article 73 (garantissant les droits égaux pour tous), à l’article 74 (qui introduit des droits différenciés)  ? I - REPERES L’ancrage des DOM et de la Martinique dans l’Union européenne s’est fait de façon progressive et au rythme des traités, chaque étape apportant une consolidation toujours plus étroite entre ces entités. Elargissement des solidarités et de reconnaissance des situations particulières des territoires ultramarins : création des RUP (Régions ultrapériphériques), des politiques d’aides sociales et de formation (FSE), des subventions agricoles (FEOGA), du fonds de développement régional (FEDER), des subventions de coopération régionale (INTERREG), des dérogations à l’ordre communautaire dans des matières précises, etc…, constitutif des acquis fondamentaux communautaires.   1957 - 2010 1 – (1957) Traité instituant la Communauté économique européenne ou traité de ROME Paix et stabilité en Europe. Libre circulation des hommes, des biens, des services et des capitaux. L’application de ces libertés se fera de façon progressive et s’étalera sur plusieurs décennies. Droit de douanes abolis en 1968, libérilisation (dérégularisation de fait) financière (y compris à destination des « paradis fiscaux ») en 1989, fixation des règles du commerce international (OMC) en 1994, etc… S’agissant des territoires français d’Outre Mer, on est dans la genèse de l’intégration à la Communauté : Article 131 « Les Etats membres conviennent d’associer à la Communauté les pays et territoires entretenant avec la France des relations particulières. …/… Le but de l’association est la promotion du développement économique et social des pays et territoires, et l’établissement de relations économisques et sociales entre eux et la Communauté dans son ensemble. »   Ce n’est rien d’autre, dans un flou total, que la création d’une zone de libre échange entre l’Europe et ses territoires « éloignés » et la mise en œuvre de timides mesures protectrices. Ulterieurement, le FSE (fonds social) – en 1971 - et le FEOGA (aide au secteur agricole – 1972 - s’appliqueront jusquà l’arrêt HANSEN de 1978, rendu par la Cour de Justice des Communautés Européennes, imposant l’application immédiate du Droit Communautaire à l’Outre Mer. En parrallèle, des mesures dégoratoires s’appliquent comme l’ « octroi de mer », qui voit son régime provisoirement préservé.   2- 1992 Le traité de MAASTRICHT reprend les dispositions ci-dessus sans apporter, à cette construction juridique, d’éléments significatifs pour l’Outre Mer. Apparition de l’espace SCHENGEN : "espace de liberté, de sécurité et de justice" à l'intérieur de l'Union européenne, non applicable à l’Outre Mer.   3- 1999 Le traité d’AMSTERDAM constitue un saut qualitatif décisif. Les décisions d’alignement de l’Outre Mer au bénéfice des politiques communautaires étaient préalablement d’ordre juridictionnel ou consécutives à des interventions de membres de l’Union Européenne (UE). Désormais, le caractère institutionnel confére aux DOM la dignité européenne.   Ultrapériphérie : Article 299.2   « Les dispositions du présent traité sont applicables aux départements français d’outre-mer, aux Açores, à Madère et aux îles Canaries. Toutefois, compte tenu de la situation économique et sociale structurelle des départements d’outre-mer, ……aggravée par leur éloignement, leur insularité, leur faible superficie, le relief, le climat difficile, leur dépendance économique vis à vis d’un petit nombre de produits, .l’article 299.2 prévoit des mesures spécifiques visant à fixer les conditions de l’application du présent traité à ces régions, y compris les politiques communes. Le conseil en arrêtant les mesures visées au deuxième alinéa, tient compte des domaines tels que les politiques douanières et commerciales, la politique fiscale, les zones franches, les politiques dans le domaine de l’agriculture et de la pêche, les conditions d’approvisionnement en matières premières et en bien de