Martinique : Analyses et Commentaires | L'après crise

Le retour du Chat...

Le retour du Chat... C'est bien la première branche de l'alternative qui vous est proposée comme en 2003, c'est à dire que le département et la région sont supprimés et remplacés par une collectivité à statut particulier dont on vous précise seulement qu'elle exerce les compétences dévolues au département et à la région. Il ne faut pas se leurrer, si on choisit la première alternative de l'article 73, c'est à dire qu'au lieu de conserver la région et le département en les faisant seulement administrer par une seule assemblée (cas de Paris qui est à la fois un département et une commune tous deux gérés par une assemblée unique dénommée Conseil de Paris), on supprime le département et la région pour choisir une collectivité à statut particulier c'est bien que l'on entend se situer hors du droit commun. Le fait de préciser que la nouvelle collectivité exerce les compétences dévolues au département et à la région n'a rien de rassurant puisque cela n'exclut ni les dérogations ni des compétences supplémentaires.   Anne-Marie Le Pourhiet - Décembre 2009 Professeur de droit public à l'Université Rennes 1 vice-présidente de Association française de droit constitutionnel
Posté le 12 janvier 2010 08:28 par Lys | Commentaires (0)

Carburants outre-mer: 44 millions ont été versés à la Sara

(©AFP / 10 décembre 2009 21h39) PARIS - Eric Woerth a annoncé jeudi à l'Assemblée nationale que les 44 millions d'euros prévus par un décret d'avance en juillet ont été versés le 7 décembre aux compagnies pétrolières des Antilles et de Guyane, dont la Sara, filiale de Total, pour compenser la baisse du prix des carburants qui leur a été imposée. Le ministre du budget, qui défendait le collectif budgétaire traditionnel de fin d'année pour 2009, a rappelé qu'outre-mer, "en ce moment, l'Etat subventionne pour aboutir au prix administré afin que le consommateur paie moins". Mais, a-t-il ajouté, "un retour progressif à la normale" est prévu avec le relèvement des prix administrés dans les DOM. L'Etat subventionne déjà moins depuis une première hausse en septembre, accompagnée d'une baisse des marges de la Sara et des grossistes, a fait valoir M. Woerth. Mercredi soir, à l'issue d'une longue discussion, les députés avaient repoussé un amendement du gouvernement qui prévoyait de transférer les 50 millions supplémentaires inscrits au budget de l'outre-mer pour ce motif à la mission "économie". Soulignant qu'il fallait en finir avec le monopole d'approvisionnement de la Sara dans les départements français d'Amérique, Charles de Courson (Nouveau Centre) a souligné la nécessité d'"ouvrir le marché", de "prévoir des caractéristiques de carburant vénézuélien ou américain et d'importer ce carburant au plus près", ce qui ferait baisser les prix. "Va-t-on continuer à payer pendant des années 50 ou 100 millions parce qu'on est victime d'un monopole?", a-t-il demandé. Jeudi, M. Woerth a dû s'engager devant les députés à ce qu'il n y ait "pas de (nouveau) décret de transfert" du ministère de l'outre-mer vers Bercy concernant la compensation qui va continuer à être versée pendant un certain temps aux pétroliers, "sans information préalable de la commission des finances" de l'Assemblée. "Je ne sais pas encore ce qu'il adviendra de ces 50 millions d'euros, et je ne peux pas préjuger non plus de la négociation menée actuellement avec les pétroliers", a-t-il avancé. Henri Emmanuelli (PS), ancien secrétaire d'Etat aux DOM-TOM, a retiré un amendement proposant de supprimer cette somme, après avoir relevé que "les leaders des puissants mouvements sociaux qui ont eu lieu vont constater qu'il y a de l'argent pour garantir les marges des pétroliers".   messageObj = new DHTML_modalMessage(); // We only create one object of this class messageObj.setShadowOffset(5); // Large shadow function displayStaticMessage(messageContent,cssClass) { messageObj.setHtmlContent(messageContent); messageObj.setSize(430,400); messageObj.setCssClassMessageBox(cssClass); messageObj.setSource(false); // no html source since we want to use a static message here. messageObj.setShadowDivVisible(false); // Disable shadow for these boxes messageObj.display(); } function closeMessage() { messageObj.close(); }
Posté le 10 décembre 2009 17:19 par Milo | Commentaires (0)

Sommes-nous à la croisée des chemins ou de notre histoire ?

Pierre DRELA France-Antilles Martinique 02.12.2009 Après la prise de position du président de la Région Martinique sur son éventuel retrait de la présidence en cas de défaite de l'article 74 le 10 janvier prochain, il est permis de penser que notre île n'est pas loin du chaos politique. Certains parlent de chantage qui aurait pour but de mettre l'électorat devant ses responsabilités. D'autres pensent que M. Marie-Jeanne envisage de se retirer purement et simplement de la scène politique comme l'a fait en son temps le général de Gaulle. Comment ne pas comprendre cet homme qui depuis des années milite pour l'indépendance se verrait refuser par le peuple une autonomie qui selon lui ne mettrait nullement en cause les acquis français et européens. Une fois de plus, la peur semble être la cause avancée par les pourfendeurs de l'article 74, malgré les assurances portées par le président de la République. Assurances qui apportent « de l'eau au moulin » des propos du président de la Région. Inutile de revenir ici sur ces avantages acquis connus de tous et qui constituent la responsabilité de l'Etat vis-à-vis des départements d'Outre-mer. Alors, pourquoi sommes-nous si frileux en refusant ce changement de statut qui apparemment faciliterait le fonctionnement des institutions dans notre petit pays par des décisions prises sur place. Les reniements constatés ici ou là alors que les plénières avaient obtenu un accord presque unanime jettent le discrédit sur la capacité de nos dirigeants politiques à conduire notre île vers plus de responsabilités. Si le peuple n'est pas prêt comme certains se plaisent à le répéter c'est qu'on ne se donne pas la peine ou on ne s'est pas donné la peine de le préparer en séparant le bon grain de l'ivraie. En fait, on ne veut pas se mettre à dos un peuple qui réclame de plus en plus d'aides sociales que de toute façon le statu quo ne leur garantit pas pour autant. Les partisans de l'article 73 aujourd'hui, ce sont ceux qui ne sont pas prêts pour convaincre le peuple ni à moyen ou long terme. Les débats ou interventions dans les médias ne sont ni regardés ni écoutés, le peuple n'étant pas concerné. C'est ce sentiment qui ressort des conversations avec l'homme de la rue. On peut se poser la question suivante : pourquoi l'article 74 fait tellement peur ? Il y a d'une part la personnalité de ceux qui l'ont demandé qui apparaissent aux yeux des opposants comme les bénéficiaires et d'autre part le récent discours du président de la République sur la réforme des collectivités locales. On y trouve l'assemblée unique au sein de l'article 73, plus sécurisant, mais laissant très peu d'initiative aux dirigeants des DOM. Où est la solution ? Faut-il croire pour autant que l'article 74 serait une panacée qui sortirait la Martinique de son marasme actuel ? Détenir plus de responsabilités ne donne pas automatiquement les moyens pour les assumer. Cela permettrait tout juste d'avoir une meilleure lisibilité dans le budget pour réaliser les projets envisagés. On aurait l'occasion peut-être de ne pas compter uniquement sur « l'assistanat » mais sur notre propre capacité à gérer nos affaires. Cela voudrait dire également qu'il faudra peut-être mettre la main à la poche un peu plus. Notre appartenance à l'ensemble français et européens nous a permis de nous hisser à un niveau de vie que nous envie notre environnement caribéen. Le résultat, c'est qu'il nous est difficile d'entretenir avec nos voisins des rapports d'égal à égal. Leurs produits nous envahissent alors que les nôtres sont trop chers pour eux. La Martinique dans la caraïbe est un pays riche même si tout le monde n'est pas logé à la même enseigne. D'où les mouvements sociaux qui paralysent nos entreprises. Les salariés qui participent à la richesse n'ont pas en retour le salaire qui leur est dû. La cherté de vie qui a nécessité le mouvement du 5 février 2009, ce sont eux qui l'a subissent, les indemnités c'est pour les autres. La seule fusion du conseil régional avec le conseil général ne résoudra aucun des problèmes posés si le comportement des martiniquais ne change pas. L'exemple du Comité martiniquais du tourisme est patent. En créant cet organisme unique on a cru à un essor du tourisme qui jusque-là était géré par le département et la Région. Il apparaît clairement que nous n'avons pas la fibre touristique malgré la bonne volonté des uns et des autres. Les hôtels ferment les uns après les autres et les bateaux de croisières préfèrent les îles voisines moins gourmandes en taxes et plus accueillantes les jours fériés où nos commerçants sont absents. Alors où est la solution ? « Si péi-a sé ta nou » , c'est nous qui devrons trancher. Le président de la République a dit « pas de statu quo » , nous sommes donc devant le choix : soit le 10 janvier 2010 une majorité se dégage pour l'article 74 vers une autonomie, soit nous voterons à nouveau le 24 janvier pour l'article 73 avec une assemblée unique.
Posté le 2 décembre 2009 15:35 par Milo | Commentaires (1)

