A Fort de France et à Pointe à Pitre à l’appel du Collectif du 5 février(C5F) et du LKP des manifestations coordonnées sont prévues. Les deux collectifs qui se sont rencontrés au cours des semaines précédentes ont pratiquement décidé de manifester le même jour.
Le 11 septembre dernier le C5F avait déjà tenu un meeting à Fort de France, alors qu’en Guadeloupe LKP s’est donné les moyens d’une véritable campagne d’information en organisant une série de meetings sur l’ensemble du territoire national. LKP qui a aussi adressé une lettre ouverte à l’ensemble des maires du pays ainsi qu’à Mme Marie Luce Penchard..
La journée du 3 octobre risque donc d’être un test grandeur nature sur la suite d’un (nouveau) mouvement de protestation qui commence à prendre forme.Lire les documents que CCN publie.
1- Lettre ouverte du LKP aux maires de Guadeloupe Pointe à Pitre, le 11 septembre 2009
Objet : Demande de rendez-vous
Madame, Monsieur le maire,
Depuis le 20 janvier 2009, le peuple guadeloupéen, dans toutes ses composantes, a entamé un mouvement général pour lutter contre les pwofitasyon de toutes sortes qui prévalent dans notre pays.
Cette lutte s’est soldée par deux accords principaux :
l’Accord Interprofessionnel BINO, en date du 26 février 2009, accordant une augmentation de 200€ aux bas salaires,
l’Accord du 4 mars 2009 où 165 point ont été actés,
Si certaines revendications ont reçu une application immédiate, d’autres auraient dû faire l’objet de négociations ultérieures. En tout cas, le comité de suivi, prévu à l’article 165, aurait du débattre des difficultés d’application ou d’interprétation qui se posent.
Plutôt que cela, ces accords ne sont pas respectés, et pire, l’Etat principalement renie ses engagements.
Nous assistons à une véritable reprise en main et à une ré-installation de la pwofitasyon, malgré les rapports des Commissions Parlementaires et de la Haute Autorité de la Concurrence qui donnent raison au LKP sur les constats qu’il avait réalisés.
Vous comprendrez qu’une telle situation ne peut perdurer, nous ne l’acceptons pas.
Trop de fierté trop d’engagement, trop d’espoir se sont manifestés à l’occasion de ces 44 jours de mobilisation pour que nous puissions observer, sans mot dire, que les mêmes ré-installent leur « commerce » de la Pwofitasyon.
Nous souhaitons donc en discuter avec votre Conseil Municipal et sollicitons une audience en ce sens.
Nous pensons très sincèrement que les élus de proximité que vous êtes ne peuvent rester sans réaction face à ce mépris et ce non respect des engagements, négociés et signés après un mouvement de l’ampleur de celui que nous avons connu.
Tout comme nous, votre responsabilité d’élu et de responsable politique nous oblige à en débattre.
Kenbé fò
E.Domota
2- la Lettre à ML Penchard
Pointe-à-Pitre, le 29 Septembre 2009
Madame Marie-Luce PENCHARD
Secrétaire d’État Chargée des DOM
27, rue Oudinot
75007 PARIS 07
Objet :
Suivi des accords
Madame Le Ministre,
En application des dispositions de l’article 165 du Protocole d’Accord du 4 mars 2009, nous vous demandons de réunir dans les meilleurs délais la Commission de suivi et cela afin de faire le point sur les différents dossiers (carburant, produits de première nécessité, plan d’urgence pour la formation et l’insertion des jeunes, accord interprofessionnel, etc..). et programmer la poursuite des négociations, comme convenu avec votre prédécesseur.
Contrairement à la propagande gouvernementale en cours, il n’y a à ce jour aucune transparence dans la fixation du prix des carburants en Guadeloupe et prétendre le contraire reviendrait à ne pas dire la vérité aux Guadeloupéens, une fois de plus.
L’opacité demeure, et cela, en totale contradiction avec les engagements pris par le Gouvernement dans le protocole du 04 mars 2009 conclu avec le LKP.
La récente hausse et celles promises prouvent bien, pour ceux qui en doutaient, l’existence d’une collusion, et le mot est faible, évidente entre l’État et les Compagnies Pétrolières.