consommation de première nécessité, les aides de l’Etat, et les conditions d’accès aux fonds structurels et aux programmes horizontaux de la Communauté sans nuire à l’intégrité et à la cohérence de l’ordre juridique communautaire, y compris le marché intérieur et les politiques communes. »     En découle une somme de dispositions renforçant les aides à finalités régionales selon le principe : « un partenariat renforcé pour les régions ultrapériphériques, …/….l’art 299.2 trouve son fondement dans le principe d’égalité et de proportionalité permettant de traiter de façon différente la situation distincte de ces régions…/….aux citoyens originaires des régions ultrapériphériques de bénéficier des mêmes opportunités …./….en modulant l’action communautaire »   3- 1er janvier 2010 : entrée en vigueur du traité de LISBONNE Récemment ratifié, il apporte des innovations intéressantes pour les DOM et plus de flexibilité dans la relation membres / UE : Les droits de l’homme et les libertés fondamentales, issues d’une imposante jurisprudence, sont désormais garantis dans une Charte constitutionnalisée, sous forme d’un protocole annexé au traité de l’UE. Pour la première fois, le traité prévoit une clause de sortie qui confère aux Etats membres le droit de se retirer de l'Union européenne. (cf. St Barth ci-dessous) Les traités peuvent être modifiés en suivant une procédure de révision ordinaire ou simplifiée. L’art 299.2 devient l’art 349 et la mention « départements français d’outre mer » disparait et est remplacée par « …la Guadeloupe, la Guyane française, la Martinique … », une nuance qui n’échappera à personne, Art 355.6 : Le Conseil européen, sur initiative de l'État membre concerné, peut adopter une décision modifiant le statut à l'égard de l'Union d'un pays ou territoire danois, français ou néerlandais visé aux paragraphes 1 et 2. Le Conseil européen statue à l'unanimité, après consultation de la Commission. Le passage de RUP au statut de PTOM et vice-versa est simplifié.(cf mission du Sénat ; rapport du Sénateur Doligé) Comme par le passé, les règles d’unanimité des membres (et le respect de la non discrimination entre les citoyens et les Etats de l’Union) s’appliquent aux Etats et Régions qui veulent déroger aux principes de base de l’UE (introduction de droits de douanes, accès au foncier et aux emplois, etc…). C’est une contrainte inhérente à l’existence d’un marché intérieur.   L’UE acquiert la personnalité morale et La CHARTE DES DROITS FONDAMENTAUX DE L'UNION EUROPÉENNE, acquiert une force juridique contraignante pour 25 Etats membres, Martinique comprise.     Quelques extraits :   Article 11 Liberté d'expression et d'information 2. La liberté des médias et leur pluralisme sont respectés.   Article 15 Liberté professionnelle et droit de travailler   2. Tout citoyen de l'Union a la liberté de chercher un emploi, de travailler, de s'établir ou de fournir des services dans tout État membre.   Article 21 Non-discrimination 2. Dans le domaine d'application des traités et sans préjudice de leurs dispositions particulières, toute discrimination exercée en raison de la nationalité est interdite.   Article 45 Liberté de circulation et de séjour 1. Tout citoyen de l'Union a le droit de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres.   II - COMMENTAIRES :   1-L’UNION EUROPEENNE EST UN CLUB   Les membres sont donc tenus de respecter le règlement ; dans notre cas, le Droit Communautaire ou Droit Primaire, supérieur aux droits des Etats. Peut on s’en écarter ? Dans sa formulation, le Traité de Lisbonne crée désormais deux types de devoirs : Respect des règles liées au fonctionnement du marché intérieur (base du traité de Rome concernant la libre circulation des citoyens, des marchandises, des services et des capitaux), c’est la défense de valeurs économiques. Strict assujettissement aux Droits fondamentaux (Charte), c’est la défense de valeurs de civilisation.     