Un chat reste un chat

Un chat reste un chat par Charles Savannah charles.savannah@gmail.com     Au moment où le Congrès vient d’opter pour l’article 74 et où les indépendantistes se frottent les mains, pensant pouvoir enfin accéder à l’Indépendance, il serait bon de rappeler quelques vérités.   La première de toutes est que le nationalisme est un fascisme.   L’histoire nous a montré combien les nationalistes et les fascistes adhèrent aux mêmes valeurs : racisme, travail, patrie, famille… Par un conflit de visibilité, les nationalistes martiniquais ont pu sembler occuper la première place du paysage politique de notre île. Les explications en sont multiples1 même s’il importe peu au fond d’expliquer un phénomène qu’il vaut mieux dénoncer et pointer du doigt dès qu’il apparaît.   Il est frappant de voir comment ce nationalisme se manifeste – et en quoi il se distingue d’une véritable lutte anticoloniale qui n’existe d’ailleurs plus au sens de celle des années 702… Alors que la lutte contre le colonialisme revendique le même respect et la même dignité pour les travailleurs martiniquais et métropolitains3, que si l’on revendique des spécificités, c’est dans le respect de la démocratie et de la loi républicaine, contre toute forme d’oppression, il est frappant de constater que le discours indépendantiste est avant tout un discours raciste – dans les années 2005 – certains ont tenté de réitérer la formule césairienne du « génocide par substitution », à propos de l’entrée en Martinique de quelques 20 professeurs titulaires métropolitains. Certains militants de la CSTM sont même intervenus avec haine et brutalité au rectorat, lors de l’accueil des nouveaux – antillais et métropolitains – tentant d’intimider les collègues français de l’hexagone, dont les conjoints de professeurs martiniquais. Cette haine – feinte parfois mais hélas trop souvent réelle – de l’autre et du blanc différencie radicalement les démocrates humanistes martiniquais des nationalistes indépendantistes qui camouflent leur fascisme derrière une pseudo défense des martiniquais.   Le fascisme martiniquais peut sembler déroutant au premier abord par son aplomb, sa capacité à affirmer des contrevérités.   Ainsi, dans l’histoire du « génocide » martiniquais précédemment évoqué, le discours tenu pour justifier le racisme des propos, reposait sur la « compétence » égale des contractuels martiniquais qui se retrouvaient sans postes du fait de l’entrée de ces titulaires métropolitains. C’était faire fi du fonctionnement national des mutations et de la gestion des postes ; c’était faire fi aussi de la conquête par le SNES d’un barème exceptionnel attribué, lors des mutations, aux originaires de la Martinique qui souhaitaient retourner travailler au pays. Simplement, dans ce système qui privilégie le niveau de diplôme et la réussite au concours, si les certifiés martiniquais de la France hexagonale ne reviennent pas au pays, ils laissent leurs postes aux autres. La question de fond consiste à savoir si nous voulons pour nos enfants des maîtres qui ont réussi aux concours de l’Education nationale (CAPES, CAPET, Agrégation) ou si l’on préfère s’en tenir à un tutorat effectué par des personnels contractuels, soit qui font leurs premières armes avec les élèves, soit qui enseignent depuis parfois 10 ans sans avoir réussi aux concours d’enseignement. Bien sûr, le diplôme n’est pas le gage absolu de la qualité du professeur, mais c’est un moyen de déterminer un certain nombre d’aptitudes et de connaissances. Contrairement aux indépendantistes qui clament comme Mme Léotin qu’il suffit d’avoir un bac + 1 ou + 2 pour enseigner en Martinique, les véritables démocrates, humanistes de surcroît s’émeuvent de la baisse du niveau de nos élèves et de la casse généralisée de la formation dès lors qu’elle tombe entre les mains de la Région. A ceux qui font semblant de considérer qu’il faut des concours locaux parce que nos jeunes étudiants n’ont aucune chance de réussir du fait de leur petit nombre au regard des autres français de France hexagonale, nous répondrons qu’il en a toujours été ainsi, et que sans doute par le passé, nous avions proportionnellement encore moins de bacheliers mais sans doute bien plus de grands hommes. Or, que disent nos jeunes ? Qu’ils ne veulent pas de diplôme au rabais mais qu’ils veulent des formations de haut niveau : qu’attendent ces prétendus représentants du peuple pour répondre à ces attentes ? On comprendra aisément qu’aucun enseignant digne de ce nom en Martinique ne puisse souscrire au discours indépendantiste du génocide par substitution, car le génocide, c’est celui que les indépendantistes tentent de faire subir à l’intelligence martiniquaise. Pour un démocrate, si les résultats de nos étudiants sont médiocres en matière de réussite aux concours d’enseignement, c’est bien sûr par le renforcement de leur degré de sélectivité du fait de la diminution drastique et régulière des postes, mais c’est aussi parce qu’ils sont mal formés : pour preuve les résultats brillants que les non titulaires obtiennent lorsqu’ils sont pris en charge par les IPR de leurs disciplines pour des formations à l’oral et à l’écrit des CAPES. Pour preuve encore les taux de réussite de l’IUFM Martinique – supérieurs parfois à la moyenne nationale - dans certaines disciplines lorsqu’on y met les moyens humains et matériels…. Mais développer l’intelligence est un crime pour des indépendantistes qui fondent leurs espérances de pouvoir sur l’ignorance et la pauvreté !   Dès que le discours du génocide par substitution fait un flop devant la réalité et sa dénonciation par les humanistes nombreux dans le monde enseignant, on fait intervenir la rumeur et un autre mythe : celui de la culture impossible du fait d’enseignants de France hexagonale. Pour soutenir l’impossible thèse, on va même chercher des professeurs des écoles martiniquais pour affirmer qu’il faut être vosgien pour enseigner dans les Vosges, sans comprendre ni ce qu’est un enseignement républicain, ni ce que sont un esprit et une culture. L’enseignement de Jules Ferry, tel qu’il est pratiqué encore pour quelques temps espérons-le, est un enseignement universel. Bien sûr l’universel peut partir de particularismes. Mais dès lors qu’il s’en tiendrait – comme le veulent les indépendantistes – aux seuls particularismes, il devient étouffoir de l’esprit, nombrilisme interdisant toute ouverture au Monde. Qui ne sait que nos idées sont issues à la fois de la culture instillée par l’école, par le milieu familial et ambiant, mais aussi par notre ouverture aux informations qui nous viennent du monde par les medias et nos voyages ? Qui imaginerait une seconde que la moindre réflexion philosophique soit fondée sur la seule pensée occidentale – en imaginant par ailleurs que cette pensée occidentale serait un monolithe – ? Quelle pauvreté de culture chez nos fascistes pour ignorer qu’à toutes les époques eurent lieu en Europe des combats d’idées ! A moins que comme Goebbels ou Göring auxquels on prête la haine de la culture4, ils ne sortent effectivement leur révolver dès qu’ils entendent parler de culture !   Peu importe de même à nos fascistes que leur rejet du blanc aient des conséquences détestables pour nos compatriotes de l’hexagone, en butte aux fascistes blancs encouragés par ceux qui prônent des Etats ethniquement épurés où chacun resterait chez soi....En effet, bien au contraire : plus on peut s’appuyer sur le rejet des noirs par les autres, plus on fait naître chez nos compatriotes l’idée d’un nécessaire repli sur soi. Mieux, plus les martiniquais sont médiocres, plus ils échouent aux portes des examens et des concours, plus ils fourniront une population haineuse de l’autre qui me renvoie une image subalterne de moi. En abêtissant la population, les indépendantistes renouent avec la situation sociale de l’esclavage : les maîtres et les exécutants.   Patrick Chamoiseau, interviewé sur RFO à l’édition de 19h du 27 décembre 2008 pour son dernier roman, a déclaré « Oui ! Il y a un macoutisme latent dans la société martiniquaise ». Il suffit de comprendre l’inquiétude de tous les hommes politiques français pour comprendre que cette menace n’est pas imaginaire. Mais il suffit aussi d’entendre nos hommes politiques indépendantistes s’adresser à leurs subordonnées pour le comprendre. L’autoritarisme dont font preuve ceux qui entendent mener la Martinique vers un destin « indépendant » est d’une brutalité sidérante : on ne connaît que la vocifération, et l’agression verbale. Curieusement même, ceux qui entendent « libérer » la Martinique de ses fers n’ont qu’invectives à l’égard des entreprises martiniquaises, incapables à leurs yeux de sérieux et de compétence. Comment dès lors peut-on faire confiance à des hommes qui loin de faire preuve d’humanité ne font que reproduire le comportement des petits maîtres dans les champs de canne ? Et ce sont eux qui parlent des autres en les qualifiant d’aliénés ? Ce sont eux qui prétendent donner des leçons de fraternité au monde ?   La seconde est qu’avant de demander d’autres pouvoirs, il faudrait pour le moins faire l’inventaire de ce qui a été fait, de ce qui est fait.   Il faut bien dire qu’entre le Conseil Général et le Conseil Régional, le débat ne se pose pas forcément de la même manière…En matière de construction, d’entretien des collèges, on peut sans conteste dire que le Conseil Général fait un travail largement au-dessus de celui de la Région Martinique qui non seulement n’est guère organisée pour s’occuper de l’entretien de ses établissements, mais qui, de surcroît, semble – si ce n’est dans le discours – se désintéresser pratiquement du scolaire. Et pourtant, si la Région – mais aussi le Conseil Général, même si les proportions sont moindres – entretient peu ses lycées, elle ne cherche absolument pas non plus à moderniser réellement l’enseignement, doter nos établissements des postes de personnels qui lui incombent, et veiller à ce que le second degré en Martinique fonctionne bien. A voir l’état du bâti des lycées professionnels, on peut aussi se dire qu’il n’est pas plus question d’un engagement de la Région dans des voies professionnelles. Côté IRAVM (Institut Régional des Arts Visuels de la Martinique) c’est aussi une faillite régionale, tout comme les centres de formation pour apprentis qui semblent avoir le plus grand mal à vivre et à former notre jeunesse. Pourtant, il suffirait de la volonté de faire et d’aller voir ailleurs ce qui se passe pour avancer. Il suffirait aussi de s’informer auprès des autres Régions pour savoir comment elles font…si on voulait réellement aboutir, ce dont on peut douter. On pourrait ainsi embaucher des gens compétents à l’extérieur pour les utiliser afin soit de faire le travail à faire correctement, soit de former nos propres cadres ou techniciens afin que nous soyons autonomes. Au lieu de cela, on préfère se « victimiser » et dénoncer l’invasion des autres quand l’autre peut être un tremplin pour nous. En sommes ce discours n’est rien d’autre qu’un discours qui vise à fermer le pays sur lui-même, par envie du pouvoir, mais aussi par complexe d’infériorité : je suis tellement persuadé que je suis moins bon que l’autre que je préfère éviter toute comparaison, toute compétition que je suis persuadé devoir perdre. Ceux qui sont en charge des collectivités, notamment de la Région, ne manque pas de culot puisqu’ils se glorifient de ce que la Martinique est reconnue par l’Europe… alors même que nos dossiers, mal montés, n’aboutissent pas pour les ¾… Quoi qu’il en soit, il faut bien dire que les caisses desdites collectivités sont vides. Est-il iconoclaste de demander ce qu’on a fait de l’argent ? Si certaines routes sont en relatif bon état, combien devraient être refaites de fond en comble et ne le seront jamais ? On commence tout juste à voir enfin se relever tous les pylônes inclinés par le cyclone… Quant à l’état du bâti scolaire, il est particulièrement délabré et le cyclone ainsi que le dernier séisme n’ont rien arrangé. Les factures s’allongent du fait de l’imprévoyance. Gérard Café au Marin est tout, sauf un établissement scolaire, le lycée Frantz Fanon est gravement endommagé – on remplace par des préfabriqués au fur et à mesure – le collège Dillon I est assiégé de préfabriqués, etc, etc… Mais le plus grave est qu’on a l’impression qu’il n’y a aucun programme à plus ou moins long terme. Alors que la crise sévit, alors que les Martiniquais souffrent des prix disproportionnés des produits alimentaires et du carburant, les collectivités semblent plus préoccupées par un problème idéologique, le changement de statut, avec le secret espoir de pouvoir conduire la Martinique à une pseudo indépendance. Alors que la Martinique s’enfonce dans la difficulté, rien n’est fait pour sortir le pays de son enfoncement lent. Partout ce ne sont que des luttes idéologiques menées par des hommes placés à des endroits stratégiques pour contrôler l’expression, imposer une pensée unique. Est-ce pourtant l’idéologie qui fera manger les Martiniquais ? Est-ce l’idéologie d’une île minuscule qui permettra de faire travailler nos compatriotes ? Est-ce l’idéologie qui nous permettra d’affronter l’avenir et la mondialisation ? Loin de toutes ces préoccupations, tout ce que l’on peut constater, c’est l’augmentation de l’octroi de mer, l’impôt le plus injuste avec la TVA. Et l’on dira que nos nationalistes sont des hommes de gauche, qui œuvrent à réduire la fracture sociale ? Il est temps de dire aux Martiniquais qu’avec des leaders en fin de vie politique, dont