A toutes fins utiles, nous vous faisons parvenir un exemplaire des accords signés avec les différents acteurs concernés, afin que vous vous rendiez bien compte de la mesure des attentes des Guadeloupéens, au regard des engagements pris.
Il en est de même en ce qui concerne le contrôle des prix des biens importés, où les Services de l’État ont délibérément "cautionné", là encore le mot est faible, depuis toujours les abus ou plutôt le vol par les importateurs-distributeurs, se rendant ainsi complices éveillés et conscients de la Pwofitasyon.
L’Accord BINO sur les salaires est dénaturé et revu à la baisse par les Services de l’État. Nicolas SARKOZY n’a-t-il pas récemment dit que la parole donnée doit être honorée et la signature respectée autrement, il s’agit de malhonnêteté. Nous reprenons donc ses propos à notre compte.
Nous ne sommes pas dupes. Nou péké pwan dlo mousach pou lèt.
Aussi, conformément aux signatures apposées sur l’Accord du 04 Mars 2009 avec le LKP, nous exigeons le respect de tous les engagements pris.
Nous sollicitons une réunion de la Commission de suivi dans les meilleurs délais avec vous et en présence des deux exécutifs (Département et Région) signataires de l’Accord.
Recevez, Madame Le Ministre, nos salutations distinguées.
Elie DOMOTA
3- L’APPEL DE L’INTERYNDICALE :CFDT, CFTC, CGTG, CTU, FAEN-SNCL, FO, FSU, SGEP/SNEC, SNU, SPEG, SUD-PTT, UGTG, UNSA
TRAVAYE, AN NOU DOUBOUT ANSANM ANSANM
POU RACHÉ AN MEN A YO TOU SA NOU GANNYÉ !
Prèmyé gran sanblé : Sanmdi 3 òktòb
Depuis décembre 2008 la Guadeloupe est mobilisée avec LKP. Les pwofitan ont dû reculer face aux manifestations de masse, et surtout face à la grève générale qui a paralysé leur machine à profits.
Après mars, certains travailleurs ont continué la lutte, et d’autres sont rentrés en mouvement à leur tour. Leur détermination a payé : nombreux sont ceux qui ont obtenu satisfaction.
L’État français et les patrons nous expliquent que les travailleurs Guadeloupéens ne doivent plus se mobiliser, au risque de couler leur entreprise.
Manti a yo ! Partout dans le monde la crise économique précipite des millions de travailleurs dans le chômage et la misère.
Les exploiteurs nous font du chantage, comme si LKP était responsable de la crise mondiale. Nous ne devons pas tomber dans ce piège. En réalité, l’argent existe pour améliorer nos salaires et nos conditions de vie, mais nous devrons aller le chercher !
Le groupe TOTAL a fait 14 milliards d’euros de bénéfices en 2008. Ola yo pran-y ?
Dans la Pwofitasyon sur les prix des carburants qu’ils cherchent à rétablir. Mais aussi dans le pillage organisé dans des pays comme le Gabon et la Birmanie, grâce à l’appui de l’État français, qui est actionnaire. Et enfin dans la pression accrue sur les salariés du groupe, au mépris de leur vie : en France, les accidents du travail se multiplient dans cette entreprise.An nou kontinyé vansé si yo
Dans chaque entreprise et administration, nous devons nous organiser pour obtenir le respect du protocole signé le 4 mars 2009, et particulièrement :
Le respect et l’application de l’Accord BINO, soit 200 € net d’augmentation pour tous les bas salaires, sans conditions ;
La mise en place du Plan d’urgence pour l’Emploi, l’Insertion et la Formation Professionnelle des jeunes ;
Le respect des accords signés sur la baisse des prix ;
La titularisation des personnes en contrats aidés ;
L’arrêt immédiat de toute répression anti-syndicale ;
Le règlement de tous les conflits en cours (ASFO, Texaco La Boucan, Agents de sécurité au Pays de la Canne, Agents de sécurité de l’hippodrome, Club Med, Procidex) ;
La reprise des négociations sur les revendications du LKP.
Sur chaque site nous devons mettre en place des Liyannaj a pawòl et des assemblées générales, pour décider ensemble de nos actions. La manifestation du 3 Octobre est une première étape. D’autres mobilisations auront lieu dans les semaines qui viennent. NOUS DEVONS NOUS PRÉPARER !
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