L’inobservation de ces dispositions peut entraîner la mise en place de mesures préventives obligatoires (éducation, information, coopération…) voire de sanctions en cas de violations graves et répétées. (saisine de la Cour de justice, amendes, …exclusion). A ce jour aucun territoire n’a été exclu pour infraction. La commission européenne est vigilante quant à la bonne application du Traité. Exemple : les pêcheurs français se voient réclamer 50 M€ de subventions pour distorsion de concurrence. Les producteurs de fruits auraient perçu indûment et pour les mêmes raisons 500 M€… à rendre à l’Europe !   En vérité, les juristes ou constitutionalistes sont unanimement d’accord : les dérogations sont strictement encadrées et limitativement énoncées (cf. ci-dessus). Les tentatives d’élargir le champ des spécificités à prendre en considération comme le suggère l’article 355 du Traité (ex 299.2) n’ont pas favorablement prospéré. Trois raisons à cette situation : Ne rien faire qui puisse nuire à la cohésion et à la cohérence de l’Union, menacée par les micro nationalismes et le protectionisme (née de la crise mondiale), L’élargissement de l’Europe (passage de 15 à 27 membres) oblige à une discipline accrue pour maintenir le consensus au sein de l’Union (chaque membre a bien entendu ces propres revendications et diversités. Si besoin est, le concours de l’Etat membre est sollicité ; il faut gommer les disparités, aux membres de s’en charger…) La stuation des DOM et en particulier celle de la Martinique est jugée enviable par Bruxelles et par les nouveaux arrivants (pays Baltes, Pologne, Ukraine, Slovenie…). Le PIB/h de la Martinique est 2 à 4 fois celui de ces ex pays de l’Est…Un rééquilibrage des fonds européens est probable après 2013.   2 – l’EUROCOMPATIBILITE   L’article 74 de la Constitution permet à la Collectivité de légiférer (lois de pays) dans des matières qui lui sont transférées. C’est l’apparition d’une gouvernance locale selon des règles énoncées par la loi organique, qui permet à la Collectivité d’accèder à la dignité constitutionnelle autre que les missions régaliennes de l’Etat (armée, police, justice, etc…) Cet article offre de grandes libertés dans les matières choisies par le Gouvernement et le Parlement. On peut mettre en place un pouvoir local resserré autour de quelques compétences attribuées : pêche, routes, aménagement du territoire…   On peut aussi – comme en Polynésie Française – attribuer à la COM des compétences très larges qui concernent directement le Traité de l’UE : fiscalité et douanes, économie, droit du travail, bloc social, audiovisuel…et réécrire certains codes. St Barth a son propre « code des contributions » qui remplace le CGI. C’est le statut d’une autonomie dont personne ne peut dire où elle commence, où elle finit. La Constitution est muette sur cette question ; on se reporte alors au droit positif. Rien ne s’oppose alors, en droit interne français à :   Mettre en place une politique douanière pour protéger l’économie locale et alimenter le budget de la Collectivité, (voir la Polynésie et la Nlle Calédonie) Interdire ou restreindre l’importation de marchandises pour favoriser une entreprise locale, Définir une politique resteignant à certaine catégorie de résidents (les récents) l’accès à l’emploi ou à l’acquisition de foncier, Prévoir des conditions à l’accès aux emplois dans la fonction publique (connaissance d’une langue locale obligatoire…) Fixer des participations financières préférentielles de la COM dans des entreprises locales Etc…etc… Cela reviendrait à créer les conditions d’un protectionisme qui ne serait qu’une conversion à une économie fermée dont on sait qu’elle serait en contradiction avec l’ouverture au Monde qui apporte fluidité des capitaux, l’accès aux innovations, et circulation des compétences. Cette conception régressive, serait, par ailleurs, en contradiction avec le droit supérieur de l’UE qui s’impose à tous. De façon générale les territoires de l’UE sont asujettis au droit communautaire l’art 355 (ex 299.2) même si un régime dérogatoire restrictif et limité dans le temps, est mis en place.   