l’action se situe dans le passé, nous n’irons que dans le mur. Il est temps de renouveler une classe politique qui n’a cessé pour son ensemble de fuir ses responsabilités et de mettre des jeunes dont c’est l’avenir qui commence. Nous avons raté le virage des transports en commun, nous avons raté le virage du tourisme, nous avons raté le virage de la formation, nous avons raté le virage de l’économie. Et l’on entend se rattraper avec des pouvoirs accrus ? Plaisanterie ! Le plus étonnant est d’entendre les voix des pleureuses qui se lamentent parce qu’un ministre, face aux choix de l’assemblée unique d’un article 74 a rappelé que certaines subventions pourraient se tarir ? Coup bas murmurent certains ? Est-ce un coup bas de ne pas partager un point de vue et de le dire ? Est-ce un coup bas que d’informer la population de ce qui l’attend ? Cette population est-elle désireuse de se serrer la ceinture ? Est-elle désireuse de crever de faim ? Elle a hâte de vivre, elle a envie d’accéder au 21ème siècle comme les pays occidentaux développés : les luttes idéologiques ne sont peut-être pas terminées mais elles sont reléguées au second plan, derrière le sauve-qui-peut général. Enfin, comment ne pas dénoncer avec la plus grande vigueur les tentatives manifestes d’intimidations à l’égard de toute voix qui ne penserait pas comme les ténors de l’indépendance ? Comment ne pas dénoncer cette atteinte élémentaire à la liberté de vivre, de penser, et de s’exprimer ? Au nom de quel droit un individu prétend-il m’imposer ses choix ? A-t-il à ce point peur de perdre qu’il doive menacer tout opposant ? Comment dès lors ne pas se rendre compte que tout ce qui se passe est uniquement de l’ordre du verbal. Or, le verbal est de l’ordre du virtuel : c’est parce que les indépendantistes, les nationalistes et les fascistes de tout poil n’ont rien de concret et de tangible à proposer pour emporter l’opinion publique qu’ils s’appuient sur les relents de racisme, de xénophobie, le mensonge et l’attaque grossière. Il est cependant vrai qu’en face bien peu d’intellectuels osent élever la voix.     La troisième est d’avoir un programme qui puisse être fait d’autre chose que d’une perspective idéologique d’indépendance. Et c’est d’ailleurs bien pourquoi il importe de faire l’inventaire du passé. Le passé est creux. Et l’on a l’impression que parce que la vie de certains s’est arrêtée au milieu du gué qu’ils tentent de réécrire ce passé. La difficulté vient justement que pendant qu’ils étaient arrêtés au milieu du gué, la vie s’écoulait, le monde changeait et les enjeux se modifiaient. L’histoire ne se répète pas, certes, mais les conditions changent et parfois le passé nous aide à aborder le présent. L’enclavement de la Martinique, est un handicap dès lors qu’il nous faut voyager ou faire voyager des marchandises. Mais, en même temps, cet enclavement a protégé le pays d’évolutions aussi rapides que le reste du monde, ou même que la France hexagonale. Il nous faut donc jouer la carte du tourisme et de l’histoire, contrairement à ce qui a été fait : combien de touristes viennent pour découvrir Saint Pierre. Et qu’y a-t-il à voir ? Une église, une ruine de théâtre, un musée ridicule en terme d’espace et de proposition à l’imaginaire des visiteurs. Et puis c’est tout : Saint Pierre se meurt aujourd’hui dans ses ruines d’hier. Nos politiques auraient autrement été inspirés de visiter une ville comme Sarlat en Dordogne qui combine : une reconstruction à l’ancienne de toute la vieille ville un aménagement de cette reconstruction pour y vivre de manière moderne une utilisation judicieuse de quelques ruines – là où elles n’étaient d’aucune utilité, là où on ne pouvait rien reconstruire – mais qui permettent de mettre en valeur un jardin coquet tout en rappelant que nous sommes dans un temps fictif, reconstitution du passé. Une utilisation commerçante de cette situation pour favoriser les plongées dans l’irréel. Après tout, Saint Pierre pourrait – pour les besoins de l’histoire et du tourisme – redevenir la ville dont on nous a vanté la dimension festive par les représentations, le goût et la joie de la bourgeoisie, la richesse du mode de vie. Le touriste ne demande rien d’autre que d’être dépaysé, de découvrir l’ailleurs tout en se sentant servi comme un Prince. Après tout, qu’est-ce-que le Puy du Fou propose que nous ne pouvons faire à Saint Pierre ? Autre pôle, le pôle marin bien commencé au Marin avec la navigation de plaisance. Pour autant, cette navigation de plaisance contribue-t-elle suffisamment à faire vivre Le Marin ? A voir la disproportion entre l’étendue portuaire et la relative stagnation de la ville et des habitations, on se prend à vouloir autre chose pour cette ville. Et notamment, on s’interroge sur la synergie qui aurait pu exister entre Saint Anne et le Marin, voire le Vauclin pour la création d’un véritable pôle de tourisme du loisir. Au lieu de cela, nous avons au Carbet un parc aquatique, à Saint Anne des résidences touristiques, au Marin des bateaux, et sur la route de Rivière Salée vers les Trois Ilets, un début de parc d’attraction avec Château Gaillard. Cette explosion pourrait paraître bonne au premier abord, mais elle éparpille des ressources qui, regroupées, permettrait un renforcement des moyens et de l’attraction de zones. Que dire de la Pointe du Bout, lieu de tourisme intéressant mais minuscule dont on se demande s’il n’éloigne pas les touristes de la Capitale et ne les parquent pas dans une sorte de no man’s land séparé du bourg des Trois Ilets par l’étendue immense du golf. Est-il scandaleux de proposer de repenser l’architecture touristique de la Martinique en créant une colonne vertébrale et des synergies au lieu de tenter de laisser chaque commune travailler comme elle peut de son côté ? En réalité, cette pauvreté imaginative, cette pénurie de moyens vient manifestement à la fois des hommes qui nous dirigent et d’une impossibilité pour eux de sortir de schémas éculés. Qu’ont-ils fait de saillant depuis qu’ils sont au pouvoir ? Ont-ils même fait autre chose que gérer les affaires courantes…avec le bonheur d’ailleurs qu’on leur connaît ! Dès lors qu’il y a collusion entre les syndicats et les hommes politiques, faut-il s’étonner que rien n’avance dans ce pays ? En matière d’agriculture, la Région n’a rien trouvé de mieux, pour promouvoir l’agriculture martiniquaise que de développer les cantines – au passage en les privatisant et en les centralisant ! En utilisant les produits du terroir, cuisinés par les chefs martiniquais comme une grande cuisine, on aidera soi-disant l’agriculture martiniquaise ! Qui pourra le croire ? Une fois de plus la Région ne sait rien proposer d’autre que de financer ses copains…Quel homme d’Etat pourrait penser une seconde aider son élevage et son agriculture en fermant les frontières et en mettant à table tous les habitants : à chacun son igname quotidienne et sa vache. L’agriculture ne pourra fonctionner que si elle vend. Et que si elle vend à un prix convenable. Elle se portera encore mieux si elle exporte, et elle pourra prospérer si elle arrive à contrôler terre, marchés, matériels et engrais. Autrement dit, on ne peut parler économie agricole que si l’on se pose les vraies questions et qu’on trouve de vraies réponses : bien plus compliqué qu’une simple affaire de cantine….Tout ceci nous amène à l’aménagement du territoire. Ponctuellement un agriculteur peut vivre et même prospérer de ses terres. Il n’empêche que sa situation reste précaire du fait de l’étroitesse du marché. Qu’on le veuille ou non, l’île est petite. Or les seules réponses à la petitesse de la surface terrestre est la culture hors-sol. En prenons-nous le chemin ? Si la Martinique veut s’en sortir économiquement, il faut qu’elle fasse comme toutes les Régions neuves qui développent des technologies de pointe. Impérativement il faut qu’elle produise et exporte – produits et savoir-faire – . Il faut aussi que l’on s’interroge, en Martinique, sur toutes nos structures : nos hôpitaux doivent attirer malades et étudiants de toute l’Amérique et de la Caraïbe. Est-ce le cas ? Notre université doit être un fleuron en matière de recherche, de production, de réussite de ses étudiants ? Nous en sommes loin ! Qu’on prenne comme on veut le problème, on se rend compte que notre fonctionnement est coincé comme une voiture prise dans la boue. Nous développons des logements sociaux sans nous interroger sur les conséquences d’une voie qui nous conduit droit à la mer. Nous développons des exonérations qui loin de favoriser le commerce avec l’extérieur – en vendant à d’autres ce qu’on a fabriqué ou acheté ailleurs – se contentent d’enrichir les riches Martiniquais sur le fisc français, alors même qu’on prétend s’émanciper. Nous sommes en train d’exonérer des entreprises qui développeront des énergies dites « propres », mais qui se contentent d’acheter en Chine des chauffe-eau solaires qu’on nous revend en Martinique. Qui peut prétendre développer ainsi l’économie martiniquaise et les ambitions de nos entrepreneurs ?   La Région s’est révélée incapable de prendre à bras le corps le problème des différentes formations, selon les différents niveaux de formation, accentuant la difficulté pour les entreprises d’accéder à une main d’œuvre qualifiée. Elle s’est tout aussi révélée incapable de maintenir ses cerveaux ou ses techniciens supérieurs faute d’un niveau de salaire équivalent à la métropole.   Alors que nous vivons au centre des Océans, comment n’avons-nous pas développé d’usine de poissons, de fermes aquacoles, et d’exportation de produits de la mer ? Non, nous consommons. Tant mieux, mais, tout comme les Etats-Unis qui ont vécu pendant des décennies sur une ampoule virtuelle de spéculation et de déficit, nous vivons artificiellement sur la consommation et le crédit à la consommation…intérieure !   Enfin, c’est tout un système de corruption qui pointe son nez : cette consommation est condamnée parce qu’improductive. Mais elle survit parce qu’avec les fonds d’un Etat qu’on dénigre pour asseoir sa réélection, on distribue ce qui ne devrait pas nous appartenir dès lors que nous voudrions réussir dans notre Havane et sur notre Malecon la révolution castriste. On ne saurait en effet avoir le beurre et l’argent du beurre. Voitures de fonction, appartements de fonction, voyages en première classe, tout est bon pour ces hommes du réseau qui dès lors, compromis et achetés, soutiennent un régime qui est lesté par le déficit. Or, c’est le moment que notre fascisme choisit pour, dans un pseudo unanimisme, prendre ses distances avec la mère patrie. Avec quel argent assumerons-nous notre indépendance ?   Finalement, et c’est dans le droit fil de ce comportement que nous dénonçons, on prend les choses à l’envers : au lieu d’acquérir un savoir faire, de se placer en tête de toutes les Régions pour demander notre autonomie ou notre indépendance – parce que nous avons maîtrisé la conduite des affaires politiques et économiques – nous crachons sur la main qui nous nourrit en faisant semblant d’oublier que le pain qu’elle nous donne, nous sommes incapables de le produire par nous-mêmes. Et si le séisme majeur que tout le monde attend en Martinique ne venait pas des profondeurs marines mais d’une révolte du peuple ? Un peuple libéré de l’endormissement et de l’endoctrinement forcené de ceux qui ne veulent que le pouvoir…     La quatrième est d’ordre de la pensée et du pragmatisme : les dirigeants nationalistes sont des hommes du passé, qui plus est dont la vie témoigne d’un enfermement dans des structures qui n’évoluent pas. Le modèle auquel ils se réfèrent est celui de Castro, de Cuba. Or, malgré quelques irréductibles qui mettent en avant les progrès en matière d’alphabétisation et en matière médicale, voire en sécurité civile, plus personne ne crédite le modèle cubain d’un véritable progrès social. Et puis, si progrès il y a eu, ce fut par le point final mis au régime de Batista, lupanar des Etats-Unis...il y a maintenant plus de 50 ans ! On peut admettre l’idée que prendre en charge son destin est noble, mais pas pour tomber dans une dictature féroce qui a muselé toute démocratie et brisé toute liberté. A l’heure actuelle, Cuba a soif de liberté, de démocratie, et surtout l’île a besoin de sortir d’une pauvreté insupportable à ses habitants. Mais le pire est que nos dirigeants nationalistes martiniquais font semblant de croire que l’indépendance politique est la clé de la réussite. Le monde moderne est un monde sous l’emprise de l’argent et des lobbies. Des pays comme la France témoignent des difficultés à lutter contre les pouvoirs économiques qui prennent largement le pas sur les pouvoirs politiques. Le déroulement progressif de la lutte contre les OGM par les écologistes témoignent des difficultés réelles à imaginer un pouvoir politique imposant sa volonté à un pouvoir économique tout-puissant, dont le siège est partout et nulle part, et qui, de ce fait, échappe à l’Etat. Quant bien même on prétendrait nous donner une liberté par l’indépendance, cette liberté serait aussitôt compromise à la fois par l’absence de sens démocratique des nationalistes assoiffés de pouvoir, mais aussi par les convoitises extérieures et intérieures au pays des puissances de l’argent. Tout le monde sait qu’il ne saurait y avoir d’indépendance ou de large autonomie véritablement viable sans argent. Or l’expérience nous montre que le pouvoir de l’argent en Martinique n’est absolument pas disposé à faire les moindres concessions : il faut toujours plus d’argent pour