3- LES COM ET L’EUROPE   Les décisions du Congrès du 18 juin 2009 Chacun se souvient qu’à cette date, le Conseil Régional et le Conseil Général, réunis en Congrès, ont souhaité, à mains levées, une évolution statutaire de la Martinique qui serait régie par l’article 74. Des résolutions ont été adoptées fixant les orientations souhaitées par les élus. La population sera consultée à ce sujet le 10 janvier 2010. C'est une loi organique qui sera votée par le Parlement qui déterminera les compétences et le fonctionnement de la nouvelle Collectivité. Elle pourrait reprendre les orientations souhaitées qui concernent directement des matières sensibles (accès à l’emploi, foncier, audiovisuel) et créer une situation litigieuse avec le droit communautaire. Ce qui est acceptable en Droit Français peut être en opposition avec le droit de l’UE. Le fait que le nom « MARTINIQUE » figure dans le nouveau traité signifie simplement que l’Europe ne s’ingère pas dans l’organisation politique des territores ultrapériphériques. Cela n’exonère pas la MARTINIQUE, si elle veut rester RUP, de se conformer au droit de l’UE, assorti éventuellement d’exceptions - limitatives.     St Barth et la sortie de l’Europe. La Collectivité de St Barth a fait savoir au Gouvernement le 15 novembre dernier, qu’elle souhaitait quitter l’UE et perdre sont statut de RUP. La raison tient à son statut fiscal : elle perçoit un droit de quai de 5% qui s’applique aux seuls produits entrants. Il s’agit d’une ressource importante pour la Collectivité. Bruxelles lui a fait savoir que cette contribution était un équivalent « droit de douane » incompatible avec l’UE. En fait, cette incompatiblité était connue, actée et résolue dans la loi organique de St Barth : LOI organique n° 2007-223 du 21 février 2007 portant dispositions statutaires et institutionnelles relatives à St Barth : « Chapitre II « Compétences « II. - En cas d'accession de la collectivité de Saint-Barthélemy au statut de "pays et territoire d'outre-mer » de l'Union européenne et des Communautés européennes et à compter de cette accession, la collectivité est compétente en matière douanière. Autrement dit, la sortie de l’UE est une condition imposée par le législateur pour que la COM de St Barth fixe librement des droits de douanes et sauvgarde ainsi son droit de quai, source importante de ressources territoriales. St Martin fait le même raisonnement mais prévoit une sortie d’ici 10 ans en vue d’obtenir une liberté totale en matière fiscale (cf Conversations dans les Iles du Nord) Si la MARTINIQUE souhaitait donc préserver, ne serait-ce que son octroi de mer, il y aurait une difficulté à faire cohabiter la Martinique en qualité de RUP au sein de l’UE. Le cas de St Barth est significatif. En effet, dans le rapport du Sénateur Eric Doligé du 7 juillet 2009 (remarquable document passé inaperçu) (cf Site du Sénat), ayant pour titre : « Les DOM, défi pour la République, chance pour la France, 100 propositions pour fonder l'avenir » issu des travaux de la mission LARCHER, il est lucidement écrit : « Les recettes que représente l'octroi de mer pour les collectivités territoriales sont donc menacées par l'échéance du 1er juillet 2014, à laquelle cesse la dérogation accordée aujourd'hui en faveur de l'octroi de mer. » Plus de 1 milliards d’€ pour l’Outre Mer…sont en jeu !. Il ajoute plus loin : « En tout état de cause, il semble qu’il ne faille pas exagérer la menace d’un refus de l’Union européenne de proroger le régime de l’octroi de mer après 2014. » Cette incertitude est justifiée quel que soit le statut, art 73 ou art 74. Mais cette fragilité trouverait probablement un meilleur dénouement dans un statut qui garantit constitutionnellement des droits égaux pour les Collectivités Locales. La compensation des pertes budgétaires qui découleraient d’un statut qui conduirait à l’autonomie financière, sur la base d’éventuelles négociations…n’est, bien entendu pas acquise. Concernant les acquis sociaux, il est dit « le passage du statut de département et région d’outre-mer à celui de collectivité d’outre-mer n’impliquerait pas automatiquement et nécessairement la remise en cause des lois et droits sociaux bénéficiant aujourd’hui aux populations. »   l’Europe. et les COM En accord avec les dispositions de l’art 74 de la Constitution, la Polynésie Française et la Nouvelle Calédonie appliquent des discriminations poussées en matière sociales (pas de RMI, d’ASSEDIC, semaine des 39h…) et des libertés publique (restrictions imposées pour les résidents récents concernant l’accès aux emplois et au foncier). Ces territoires n’ont jamais connu de statut fondé sur l’identité législative. Sur ces matières, il y a un retard social évident ; il n’y a pas d’évolution connue. Ces territoires ont un statut de simples associés de l’UE, « PTOM, Pays et Territoire d’Outre Mer ») privés des politiques et subventions communautaires. Bien entendu, pour la Martinique il s’agirait de préserver les « acquis sociaux » et le « statut de RUP » comme l’ont demandé dans « l’appel du 5 octobre 2009 », 14 maires sur 34 que comptent la Martinique. Est-ce compatible avec un statut d’autonomie ou proche de l’autonomie ? Rappelons que Mayotte devenu DOM, sera intégrée à l’UE (RUP) d’ici deux ans.   CONCLUSION La relation de l’Outre Mer avec l’UE est complexe et bénéfique. Les liens sont anciens et se sont affermis aux fils des années. En 50 ans, l’UE a participé à tous les projets de développements de la Martinique, à toutes les politiques économiques. Cette vieille alliance serait-elle remise en cause par un changement statutaire ?. Comme l’élaboration d’une loi organique peut prendre plusieurs années (de négociations) c’est une hyphotèques qui doit être levée avant de fixer une réorientation politique de la Martinique. A l’affaiblissement des garanties constitutionnelles concernant les ressources budgétaires de la Martinique, pourrait s’ajouter une révision à la baisse des aides et acquis communautaires. (Aides de l’UE : 3,179 milliards d’euros pour la période 2007-2013, contre 2,885 milliards d’euros sur la période 2000-2006). Claude GELBRAS 1er janvier 2010
Posté le 7 janvier 2010 09:16 par Milo | Commentaires (0)

LA QUESTION DU LYCEE SCHOELCHER :

UN REVELATEUR DU COMPORTEMENT DE MONSIEUR ALFRED MARIE-JEANNE  par Karl PAOLO, 29/11/2009 Les vociférations qui ont émaillées la venue des jeunes du lycée  Schœlcher à la simple évocation du nom de Serge LETCHIMY ont mis au devant de la scène, un des aspects majeurs du comportement comme des pratiques d’Alfred MARIE-JEANNE que certains avaient sans doute oublié. Pourtant et contrairement à ce que certains journalistes ont prétendu, il ne s’agit pas d’une perte de contrôle qui aurait été provoquée lors d’un échange un peu vif avec d’autres interlocuteurs. Même dans ce cas, un élu, un « décideur », un responsable politique, l’exécutif d’une des deux principales assemblées locale, se doit de garder son self contrôle et de tenir, en toute circonstance, un langage et des propos exempts d’agressivité. Il ne s’agit pas davantage d’un brusque coup de fièvre qui aurait été provoqué par la question d’un professeur, dont le seul objet était de débloquer la situation : « Ne pourriez pas rencontrer Monsieur LETCHIMY pour débloquer la situation ? » Il s’agit d’un dérapage calculé, volontaire, destiné à impressionner son auditoire, à jouer des muscles comme le ferait un major de quartier devant une table de « serbi », dérapage d’une agressivité incroyable et totalement inqualifiable de la part d’un élu, qui, de surcroit, occupe les fonctions de président du conseil régional et de parlementaire. Il s’agit d’un dérapage tellement volontaire que son auteur le revendique devant ses troupes réunies le28 novembre au Robert