conquérir le monde sur le dos des Martiniquais. Le renchérissement du coût des produits, la taxe sur les produits pétroliers, l’octroi de mer, les impôts fonciers et les taxes locales…tout disparaît comme happé par la gabegie ambiante qui devient évidente en période de récession ! Si ceux qui nous gouvernent avaient su gérer et non pas tenter de séduire, voire d’acheter leurs électeurs, nous aurions eu des routes dignes de ce nom, des zones urbaines éclairées et sûres, des édifices publics anti-sismiques, des services publics (hôpitaux et sapeurs pompiers) opérationnels quel que soit le cataclysme, et surtout un service de transports en commun digne d’un pays moderne – on n’ose dire libre de certaines de ses chaînes héritées du colonialisme ! - . On peut tourner les choses comme on le veut, mais pour un petit, un minuscule pays, qui ne produit rien et qui consomme essentiellement, dont 42% des actifs est constitué de fonctionnaires, l’indépendance ne signifie rien qu’un fantasme. Mais après le fantasme ? Il faudra bien se rattacher à quelque chose. A l’Europe ? à l’Amérique ? à la zone Caribéenne ? Tout le monde peut mesurer de visu combien nous sommes loin et de vouloir devenir comme Puerto Rico une succursale touristique américaine du nord, et de pouvoir commercer avec les Antilles anglaises qui, pour l’heure, nous envie notre niveau de richesse. En même temps, comment ne pas sentir qu’en acquérant notre indépendance, nous nous livrons pieds et poings liés aux idéologies ultra libérales que les nationalistes font mine de combattre ? Que nous nous livrons corps et âme au commerce le plus dégradant, celui qui soumet l’homme à l’argent, sans possibilité de redresser la tête, nous qui avons vilipendé les Indiens amenés en Martinique pour remplacer les esclaves ? Il est temps de faire tomber les masques et d’appeler un chat un chat. Un chat en sac, chat en sac. L’article 74 ou l’article 73 ne sont pas en cause, ce sont les arrière-pensées qu’ils camouflent qui sont en cause ! Les cheminements que certains croient victorieux d’une lutte qui n’a plus d’intérêt véritable, qu’ils ont ratée lorsqu’elle en avait un et qu’ils veulent remettre sur le tapis, alors même qu’elle est battue en brèche partout dans le monde sur l’autel de l’ultra libéralisme. Qui ne comprend que la force de l’ultra libéralisme, c’est l’émiettement des pouvoirs étatiques ? C’est la poussière d’Etats que même l’Europe sous sa forme actuelle contribue à secréter ! C’est enfin à l’intérieur même des Etats la dilution des pouvoirs aux Régions en faisant croire à ces entités qu’elles représentent une quelconque notion culturelle alors même que toute culture vole en éclat devant la poussée d’une mondialisation purement économique. Il en est de même dans la revendication culturelle martiniquaise. Avant tout, imaginer que nous sommes aliénés par la culture française dont nous sommes nourris est une bêtise. Cette culture française est celle que l’histoire nous a donnée, à nous, peuple métisse et hybride d’indiens, de chinois, de blancs et de noirs. Cette culture a permis à nos pères de se distinguer par la maîtrise d’une pensée portée au plus haut au cœur même de la nation française et du monde : l’exemple de Césaire est le plus vivant, mais combien d’autres avons-nous oubliés, nous qui prétendons hypocritement construire notre histoire. Si cette culture assimilée, digérée et retransposée a permis à nos pères d’être aussi grands, c’est qu’elle ne pouvait être un frein à notre développement. La seconde erreur de bien de nos compatriotes consiste à prêcher une culture martinico-martiniquaise, sans comprendre que notre culture – et c’est bien cela sa richesse ; encore faudrait-il réfléchir à la notion de richesse et à son intérêt … -  est  tout simplement. Elle n’est pas à construire. Elle se construit…et sans l’aide de personne ! Ne pas entendre ce discours, c’est abonder dans le même fascisme hexagonal qui refuse de comprendre la construction d’une culture française moderne. Refuser de comprendre ce fait initial c’est être soi-même aliéné au point de croire que l’homme se forge par des idéologies. Toute l’histoire du passé, pourtant, nous enseigne que l’idéologie tue l’homme. L’homme godille à travers ses erreurs mais il peut comprendre où il va. Sa difficulté majeure est justement d’infléchir sa route, collective. Car nous ne saurions imaginer continuer à nous penser seuls, îliens que nous sommes, en dehors des grandes routes des évolutions du monde. Vouloir définir des schémas dans lesquels faire entrer un homme martiniquais, qui en ressortirait tout formaté, est une négation de l’homme et de sa liberté. Faut-il pour autant refuser d’aborder le problème de la formation ? Est-il scandaleux de revendiquer que l’école forme les Martiniquais à découvrir leur culture ? Dès lors que l’on entendrait maîtriser l’enseignement, la question qui se pose est de deux ordres : quel enseignement ? et pour quelle finalité ? Quel enseignement ? est en effet une question brûlante. Aux tenants d’un enseignement axé sur la culture et la réalité caribéennes et martiniquaises, la vraie question est de savoir si une culture s’enseigne. Dans la mesure où l’on considère que l’enseignement véhicule une culture – et donc qu’une part de notre culture nous vient de notre enseignement, il faudrait encore déterminer ce qui devrait venir de l’école et ce qui devrait venir des familles et du milieu ambiant. Autre sujet de réflexion et peut-être de débat : quelle part de culture martiniquaise, quelle part de culture caribéenne, quelle part de culture française donner à l’enseignement ? Can, loin d’être anodine, cette question est politique, mais est systématiquement occultée sur le plan politique. Décider que notre culture est entièrement tournée sur la Martinique, les Antilles, la Caraïbe ; ou, au contraire, tournée entièrement ou partiellement sur la France, l’Europe ; ou tournée sur toute autre zone culturelle ; ne peut être qu’un choix politique, entériné en toute connaissance de cause par la population. Il faut donc dénoncer les manœuvres qui visent à incliner des choix politiques qui se camouflent pour tromper le peuple. Notamment, pour les indépendantistes, il va de soi qu’il faut rejeter toute culture française, il faut occulter tout le passé (en coupant la tête de la statue de Joséphine, en considérant qu’il faut débaptiser les écoles lorsqu’elles portent le nom de lieux-dits qui renvoient à des habitations et donc à l’esclavage), comme si tout ce passé ne constituait pas notre histoire, donc notre culture et, à fortiori, notre présent. Vouloir occulter ce qui a été est une plaisanterie qui témoigne de l’aliénation de ceux qui prétendent agir ainsi et qui, aveugles, tentent d’aliéner les autres à leurs idées. On comprend pourquoi certains tentent de promouvoir cette culture de la rupture, la culture de l’enfermement sur soi, du pseudo retour à nos racines africaines, en occultant tout le mélange qui s’est fait en Martinique et dans la Caraïbe : il s’agit d’isoler le peuple, comme en Haïti – au mieux comme à Cuba – pour mieux exercer un pouvoir tyrannique et sans partage. Pour tous ceux qui entonnent le discours de pseudo « humanités créoles », on peut au moins rappeler qu’en matière humaine, les évidences sont souvent fausses, tant sur le plan des perceptions sensorielles que des perceptions intellectuelles. La Terre est ronde contrairement aux apparences, et Freud a assez montré combien le psychisme a un rôle caché dans le comportement de l’homme. Imaginer enseigner les sciences et les lettres en créole risque de nous conduire à des déboires insoupçonnés. Sachons au moins garder ce que nous avons et poser nos problèmes de manière claire, honnête et prudente. Sachons aussi éviter les amalgames et faire comme si l’enseignement primaire, celui du secondaire et celui du supérieur n’étaient qu’une même et seule chaîne. Ils répondent en fait à des objectifs différents même si, à l’heure actuelle, aucun politique n’aborde le sujet ni en Martinique, ni en France de peur de se retrouver piégé juste après dans des affirmations qui ne tiendraient plus la route le lendemain. Si l’on ajoute à cela les mutations exercées par les changements de génération, celles qu’exercent les changements des sociétés qui nous environnent, l’accélération des déplacements des problèmes économiques, on comprend que parler des humanités créoles comme une réponse aux difficultés de notre jeunesse à l’école est là encore une vision faussée. Dès lors que l’école change en France et en Europe, qu’elle se privatise, pouvons-nous rester à l’écart de ces transformations ? Aurons-nous les moyens de lutter ne serait-ce que financièrement pour relever le défi d’une école publique martiniquaise, dont le but correspondrait à former l’ensemble des « petits Martiniquais » comme aiment tant à le dire les représentants des indépendantistes pour qu’ils puissent tous travailler au pays ? Et pour quel travail ? Pour quels niveaux de vie et de rémunération ?   En effet, subordonner toutes les activités de l’homme à la création d’un pseudo peuple est de l’ordre de la manipulation et du fantasme. Cela consiste à occulter ce qui est. Ce qui est, c’est une île et des gens qui vivent et s’orientent en fonction de ce qu’ils veulent. Parler d’autodétermination consiste à admettre – ou alors on trompe son monde – que nous vivons en démocratie et que nous faisons ce que nous voulons. Mais c’est aussi accepter d’avance les erreurs d’aiguillage. Est-ce ainsi qu’on nous présente les choix à faire ? Non, les choix sont indiqués comme le résultat d’un processus d’adhésion de tout un peuple. Mon œil ! Tout le monde comprend que le PPM, déjà du vivant de Camille Darsières avait refusé de suivre la voie de l’aventure parce qu’il savait que le peuple n’en voulait pas. C’était la sagesse. Le peuple martiniquais existe. Mais il n’est pas l’apanage des nationalistes. Mieux, il existe au quotidien sans qu’on ait besoin de définir pour lui une route pour le constituer : il n’est pas une statue qu’un artiste aurait sculptée dans le plus grand secret, et qu’on dévoilerait à tous. Il est simplement en marche comme il l’entend. Favoriser l’émergence de ses individualités, de ses voix, de ses désaccords, de ses diversités, c’est contribuer à sa richesse, à son épanouissement et lui permettre de prendre sa place dans le monde nouveau qui se constitue. Vouloir l’enfermer, le réduire à une pensée unique, c’est le mutiler pour en faire un peuple intellectuellement castré.   1 Il y a une histoire coloniale et une lutte anti-coloniale qui a permis une convergence apparente entre organisations politiques et syndicats de tous bords. Dès lors, l’ensemble des voix qui se sont exprimées l’a fait en dénonçant le colonialisme généralement au nom des droits de l’homme, et de la pauvreté. Pourtant, quel rapport peut-il réellement exister entre Césaire – adhérent au Parti Communiste martiniquais puis créant son Parti Progressiste Martiniquais et porteur de la souffrance de son peuple qu’il évoque de manière saisissante dans le Cahier sous la lèpre de Fort-de-France -, et un Marie-Jeanne, mulâtre dénommé à tort « Chabin », dont la carrière politique commence comme élu de droite ? Si Marie-Jeanne est un tribun, il n’a rien d’un « papa » Césaire, à l’écoute des braves gens et de tous ceux qui souffrent. Bien au contraire, on constate bien plus une idolâtrie qui vise à faire de Marie-Jeanne une sorte de Fidel Castro, statue vivante dont la parole serait à prendre comme la voix d’un prophète. Mais le plus fascinant est de voir aussi la mise en place de réseaux plaçant des relais fidèles aux points clés. Si la Martinique a des réseaux de type mafieux, c’est sans aucun doute du fait de la multiplicité des handicaps qu’un individu ordinaire rencontre dans notre île. Pourtant, on se demande si le réseau n’est pas maintenu pour justement permettre d’asseoir un patriarcat mafieux et obliger l’individu à se trouver un ou plusieurs « protecteurs ». Loin de voir le droit imposer un rapport d’égalité entre les individus, la persistance de cet ordre d’inféodalité, n’a d’autre but que de maintenir une soumission des individus à l’autorité, prolongeant la soumission des anciens esclaves à l’ordre du maître. 2 Marc Pulvar, le syndicaliste de la CSTM, décédé il y a un an – le 4 février 2008 - avait déclaré il y a déjà plusieurs années la mort des luttes coloniales des années 70….sans aucunement être écouté par les siens. Il faut dire qu’il cherchait à comprendre la monde pour y inscrire son action et non pas de faire comme certains, à l’affût du pouvoir, au prix de tous les mensonges pourvu que le peuple, maintenu dans l’ignorance et le sous-développement intellectuel, puisse y croire. 3 La lutte pour les 40% - que contestent les syndicalistes de la CSTM et de l’UGTM en les touchant mais en les taxant de prime coloniale – est la revendication d’une égalité de traitement entre les métropolitains et les martiniquais au sein de la fonction publique. Il est par contre notable de constater que cette prime constitue de l’argent qui irrigue l’économie martiniquaise qui, sans cette manne, serait encore plus en difficulté. 4 « Quand j’entends le mot culture, je sors mon révolver ». Cette citation serait en réalité sous une forme différente issue d’un personnage d'une pièce (Schlageter, 1933) de Hanns Johst, médiocre auteur national-socialiste. Paru sur http://www.madinin-art.net/socio_cul/charles_savannah_un_chat_est_un_chat.htm 
Posté le 1 novembre 2009 19:12 par Milo | Commentaires (0)