en disant : « Un homme venu d’ailleurs, militant du PPM, m’a posé une question. MWEN VOYEW AILLE CHIE » Ce n’est pas la première fois qu’Alfred MARIE-JEANNE se livre à ce type d’outrances, on l’oublie trop facilement. Daniel ROBIN, conseiller régional de la liste des Progressistes et des démocrates a eu à subir, en pleine séance plénière, les sarcasmes et les vociférations du président de l’assemblée régionale, parce qu’il s’était permis d’émettre quelques critiques sur la politique suivie. N’est-ce pas là pourtant le rôle de l’opposition dans un pays démocratique ? Plus près de nous, Christiane DORLEANS, toujours de l’opposition, à l’occasion du décès de laquelle Alfred MARIE-JEANNE a cru devoir chanter les louanges, s’était heurtée au même comportement parce qu’elle réclamait d’être simplement informée sur la destination de fonds publics alloués, par la Région Martinique a des tiers, au titre de l’aide sociale. Chacun se souvient des hurlements du président de la collectivité qui, en pleine réunion, ont d’ailleurs tenu lieu de réponse. Mais revenons sur le dossier du lycée Schœlcher. Pour des raisons qui lui sont propres, le Conseil Régional a décidé  de reconstruire cet établissement et pour ce faire, a lancé  les études nécessaires. Il est proclamé  que le lycée Schœlcher est un établissement dangereux car ne respectant pas, et pour cause, les règles parasismiques d’aujourd’hui. Sans doute ! Mais c’est aussi le cas de bien d’autres établissements que la Région n’a nulle intention de reconstruire et notamment le lycée de Bellevue et le lycée Joseph Gaillard, celui là même qui doit accueillir les secondes à déplacer du lycée Schœlcher. L’option du renforcement des structures porteuses du lycée Schœlcher a-t-elle été sérieusement étudiée ? J’ai des doutes à ce propos ! En effet, lors d’un mouvement de grève des professeurs de l’établissement au début des années 2000, le président de la Région avait déjà indiqué qu’il était partisan de sa démolition. L’autre argument concerne l’accès des personnes à mobilité réduite qui est extrêmement difficile à concevoir et à réaliser dans un établissement construits sur plusieurs niveaux. Mais il n’est pas le seul : les deux autres lycées de Fort-de-France, Bellevue et Joseph Gaillard sont exactement dans la même situation. On peut se demander ce qui gène réellement dans ce dossier qui n’a rien de spécifique! En effet, à l’issue du séisme de 2007, d’autres établissements ont souffert, notamment le lycée professionnel Raymond NERIS, situé au Marin, et plusieurs bâtiments ont du être désaffectés sans qu’il ne soit question, à ce jour, 2 ans après, de reconstruction. Cela n’a pas été le cas du lycée Schœlcher !!! Alors, qu’en penser ? Ne serait-ce pas précisément parce que ce lycée Schœlcher porte ce nom qu’il est au centre d’une affaire dans laquelle la communauté éducative est prise en otage ? Le collège Ernest RENAN a été démoli sans entrainer de polémique ni de récriminations. Ne serait-ce pas parce que la majorité MIM-CNCP du conseil régional a tenté  de supprimer le nom de Schœlcher de frontispice de l’établissement pour lui donner celui d’Aimé CESAIRE que ce débat existe ? Chacun sait en effet que pour les « patriotes autoproclamés », Schœlcher n’est qu’un imposteur et que la fin de l’esclavage a été le fruit de la lutte des seuls esclaves !!!! D’ailleurs, ne prête-t-on pas à ce courant politique, partisan de l’article 74, le projet de vouloir débaptiser toutes les rues, les places, les édifices qui portent le nom de Schœlcher, jusqu’à la ville bien connue qui retrouverait son nom de Case-Navire !!! Belle victoire posthume pour Bisette !!!!! Démolir le Lycée Schœlcher pour le reconstruire ? Soit ! L’actuelle majorité du conseil régional en a le pouvoir. C’est d’ailleurs à ce titre qu’un concours d’architecture a été organisé et qu’un projet a été retenu, il y déjà plusieurs années. Cout de l’opération : 60 millions d’euros soit deux fois plus que le lycée ACAJOU II, deux fois plus que le lycée J. ZOBEL  qui, eux, sont des lycées industriels et dont les spécialités nécessitent des ateliers extrêmement vastes, disposant d’équipements spéciaux. Pour chacun de ces établissements, des mouvements de terrain d’environ 100 000m3 ont été nécessaires et leur construction, en 16 mois (au lieu de 7 ans comme pour le lycée de  Bellefontaine), a pesé sur leur cout ! Qu’est-ce donc qui justifie une opération de reconstruction du lycée Schœlcher estimée, au stade des études, à 60 millions d’euros, 400 millions de francs alors que tant d’autres lycées ne peuvent accueillir leurs élèves que dans des containeurs améliorés, que tant d’écoles primaires méritent des travaux que les communes n’ont évidemment pas les moyens de financer ? A combien en sera-t-on à l’issue des consultations des entreprises et en fin d’opération ? Telle que prévu initialement, l’une des contraintes qui pesait sur le projet de reconstruction du lycée Schœlcher est qu’il devait être réalisé en présence d’élèves. Il ne pouvait échapper au Conseil Régional que cette exigence ne pouvait que rendre cette opération particulièrement délicate. La perspective de déplacer l’ensemble de la communauté éducative dans un établissement de transit a-t-elle été sérieusement envisagée? Il semble bien que la Ville de Fort-de-France ait adressé à la Région plusieurs propositions de terrain mais aucune n’a été retenue. C’est donc au moment où le permis de construire est refusé par la Ville de Fort-de-France que la réduction de la population scolaire fréquentant le lycée Schœlcher est posée par le président du Conseil Régional, officiellement pour des raisons de sécurité, sans qu’on ne sache quels sont les bâtiments qui, pour ce motif, ne peuvent plus accueillir d’élèves. Et c’est pour protester contre ce qu’il faut bien qualifier de démantèlement que les élèves du Lycée Schœlcher sont venus, le 26 novembre dernier au Conseil Régional. Le refus de délivrer un permis de construire n’est quand même pas un drame. En pareil cas, le maitre d’ouvrage modifie son projet pour le rendre compatible avec les exigences fixées par les règles d’urbanisme. Il peut aussi tenter de plaider sa cause auprès des services chargés de l’étude du dossier de permis de construire et donc de le rencontrer. Que les services du Conseil Régional, assisté par ceux de la SODEM et par les concepteurs rencontrent les services d’urbanisme de la Ville de Fort-de-France parait bien être la moindre des choses. Que compte tenu de l’importance du projet, le président du Conseil Régional par ailleurs parlementaire rencontre le Maire de Fort-de-France, lui aussi parlementaire devrait relever d’une démarche sans enjeu particulier. C’est ce que le professeur de sciences économiques et sociales suggérait et c’est cette suggestion qui lui a valu ces mots : " Monsieur, je n'ai aucun ordre à recevoir de vous, mais aucun, Mais aucun... Aucun monsieur". " Je ne vous connais pas, je ne connais pas Letchimy, je vais traiter avec lui pour quoi faire?... Occupez vous de vos affaires! Drôle de conception dont témoigne Alfred MARIE-JEANNE ! Soit la Ville de Fort-de-France et son maire obéissent, le petit doigt sur la couture du pantalon et dans ce cas tout va bien, soit ils sont des ennemis et deviennent infréquentables. Elle marque la  volonté de ne pas traiter avec des partenaires, ce qui suppose la reconnaissance d’une certaine égalité et d’un comportement respectueux, mais avec des subordonnés à qui on donne des ordres. Telle semble être la conception que le MIM-CNCP depuis qu’ils dirigent la collectivité régionale. Le 28 novembre, devant ses troupes réunies au Robert, Alfred MARIE-JEANNE s’est félicité de cet éclat au motif que la question lui avait été posée par un homme « venu d’ailleurs », qui plus est selon lui militant PPM. Cette qualité  de militant PPM prêtée au professeur contre lequel le président du Conseil Régional a