L’AUTONOMIE SE CONQUIERT !

Serge Letchimy L’AUTONOMIE SE CONQUIERT ! La  demande de report de la consultation des Martiniquais sur l’évolution institutionnelle  et de l’élection régionale par les deux présidents des collectivités de la Martinique, se solde par un échec. En effet, la réponse du Président de la République Française augure avec évidence des difficultés que nous  Martiniquais rencontrerons lors de la négociation de la loi organique dans le cadre d’un changement de régime politique fondé sur l’article 74. Cela, les Progressistes  s’en sont inquiétés dès la 1ère réunion du Congrès  le 18 décembre 2008. Après ce triste résultat, comment peut-on encore gloser sur le succès de cette démarche ! AUCUN report de consultation n’a été accordé sinon un déplacement de quelques jours après les vacances de Noël , et pendant la période du CarnavalLes élections régionales ont été MAINTENUES  à leur date initiale ! Ce résultat ne peut que renforcer les incertitudes et les peurs qui entourent le processus d’évolution demandé dans le cadre de l’article 74. La démonstration est ainsi faite : 1. Qu’en l’état actuel de la législation  et notamment de la Constitution, c’est l’Etat qui donne la cadence, qui fixe l’agenda, et qui décidera in fine du contenu de la loi organique qui nous sera appliquée,  et des moyens qui nous seront transférés. Ceci constitue pour nous un déni de démocratie. 2. Que le PPM a raison  de dire  que pour éviter toute dérive et échec, il est nécessaire d’instituer une phase d’expérimentation suffisamment longue ( 6 ans) d’exercice de pouvoirs élargis par une collectivité unique, ce qui est une nécessaire transition avant de passer au stade du changement définitif du régime politique. 3. Que le PPM a raison de demander une modification de la Constitution pour créer les conditions d’un choix éclairé du Peuple Martiniquais  pour un changement de statut. Le risque de désaveu  de l’évolution institutionnelle  proposée dans le cadre de l’article 74, le 17 janvier 2010, est tel, qu’il est d’ores et déjà anticipé par l’organisation  d’une 2ème consultation  le 24 janvier 2010, en vue de la création  d’une collectivité unique dans le cadre de l’article 73. Or, c’est justement ce que le PPM voulait éviter: le rejet du principe de l’Autonomie au travers d’un article  74 purement  idéologique ; un “article 74 sanction” pour le Peuple Martiniquais. La seule alternative  à l’échec annoncé,  serait une fusion mécanique des deux collectivités. Aujourd’hui, ceux, notamment les Indépendantistes, qui se réclament de l’Autonomie de l’article 74, par entêtement et dogmatisme ,construisent le lit du statu quo et du conservatisme. Ils se glorifient de ce que le Président de la République Française n’ait ouvert aucune possibilité à l’expérimentation, c’est-à-dire à un processus sérieux, prudent et responsable débouchant sur un changement fondamental. AU CONTRAIRE ! L’Autonomie permettant de conjuguer  l’égalité des droits et le droit à la différence est en marche : c’est ce que nous appelons la 3ème voie. Pour y parvenir, nous proposons un processus en 4 étapes. 1ère étape  L’obtention de la collectivité unique le 24 janvier 2010.Nous  invitons à voter :-NON  le 17 janvier 2010 à  l’article 74 tel que rédigé -OUI  le 24 janvier 2010 pour la création  de la collectivité unique 2ème étape Obtenir par le biais  de la loi organique régissant la collectivité unique,  le droit à l’expérimentation   et une habilitation pour légiférer  sur une période de 6 ans. 3ème  étape Négocier avec l’Etat la modification de la Constitution  pour un changement de statut, dans le respect de l’égalité des droits et le droit à la différence. 4ème étape Aboutir à une nouvelle consultation du Peuple Martiniquais pour le changement du régime politique de la Martinique, garantissant l’égalité des droits comme socle, et ouvrant des perspectives globales de  responsabilité et d’Autonomie locale. Les Progressistes et Démocrates  continuent le combat et sauront créer les conditions nécessaires à une véritable période de transition. Le PPM appelle à une initiative unitaire de toutes les forces démocratiques et progressistes Martiniquaises dans un: Mouvement pour l’Autonomie et le Progrès   dont l’objectif est d’obtenir, au sein de la République, une région autonome dans le respect de l’égalité des droits et du droit à la différence. Le Président du Parti Progressiste Martiniquais Serge LETCHIMY 11 octobre 2009
Posté le 12 octobre 2009 23:07 par Milo | Commentaires (1)

Autonomie ou assemblée unique : un choix tronqué et réducteur

11 octobre 2009 Hughes MAILLOT Autonomie ou assemblée unique : un choix tronqué et réducteur L’annonce, faite à l’agence de presse GHM le 8 octobre dernier par le Président de la République, d’organiser une consultation sur les institutions en Guyane et en Martinique est porteuse de nombreuses interrogations : pourquoi cette annonce avant le Conseil Interministériel prévu le 6 novembre ? Quelles sont les raisons qui la fondent ? Pourquoi organiser une consultation en deux temps avec deux questions différentes : oui ou non à l ‘article 74 de la constitution et si non, oui ou non à l’assemblée unique dans le cadre de l’article 73 ? Force est de constater que le Président de la République n’explique sa décision que par le refus du statu quo. Cependant, si chacun partage la nécessité de refuser le statu quo, les choix pour en sortir sont divers. Rien n’indique, notamment dans les synthèses des états généraux, qu’ils se réduisent aux alternatives proposées. Aussi, les consultations annoncées par le Président de la République s’apparentent moins à une prise en compte des attentes des ultra-marins de Guyane et de Martinique qu’à une volonté de l’Etat de faire valider ses propres choix pour l’ensemble des départements d’outre-mer : autant que possible tendre vers l’autonomie, sinon imposer partout une assemblée unique. Pourtant ces choix ne sont pas de nature à régler les problèmes rencontrés par les Départements d’outre-mer parce qu’ils n’autorisent pas un progrès dans la République. AUTANT QUE POSSIBLE TENDRE VERS L’AUTONOMIE SINON IMPOSER PARTOUT L’ASSEMBLEE UNIQUE. La forme de la consultation annoncée et les questions posées nous renseignent sur l’objectif recherché. Elle sera organisée en deux temps : - le 17 janvier 2010, consultation sur le choix ou non de l’autonomie dans le cadre de l’article 74 de la constitution, - le 24 janvier 2010, en cas de refus de l’autonomie, consultation sur le choix de l’assemblée unique dans le cadre de l’article 73 de la constitution. Au moins deux formes alternatives de questionnement auraient pu être proposées : - une consultation en un seul jour proposant directement le choix entre autonomie et assemblée unique, - une consultation en deux temps interrogeant les populations, dans un premier temps, sur leur volonté de sortir du droit commun institutionnel et, dans un second temps, sur le choix entre autonomie et assemblée unique. La première alternative aurait sans doute eu deux inconvénients : - celui d’être trop favorable à l’assemblée unique, les populations n’étant pas rassurées par le choix de l’autonomie, - celui d’exclure la possibilité de maintien du droit commun. La seconde alternative ne présente, à priori, aucun inconvénient puisqu’elle ouvrirait tout le champ des possibles : maintien du droit commun ou mise en place de réformes plus ou moins différentes du droit commun (l’assemblée unique ne relevant pas du droit commun institutionnel puisque pas encore décidée sur le plan national) en fonction de l’envie d’autonomie des populations consultées. L’analyse des deux alternatives à la consultation proposée démontre donc : - que si le Président de la République n’exclut pas le maintien du droit commun, ce dernier n’apparaît que comme le résultat d’un refus de l’autonomie et de l’assemblée unique et non comme un choix à part entière, Nicolas Sarkozy résumant d’ailleurs lui même le choix à « deux hypothèses qui ont leurs avantages et leurs inconvénients», - que le chef de l’Etat entend laisser toutes ses chances au choix de l’autonomie, en ne l’opposant pas frontalement à celui de l’assemblée unique. Implicitement, le message qui est passé à tous les Départements d’outre-mer est aussi que l’assemblée unique est la seule alternative à l’autonomie, ce modèle ayant d’ailleurs déjà été retenu dans le cadre de la départementalisation de Mayotte. Ainsi se dessine l’organisation institutionnelle future de l’Outre-mer Français : les territoires autonomes placés sous le régime de l’article 74 et les territoires à assemblée unique placés sous le régime de l’article 73. L’organisation institutionnelle ainsi pré définie est elle de nature à résoudre les problèmes rencontrés par les départements d’outre-mer et à répondre aux attentes de leurs populations ? Sur ce point aussi, force est de constater la faiblesse de l’argumentation avancée par le Président de la République et par tous ceux qui défendent un changement statutaire. Si personne ne nous explique en quoi ces changements seraient de nature à favoriser le développement économique et social des départements d’outre-mer, serait-ce parce que ce n’est pas l’objectif poursuivi ? Comme le rappelait, en juin dernier, le constitutionnaliste Guy Carcassonne, « les articles 73 et 74 sont des moyens, pas une fin ». Le choix institutionnel doit être fait en fonction du projet de développement poursuivi par les populations concernées. Le choix de développement répété a de nombreuses reprises par les populations des quatre DOM est celui de l’égalité dans la France. Il ne semble pas évident que les deux « hypothèses » proposées par Nicolas Sarkozy soient le moyen de l’atteindre. LES CHOIX STATUTAIRES PROPOSES N’AUTORISENT PAS UN PROGRES DANS LA REPUBLIQUE. Les problèmes de développement rencontrés par les Départements d’outre-mer sont liés à deux principaux facteurs : - l’enclavement et l’éloignement des grands centres de développement économique, - la structuration de la géographie politique du territoire héritée de l’époque coloniale. Si le processus de départementalisation a permis des progrès considérables, dans des délais extrêmement courts, il se heurte à deux types de handicaps structurels : - sur le plan économique et social, à la petite taille des marchés, à leur isolement dans des environnements régionaux directs très pauvres et au cout d’approche très élevé des centres de développement économiques plus riches et plus porteurs, - sur le plan politique, à un découpage municipal qui a pérennisé celui des anciennes plantations avec des communes trop grandes dont la conséquence est une représentation politique, en nombre de maires, quinze fois moins importante qu’en France hexagonale alors que les problèmes à traiter sont au moins trois fois plus importants, si on s’en tient uniquement au nombre de demandeurs d’emplois. Cette géographie politique a reproduit de véritables féodalités s’appuyant sur le clientélisme, limitant l’efficacité de l’action publique et la liberté d’initiative des citoyens. Les choix institutionnels proposés par le chef de l’Etat peuvent-ils permettre de surmonter ces handicaps ? Personne ne l’a démontré. Au contraire, ils risquent bien de les aggraver. Opter pour l’article 74 et l’autonomie, c’est considérer que « tenir compte des intérêts propres (article 74 alinéa 1)» du territoire est préférable à « l’application de plein droit (article 73 alinéa 1) » des lois et règlements pris sur le plan national. Cela signifie concrètement que les choix politiques qui seront faits pour la France ne s’appliqueront pas aux territoires concernés, que le développement économique et social de ces territoires sera désolidarisé du développement économique et social national et européen. Seuls les territoires ayant des richesses propres en quantité suffisante, comme la Nouvelle Calédonie et ses minerais, peuvent, sur le plan économique, avoir intérêt à un tel traitement séparé. Ce n’est le cas ni de la Martinique, ni de la Guyane et pas plus de La Réunion ou de la Guadeloupe. Le principal résultat prévisible d’une telle option sera de déconnecter encore davantage ces territoires de l’ensemble européen qui reste la première puissance économique mondiale, avec pour conséquence d’aggraver l’appauvrissement de la population. Opter pour l’assemblée unique permettrait sans doute de renforcer l’efficacité des politiques publiques décidées à l’échelle du territoire en garantissant la cohérence des décisions prises dans des secteurs d’intervention aujourd’hui partagés et en évitant les doublons. Cependant, elle ne permet pas de s’assurer de la qualité du débat démocratique qui doit précéder les décisions que cette assemblée devra prendre. Elle ne permet pas de renforcer la démocratie locale, la participation effective des populations et la capacité d’initiative des citoyens. Au contraire, elle concentre davantage la décision dans les mains de quelques uns avec un risque réel de renforcer la confiscation du pouvoir politique. Aussi, même si, le 8 octobre, le Président de la République déclare que « la Martinique et la Guyane sont françaises et le resteront » et qu’il « s’en porte garant ». Il apparaît clairement que les choix proposés ne feront pas progresser la Martinique et la Guyane dans la République. Surmonter les handicaps structurels des Départements d’outre-mer exige plus d’intégration à l’ensemble Français et Européen avec la mise en œuvre d’une véritable continuité territoriale, comprise au sens large comme le moyen de rapprocher les conditions de vie des habitants des DOM de celles de leurs compatriotes métropolitains et pas seulement comme un subventionnement du transport aérien. C’est cette continuité territoriale qui assurera l’égalité des droits et des chances avec nos compatriotes métropolitains dans la République, en somme l’égalité républicaine. Cependant, sa mise en œuvre nécessite une autre vision de l’Outre-mer et de la jeunesse de sa population qui doit être considérée comme une richesse de la France et non comme une charge pour l’Etat. Elle impose aussi d’avoir le courage de s’attaquer aux monopoles économiques et politiques et aux avantages acquis mais dépassés qui alimentent les inégalités sociales et les injustices au sein de ces territoires. Oui, comme le déclare le Président de la République, « le statut quo, outre-mer n’est pas souhaitable ». Pour beaucoup d’ultra-marins, il est même devenu insupportable. Mais les changements institutionnels ne sont pas le remède. Ils seront même pires que le mal. Le véritable remède, c’est d’avoir la volonté et le courage de traiter tous les citoyens à égalité dans la République. Hugues MAILLOT if (GetCookie('wordpressuser') == 'huguesmaillot') { document.write(' 11 octobre 2009 Publié Actualité | Lien permanent | Modifier '); } else { document.write(' 11 octobre 2009 Publié Actualité | Lien permanent | Alerter '); }
Posté le 12 octobre 2009 22:52 par Milo | Commentaires (2)

Vous avez dit crise ?

La Martinique, cette petite entreprise qui ne connaît pas la crise ! [Plus]
Posté le 25 septembre 2009 23:49 par Lys | Commentaires (0)

De grosses inquiétudes sur le vaccin H1N1

Après crise toujours crise [Plus]
Posté le 17 septembre 2009 06:35 par Lys | Commentaires (0)

La banane martiniquaise n’aurait pas provoqué d’épidémie de cancers

Publié par Rédaction le 2/09/09 dans la catégorie Santé. © Enviro2B.com - La culture intensive de la banane en Martinique a-t-elle provoquée une multiplication des cancers chez les martiniquais ? Selon les résultats d'une étude que vient de publier l'INVS, aucune épidémie de cancers ne serait à déplorer sur l'île des Antilles même si certaines cancers comme celui de la prostate posent question. Pendant plus de 20 ans, des pesticides organochlorés (POC), principalement la chlordécone, ont été utilisés en Martinique pour lutter contre le charançon du bananier. Cette utilisation massive de ces pesticides sur la santé des martiniquais les plus exposés fait l'objet depuis plusieurs années de nombreuses alertes sanitaires de certains associations, mais sans véritables fondements scientifiques. Les incertitudes scientifiques relatives aux conséquences sanitaires chez l’homme d’une exposition aux POC, entraîne en Martinique un questionnement médico-social de plus en plus pressant. C'est dans ce contexte qu'une étude d’incidence des cancers a été menée par le registre des cancers et la Cellule interrégionale d’épidémiologie (Cire) Antilles-Guyane. Les objectifs de cette étude visaient à étudier la distribution spatiale des cas de cancers pouvant être liés à une exposition à des pesticides, ainsi que l’existence éventuelle d’une association entre la distribution spatiale de ces cancers et une exposition potentielle de la population. L'INVS rappelle qu'en Martinique, le cancer constitue la deuxième cause de mortalité après les maladies cardio-vasculaires. Son incidence a augmenté de manière significative au cours de ces 10 dernières années. Les derniers résultats publiés révélant une augmentation très nette de l’incidence du cancer de la prostate, du sein, du côlon et du rectum. Si des facteurs comme l’augmentation de l’espérance de vie et l’évolution des pratiques diagnostiques (dosage des Prostatic Specific Antigen, mammographie et hémocult), ainsi que le mode de vie, jouent sans doute un rôle important dans cette évolution, d'autres facteurs peuvent cependant être légitimement recherchés. Grosse consommation de pesticides La Martinique se caractérise par un contexte environnemental particulier. Situées en zone tropicale, ses activités économiques sont largement dépendantes de la culture bananière : celle-ci est ainsi la première production agricole et le principal produit d‘exportation. Du fait des conditions climatiques, la culture de la banane est soumise à une forte pression parasitaire qui conduit à recourir à des quantités importantes d’agents phytosanitaires spécifiques. Elle constitue de fait l’une des activités agricoles les plus consommatrices de pesticides au monde. En 1980, l'INVS précise qu'un rapport de l’Institut national de recherche agronomique révélait, en Guadeloupe, une pollution des milieux (sols, végétaux et faune sauvage) par des POC tels que la chlordécone, le β-HCH et la dieldrine. D’autres rapports, concernant plus particulièrement la Guadeloupe, ont confirmé le potentiel de pollution des sols ou des cours d’eau, mais c’est en 1998 que le rapport Balland a conduit à une prise en compte véritable de la problématique des pesticides aux Antilles françaises. De nombreuses études épidémiologiques se sont intéressées au rôle des pesticides dans la genèse des cancers, mais peu d’études ont concerné les  effets de la chlordécone sur la santé humaine. La chlordécone traverse très facilement la barrière placentaire et la mobilisation des graisses qui se produit à cette occasion peut générer une exposition de l’embryon ou du foetus à des moments critiques du développement. Pas d'épidémie de cancers mais... Les résultats de cette étude suggèrent l’existence d’une association possible entre l’exposition professionnelle aux pesticides et le risque de survenue de myélome multiple (cancer hémopathique). L'INVS indique cependant que ce résultat nécessite d’être conforté par des explorations complémentaires, comme la collecte d'informations sur les victimes martiniquaises quant à leur histoire professionnelle et leurs conditions de vie. L'étude suggère que la surveillance épidémiologique de ce cancer, via le registre de la Martinique, soit renforcée par le recueil en routine, de manière prospective, d’informations complémentaires relatives à l’exposition à ces facteurs de risques connus ou suspectés de ce cancer. Selon les conclusions de cette étude, s'il n'est pas possible de conclure à l’absence de lien entre l’exposition aux POC et d’autres localisations cancéreuses, comme celle de la prostate par exemple, les résultats permettent de conclure à l’absence d’épidémie de cancers en rapport avec les pesticides organochlorés (POC) dont la chlordécone, comme cela a déjà pu être déclaré dans les médias. Pour l'INVS, si cette étude a pu "passer à côté" d’une association entre une exposition potentielle aux POC et d’autres cancers, les risques relatifs en cause sont sans doute suffisamment faibles pour qu’un phénomène de grande ampleur n’ait pas été détecté à partir de l’analyse des données du registre du cancer. L’étude Karu-prostate actuellement en cours en Guadeloupe devrait apporter des éléments de réponse quant à ce niveau d’incertitude, pour ce qui concerne le cancer de la prostate, affirme les conclusions de l'étude de l'institut.
Posté le 3 septembre 2009 08:12 par Milo | Commentaires (0)

Yan Monplaisir, seul au chevet d'ATV

L.M-M. France-Antilles Martinique 28.07.2009 L'actionnaire principal, incarné par Yan Monplaisir, se retrouve seul en lice pour décider de l'avenir d'ATV. L'avis du Conseil supérieur de l'audiovisuel est tombé la semaine dernière : aucune des deux offres de reprise d'Antilles télévision n'a été retenue. Une nouvelle inattendue, qui laisse l'actuel actionnaire seul à la barre pour tracer l'avenir de la chaîne locale. Pas d'autre voie de salut pour Antilles Télévision que celle du plan de continuation. Dans le cas contraire, il ne restera que l'option de la liquidation pure et simple. C'est ce qu'a décidé le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), en rejetant la semaine dernière les deux offres des repreneurs potentiels. Le projet de la SAS HRTV, porté par Jean-Claude Asselin de Beauville, n'a même pas été étudié, apprend-on de source proche du dossier. Argument avancé : « la structure économique ne serait pas encore montée juridiquement » . Bien qu'il se refuse à tout commentaire, Jean-Claude Asselin de Beauville lâche toutefois : « Nous avions déjà déposé les fonds chez le notaire, et le CSA le savait. Nous attendions juste de savoir si nous étions choisis pour les injecter dans le capital. » Quant au projet de TraceTV-Outremer Telecom-Antenne Réunion, le plus abouti en terme de définition de ligne éditoriale, il ne correspondrait pas aux critères prévus par la loi sur l'audiovisuel de 1986... Si cette nouvelle ouvre le champ à toutes les interprétations économiques et politiques, une chose est sûre : l'actionnaire principal, incarné par Yan Monplaisir, se retrouve seul en lice pour décider de l'avenir d'ATV. À une condition toutefois, il faudra qu'il puisse présenter ce plan de continuation lors de la prochaine audience du tribunal de commerce, le 26 août prochain. Ce plan devra ensuite être validé par les créanciers, ainsi que par le tribunal. ATV pourrait trouver une autre issue en restructurant son capital et en intégrant de nouveaux partenaires. Associés qui seraient triés sur le volet par les actionnaires eux-mêmes. Une façon de garder la main sur les futures décisions à la tête de la chaîne.
Posté le 28 juillet 2009 09:15 par Milo | Commentaires (0)