vociféré  est naturellement fausse. Mais quand cela serait, quel problème cela poserait-il ? Faut-il être encarté au MIM ou au CNCP pour venir à la Région ou poser une question sur un ton plus que courtois à son président ? Autre chose est qu’Alfred MARIE-JEANNE n’hésite pas à justifier son attitude par le fait que selon lui, ce professeur soit « venu d’ailleurs », formule elliptique qui rappelle la référence de Daniel MARIE-SAINTE à ceux qui débarquent en Martinique par Boeing entier et auquel nous devrions nos 25% de chômeurs. Disons-le nettement ! Il s’agit de propos racistes qui sont honteux de la part d’un homme assis sur les bancs de l’assemblée nationale française ! Quant au divorce sans pension alimentaire que le président du Conseil Régional entend prononcer contre le Maire de la Ville de Fort-de-France, cela relève du comportement puéril d’un personnage qui est persuadé être propriétaire du Conseil Régional et des fonds publics qui lui sont attribués, qui croit pouvoir tout régenter, tout contrôler et tout décider en lieu et place des Martiniquais. Que pensent les élus Martiniquais de ce comportement qui sont encore nombreux à soutenir officiellement le passage à l’article 74 et l’élection d’une assemblée unique à la proportionnelle intégrale ?  Que pensent les maires, traités par les 74zistes comme des élus de seconde zone, tout juste dignes de s’occuper des nids de poule et des ordures ménagères et imaginent-ils leur mairie être le théâtre d’une pareille situation ? Qu’en pensent les conseillers « cantonaux » à qui ont refuse la capacité de voir plus loin que le bout de leur nez, jugés incapables de prendre en compte l’intérêt général et appelés à disparaitre au profit des « Elus sans Electeurs Propres, ainsi les a nommé Edouard DELEPINE, et qui n’auront de compte à rendre qu’à la seule tête de liste. Que pense le RDM dont de nombreux responsables sont maires et conseillers généraux d’une alliance avec un personnage aussi imprévisible et encombrant qu’Alfred MARIE-JEANNE qui n’admet ni question, ni critique !    Avis de M. Gérard Dorwling-Carter d'Antilla : Voici un angle d'attaque répandu à l'encontre du Secrétaire général du MIM et du Président de la Collectivité régionale: Prendre en considération sa voix, son humeur, son ton, en bref le fonds plus que la forme. Pour ma part, connaissant bien le dossier, j'ai trouvé que la réaction d'Alfred Marie-Jeanne à ce qui n'était qu'une provocation d'un "ptit" prof qui a pris parti était juste. Elle était sincère, pas démagogique. C'est la réponse mielleuse et hypocrite d'un politicien professionnel qu'on aurait préféré. Les Martiniquais comprennent tout cela très bien. Le dossier justifie la réaction du Président Marie-Jeanne. Gdc
Posté le 27 décembre 2009 08:32 par Milo | Commentaires (0)

"Ils font du bruit, ils sentent..." analyse de GDC

Par Gérard Dorwling-Carter (Antilla)  Les déclarations de Claude Cayol qui en fait a dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas vont faire couler beaucoup d'encre et être surtout instrumentalisées dans le contexte de la consultation qui commence à crisper les gens. Les propos ne sont pas élégants, les mots pas du tout choisis. Mais n'oublions pas que Claude Cayol a enseigné pendant des années et il a vu la montée en puissance de l'affectation de ces profs post soixante-huitards dans un premier temps, puis de cette nouvelle génération qui n'exprime pas les canons et critères éducationnels que nous avons connus. C'est peut-être ce que Claude a voulu exprimer, c'est un nationaliste qui voit foutre le camp son pays et qui a choisi de shooter dans le nid de crabes qu'est devenu ce pays. Il a un niveau suffisant pour dire la même chose differemment. C'est donc un choix pour éveiller les consciences. Y parviendra-t-il dans ce monde où la forme l'emporte sur le fonds. Gdc
Posté le 27 décembre 2009 08:21 par Milo | Commentaires (0)

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