ENTRAVE A LA CONCURRENCE EN OUTRE-MER

28/07/09 - AFP France Télécom écope d'une amende de 27,6 millions d'euros L'Autorité de la concurrence a infligé aujourd'hui une sanction de 27,6 millions d'euros à France Télécom pour «avoir entravé abusivement le développement de nouveaux opérateurs concurrents» dans les départements d'outre-mer entre 2001 et 2006. Il s'agit de la onzième amende pour l'opérateur, l'entreprise la plus fréquemment sanctionnée par le gendarme de la concurrence. Depuis 1994, il a versé 497,4 millions d'euros (avant appel), selon les calculs de l'AFP. L'Autorité avait été saisie en 2005 par Outremer Télécom et en 2006 par la société Mobius, qui contestaient les pratiques de l'opérateur historique français en matière de téléphonie fixe et d'internet dans les départements de la Réunion, la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane. Ces deux entreprises «ont retiré leur plainte en 2009, mais la procédure a suivi son cours», a précisé l'Autorité dans un communiqué. Selon l'Autorité, «France Télécom a utilisé sa position dominante résultant notamment de son ancien monopole pour s'octroyer, de manière déloyale, des avantages sur ses concurrents». Ces pratiques «ont eu pour effet de limiter le développement des opérateurs alternatifs dans les DOM qui n'ont pu atteindre une taille critique suffisante pour faire peser une contrainte concurrentielle sensible sur l'opérateur historique», a-t-elle estimé.
Posté le 28 juillet 2009 09:13 par Milo | Commentaires (0)

AGRICULTURE, A QUI PROFITE L’ARGENT DE L’EUROPE ?

  Par Lisa David     source : caribcreole1.com et www.montraykreyol.org jeudi 9 juillet 2009 Depuis le 30 avril, en vertu d’une décision de la Commission européenne, les Etats membres doivent publier, chaque année, la liste détaillée de tous les bénéficiaires des subventions agricoles au niveau national. Si de nombreux pays ont joué le jeu, la France a attendu la date limite fixée par le règlement communautaire pour les rendre publics. Dans le monde agricole français, on ne décolère pas, et les syndicats, pour la plupart, sont restés discrets pour ne pas en rajouter. La Coordination Rurale en France s’est distinguée en s’élevant contre cette transparence, craignant un piège pour les agriculteurs qui seraient considérés comme des assistés. Côté assistés, les gros agriculteurs martiniquais sont bien classés. Les journaux nationaux se sont indignés de constater que la Queen Elizabeth II, pauvre comme on sait, bénéficie des aides européennes avec plus de 5 millions d’euros. Le prince de Monaco, dont la famille est propriétaire d’un domaine de 773 ha, est aidé pour son soutien aux cultures « propres » avec 253 986 € (Le Parisien 28.05.09). Une bagatelle, comparée aux montants qu’empochent les planteurs békés sous les cocotiers. Gagner plus avec plusieurs sociétés Qui se cache derrière le nom d’une société ? Une même personne peut avoir des intérêts dans plusieurs exploitations agricoles sans que cela apparaisse. Nous avons voulu en savoir plus et chercher ce que la liste publiée sur Telepac ne dit pas. De surprise en surprise se découvre la générosité faite aux riches. Si seule Gardel en Guadeloupe figure dans le peloton de tête des plus gros bénéficiaires de la PAC dans les Départements d’Outre Mer avec 10 millions d’euros, suivie de l’habitation guadeloupéenne de Capesterre Belle Eau « Bois Debout », avec plus de 4 millions d’euros, c’est bien faute de savoir qui se cache derrière le nom des sociétés. En Martinique, avec ses sept millions de fonds européens, Jean-Michel Hayot fait partie de cette catégorie qualifiée d’« Agri-Millionnaires par Farmsubsidy.org une ONG qui s’est battue pour la transparence de l’utilisation de l’argent des contribuables. L’exploitation agricole « Petit Morne » au Lamentin a été bénéficiaire de la confortable somme de 3 859 391,42 € du Feaga (Fonds européen agricole de garantie) pour la période du 16 octobre 2007 au 15 octobre 2008. Mais ce n’est pas tout puisque cette habitation n’est qu’une de ses nombreuses propriétés. À 53 ans, ce planteur sait comment planter les bananes et récolter les subventions. Un vent de millions d’euros s’abat sur ses « cultures de fruits tropicaux et subtropicaux ». « Petite Grenade » obtient du Feaga, 1 079 297,75 euros. « Trianon », toujours au Lamentin, 1 305 234,08 € et sa voisine « Bochet » 1 144 190,04 €. Il y a aussi « Le Lareinty S.A » (90 807,38 €) présidée par Madame Hayot Jean-Michel (comme précisé par les documents d’immatriculation) avec « Monsieur » comme Directeur Général. Au total, plus de sept millions d’euros pour une année (7 478 921,07 €). Jean-Michel Hayot, ancien administrateur de la Sicabam (fondue dans Banamart), a de quoi regarder l’avenir et gérer sereinement sa dizaine d’entreprises, dont certaines tournées vers l’immobilier. La plaine du Lamentin, où pleuvent les subventions, risque bien de se transformer en montagne d’euros. Avec 871 726,85 € (Feaga et Feager), la « Sarl La Désirade » de Jacques Plissonneau Dusquesnes, créée en 2001, grimpe déjà vers la crête millionnaires. Un peu plus loin, Jean Simonet gagne aussi le pactole avec plus de 5 millions d’euros pour ses exploitations « Caféière » (3 518 133,60), « Rivière Lézarde » (1 178 685,46) à Saint Joseph et « Mag Do » (791 549,73) au François. Cette dernière n’est créée qu’en janvier 2005. Jean Simonet qui est aussi actionnaire de la SPM, (Société Productrice de Banane au Cameroun) peut avoir l’esprit tranquille pour conduire sa quinzaine d’entreprises. Du commerce de gros de parfumerie et de produits de beauté en passant par la fabrication de produits azotés et d’engrais, la location et location-bail de machines et équipements agricoles, ce jeune chef d’entreprises de 45 ans a l’avenir devant lui. Au palmarès des « Agri-Millionnaires », on retrouve un autre membre de la famille. Pour la « culture de fruits tropicaux et subtropicaux », l’exploitation d’Henri Simonet « Citefi » au François (dont les administrateurs sont Jean Simonet et son épouse), reçoit 1 155 122,62 d’euros. Mais ce que les réalisateurs du classement ne savent pas, c’est que le même planteur peut encore compter sur la généreuse PAC avec 901 274,04 € pour son habitation « Grance Trace » et 613 609,77 € pour « Saint Aroman » au François. Henri Simonet bénéficie au total de plus 2 millions et demi d’euros. Gilles De Reynal de Saint Michel, patron d’une trentaine d’entreprises en Martinique, Guadeloupe et Guyane dont les associés se comptent dans le monde très fermé des békés, remporte le gros lot. Lauréat du classement des fonds de la Pac pour l’exploitation agricole « Bagatelle » au Gros-Morne, avec 2 005 422,86 €, il ne pense pas qu’à la bagatelle. Il fait l’Europe cracher au bassin avec 427 500,22 € pour l’habitation « Perpigna » de Macouba, placée en plan de redressement par jugement du Tribunal Mixte de Commerce le 27 novembre 2008. La culture de la canne à sucre rapporte 54 007,54 € dans les caisses à l’habitation « Lapalun » à Rivière Salée. Des subventions qui ne semblent pas aider à la bonne santé des plantations de l’ancien patron de la Sicabam puisque « La Richard » à Trinité, qui bénéficie d’un versement de 1 709 206,25 € du Feaga, fait l’objet d’une procédure collective en date du 8 décembre 2008. Avec 645 568,38 € reçus pour l’habitation « Cheneaux » de Macouba, (placée en redressement judiciaire le 29.05.2007) le gérant du « Musée de l’ananas et des cultures d’antan » a bénéficié de près de 5 millions d’euros de la Politique Agricole Commune, pour la période du 16 octobre 2007 au 15 octobre 2008. En Martinique l’Europe ne protège pas des poisons Sous la plume de Patrice Louis, un journaliste qui sème son mépris sur les Martiniquais, on peut lire dans « Le Monde » (05.06.2009) qu’« En Martinique, l’Europe protège aussi du soleil. Les 438 abris d’attente des transports en commun de Fort-de-France et de ses environs ont été édifiés avec les fonds communautaires du Fonds européen de développement régional (Feder) à hauteur de 36 %. Les clients qui attendent leur bus s’en doutent d’autant moins que les indications qui l’attestent ont souvent été décollées. » Aurait-il osé écrire les mêmes mots pour son département français ? Manifestement il y a aussi quelque chose de décollé chez Patrice Louis. Sa curiosité peut-être.Sous les abris bus attendent beaucoup de chômeurs, de mères de famille licenciées, dont certaines ont trimé sous le soleil dans les plantations de cannes ou de bananes. Plantations alimentées au poison chlordécone et aux subventions. Dans ce même article pointant du doigt les ingrats abstentionnistes martiniquais, Frédéric De Reynal, président du principal groupement de planteurs Banamart, confie que « sans l’Europe, on parlerait de la banane au passé » et rappelle que « les producteurs antillais reçoivent 130 millions d’euros de Bruxelles. » Pour son « Eden » à Ajoupa Bouillon, Frédéric De Reynal a bénéficié de la main du Dieu Europe avec 837 014,14 €. De quoi suivre les conseils de Jean Crusol, (ancien député européen et départementaliste socialiste), qui déclare dans l’article de Monsieur Louis, au sujet des Martiniquais : « Ils devraient se réveiller tous les matins en disant « vive l’Europe », car l’aide porte sur des sommes considérables ». La famille De Reynal de Saint Michel peut en témoigner puisque l’exploitation agricole « Sud Est » au Lamentin, figure dans le classement des agri-millionnaires avec 1,083,643 €. Co-gérants Tanguy et Cyrille, du même nom. La « Sarl Union » de Cyrille De Reynal De Saint Michel encaisse 1 803 759,43 €. Henri De Reynal de Saint Michel remporte pour l’habitation « Gondeau » au Lamentin, le petit montant de 471 734,26 €, auquel viennent s’ajouter 435 661,32 € pour l’habitation « Rivière Monsieur » et 358 294,54 € « Ban-Union » à Sainte Marie. Avec plus d’un million des charités de la Pac, ce planteur devrait se remettre des malheurs d’ Agriconseil , le Groupement d’intérêt économique de Bois Rouge dont il était le président et qui après une liquidation judiciaire en janvier 2006, a été clôturé pour insuffisance d’actif par jugement du 16 janvier 2007. Administrateur d’Agriconseil, Axel Assier de Pompignan pour sa « culture de fruits tropicaux et subtropicaux » à l’habitation « Choisy » de Saint Joseph, encaisse 633 684,59 € pour la période du 16 octobre 2007 au 15 octobre 2008. « Choisy » a été placé en redressement judiciaire par décision de justice le 30 septembre 2008. On l’appelle Sigy. Avec son million (1 029 437,41), placée au palmarès des Agri-millionnaires, cette ’habitation du Vauclin, ne dit pas le nom de sa petite sœur « Château Paille ». Née en 2004, celle-ci se contente de 572 151,66 €. Ces deux exploitations sont gérées et co-gérée par Madame Rimbaud Elisa. Une agricultrice très tournée vers l’immobilier puisqu’on la retrouve à la tête de trois sociétés immobilières en France et en Martinique. Subvention ka descend la Capote Les subventions européennes coulent à Basse Pointe. Le Feaga déverse 1 520 174,85 € pour l’habitation « La Capote » de Bertrand Aubery. « Le Verger », immatriculé en 2002, lui vaut un classement parmi les Agri-Millionnaires avec 1 226 177 €. Mais le trésor ne s’arrête pas là. Le gérant de l’habitation « Gradis » à Basse-Pointe (1 287 446,03) peut écouter Jean Crusol et crier « Vive l’Europe » en se réveillant le matin. Son habitation « Moulin l’Etang » profite de 1 446 930,33 € et si pour son « activité de soutien aux cultures », sa société « Mecagri » se contente de 40 520,00 €, le « Jardin Clément », toujours à Basse-Pointe s’en tire avec 1 387 311,97 €. Ancien administrateur de l’usine Socomor (transformation de l’ananas) qui a fermé ses portes, suite à sa mise en liquidation judiciaire en janvier 2007, Bertrand Aubéry remporte le gros lot. Ce planteur de 57 ans règne sur quinzaine d’entreprises dont certaines, comme on le constate, bien arrosées par la Poltique agricole Commune. Joseph De Laguarigues de Meillac se rapproche du million avec 960 milles euros pour ses exploitations de Basse-Pointe . « Leyritz Senecourt » « culture de légumes ; maraîchage » 637 675,52 €. En 2001 il crée une EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée), « Leyritz Beranger » pour la « culture de melons, de racines et de tubercules ». C’est bien connu, les melons ne poussent pas bien dans le Nord et le tribunal de commerce place en 2005, cette entreprise en plan de continuation. En 2008, arrive du Feaga 322 956,34 €. « La banane de Guadeloupe et de Martinique, rien ne peut la battre » ! Décidément le slogan publicitaire de l’Union des Groupements de Producteurs de banane de Guadeloupe et de Martinique se vérifie. C’est la « culture de fruits tropicaux et subtropicaux » qui permet à Marie-Joseph Marraud Des Grottes d’entrer dans le top des agri-millionaires avec 1 169 527,84 €, pour l’habitation « Macouba Sarl ». A Saint-Pierre c’est banane au top. L’exploitation « Parnasse » de Serge Ernoult a eu du Feaga, un versement de 1 134 619,15 €. Toujours dans la ville d’art et d’histoire, Jean-Claude Marraud Des Grottes peut compter sur 1 000 328,77 € pour sa « Société Agricole Perinelle ». Dans la même famille, mais au Lamentin, Nicolas Marraud Des Grottres propriétaire de l’habitation « Socoban », immatriculée en 2004, ne touche qu’un petit 325 859,01 €. Des millions pour les Békés Depuis la colère soulevée dans le pays par les propos racistes d’Alain Huygues Despointes, tenus dans le reportage de Canal Plus, « Les derniers maîtres de la Martinique », le petit monde béké n’a eu de cesse de chercher à prouver qu’il n’est pas maître de l’économie. Difficile de trouver un non béké dans la longue liste des agri-millionaires des fonds de la Pac en Martinique. L’AMIV (Association interprofessionnelle de la viande, du bétail et du lait) fait exception avec 3 891 270,23 €. Les békés ne pourront plus faire croire que les assistés sont d’un seul coté des populations de Martinique ou Guadeloupe. Désormais les bénéficiaires des aides de la Pac s’étalent en même temps que les licenciements dans l’agriculture. « La route de la Banane » est semée de millions même si les exploitations agricoles martiniquaises sont caractérisées par leur superficie réduite. En 2006, la surface moyenne des exploitations est estimée à 7 ha et 74% d’entres elles ont moins de 5 hectares. Alain Huygues Despointes, héros du reportage « Les derniers maîtres de la Martinique » (Canal Plus), ne connaît pas que les « bons côtés » de l’esclavage qu’il nous servait en « caresse antillaise » ce soir du 6 février 2009. Il sait lui aussi profiter de la Pac qui se déchaîne pour le bien être des békés. Avec « Denel Confitures et Jus de fruits tropicaux », 369 057,96 € lui sont directement versés par le Fonds européen agricole de garantie (Feaga), auquel viennent s’ajouter 257 217,70 €, pour la « fabrication de lait liquide et de produits frais » de la SNYL (Société Nouvelle des yaourts Littée). Interrogé par « Le Parisien » Pierre Boulanger, chercheur au groupe d’économie mondiale de Sciences-po et qui conduit un programme de recherches sur la politique agricole commune, constate : « Des montants considérables sont versés dans les DOM (départements d’outre-mer). Au regard de l’actualité de ces derniers mois, il est opportun de se demander si ces sommes créent des emplois et sont redistribuées localement ou si elles ne bénéficient qu’à une minorité de riches familles de békés. » Dans une interview à « France Antilles » (6.02.09) qui devrait faire son entrée dans le Guiness des records de couillonades, le porte parole de la caste béké, Roger De Jaham (quoi qu’une certaine Mme Depaz expliquait récemment à Madiana, au micro du jeune David Dlys de « MartinikLité » qu’il ne la représente pas), explique sans rire qu’ « Aujourd’hui la majorité des békés est pauvre ... il y a des békés smicards. Il y a des békés au chômage. » On est rassuré il n’y a pas de békés qui font la manche ! Si Thierry Hayot n’obtient pour son Exploitation Agricole « Rivière La Manche » à Ducos, que l’obole de 775 760,00 €, ce n’est pas le cas pour d’autres Hayot comme on le verra plus loin. Millionnaire de la Pac, Jean-Jacques De Jaham remporte pour la « Bellesperance » (517 776,11 €) et pour une meilleure vue sur l’avenir, 865 591,14 € pour l’habitation « Bellevue Sainte Marie ». En faisant l’addition, Joseph Gouyer peut lui aussi entrer dans le cercle des agri-millionnaires avec 702 748,67 € du Feaga pour « Ban Hackaert » et 720 715,55 € pour son autre exploitation à Basse-Pointe, « Foma Hackaert ». L’Europe toujours généreuse verse à Alain Vivies 1 million et demi de subventions du Feaga pour ses habitations au François « Ti Fonds » (831 833,70 €) et « Fond Ban Sas » (728 915,89 €). À Trinité, l’« Exploitation de bananes du Galion » de Jean-Marie Le Guay, en fait un agri-millionaire avec 1 113 362,28 € pour la « culture de fruits tropicaux et subtropicaux ». Idem pour son voisin et associé dans l’immobilier, Georges Picot Eric, qui avec la « culture de fruits à pépins et à noyaux » des « Bananes du Malgré Tout » a un versement de 1 093 396,29 €. Au Lorrain l’habitation « Assier » de Marie-Josephe Genin a aussi son million (1 139 362,00 €). L’Europe aide plus propre En 1992, l’Europe avait décidé de baisser les prix agricoles et de verser aux agriculteurs des aides compensatoires pour préserver leur compétitivité. Désormais, la PAC n’a plus pour objectif d’encourager la production. Son objectif est de garantir une agriculture européenne compétitive, respectueuse de l’environnement, capable de maintenir la vitalité du monde rural et de répondre aux exigences des consommateurs en matière de bien-être animal, de qualité et de sécurité des denrées alimentaires. En matière de sécurité, les Antillais sont servis. Le Président de Banamart affirmait en janvier dernier dans le quotidien local « Il faut savoir que l’épandage aérien est la solution de traitement la moins polluante ! ». Ceci pour justifier une demande de dérogation après que les eurodéputés aient adopté une loi interdisant cette pratique pour limiter les risques d’expansion des pesticides dans les zones habitées. Concernant le chlordécone, on sait que sa molécule, très stable, peut rester présente dans les sols jusqu’à sept siècles et continuer à transiter vers les produits cultivés. Aux dernières nouvelles, nous apprenons que le chlordécone (qui a bénéficié de deux dérogations d’utilisation, après son interdiction en 1990), serait responsable de la baisse du nombre de spermatozoïdes. On ne sait pas tout puisque le récent rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), relève que la contamination potentielle des poissons et des crustacés a été oubliée dans le plan élaboré en 2008 pour limiter l’exposition de la population antillaise. Ne soyons pas mauvais joueurs, considérons que nous sommes déjà empoisonnés et qu’il faut oublier. Comme il faut oublier l’esclavage et toutes ces atrocités du passé. Laurent de Laguarrigue de Meillac connu pour avoir racheté le brevet de la molécule du Chlordécone, pour la revendre sous le nom de « Curlone », est aussi un agrimillionnaire de la Pac. Propriétaire de l’Habitation « Duhaumont au Marigot où pour la culture de fruits à pépins et à noyau » le paiment du Feaga est de 1 264 976,41 €, il figure dans le classement de Farmsubsidy.org pour son exploitation « Horti Fruits » du Marigot avec 1 211 677 €. Souhaitons qu’on ne découvre pas bientôt que le chlordécone a des effets sur la vue et l’ouie. « Je ne dis pas ce qu’il ne faut pas dire, je ne vois ce qu’il ne faut pas voir et je n’entends pas ce qu’il ne faut pas entendre » telle serait notre devise, pour le bonheur de tous ! En attendant l’Europe s’occupe du bonheur des gros planteurs pendant qu’en Martinique on constate qu’entre 2000 et 2007, la Surface Agricole Utilisée (SAU) est passée de 32 041 ha à 25 354 ha, soit une diminution de l’ordre de 20%. La Martinique perd 1000 hectares de terres agricoles par an. (Source chambre d’agriculture). Loi de défiscalisation aidant, l’immobilier a trouvé toute sa place. Et rare sont les planteurs qui n’ont pas, parmi leurs nombreuses entreprises, une Société Civile Immobilière (SCI). Rappelons pour mémoire que la loi Girardin permet de payer moins d’impôts en achetant un bien immobilier dans les DOM TOM, pour le louer. Les économies d’impôts servant à financer le bien, l’acheteur peut ainsi se constituer un patrimoine immobilier très facilement. Grandes fortunes et subventions Classée au 119e rang des plus grandes fortunes de France par le magazine « Challenges », la famille Hayot a vu la sienne passer de 300 millions d’euros en 2007 à 350 millions d’euros en 2008. Le groupe de Bernard Hayot remporte plus de 3 millions d’euros de fonds de la Pac. Pour la « culture de fruits à pépins et à noyaux de l’ Habitation Pécoul » 1 671 167,38 € et pour « Bamaryl » au Francois, où pousse la précieuse banane, 1 440 266,34 €. Un des associés de Bernard Hayot au sein du « GIE Rhum Agrimat », le neveu José, a de quoi être ivre de joie. L‘« Habitation Saint Etienne (HSE) » « production de boissons alcooliques distillées », ne lui rapporte que 807 407,56 €, mais la « Distillerie du Simon » , où il est directeur général et associé de son père Yves, reçoit 807 407,56 € du Feaga. Autre grand groupe à profiter des largesses de la Pac, celui de Jean-Pierre Cayard, classé 136e des plus grandes fortunes de France par le magazine « Challenges », numéro deux français des spiritueux. Pour les « Rhums Martiniquais Saint James » il gagne 1 129 445,81 € du Feaga et deux fois plus pour les « Sucreries et Rhumeries de Marie- Galante » (2 126 827,96 €). Le patron de la « Société des vins et spiritueux La Martiniquaise », est actionnaire de l’Usine sucrière du Gallion, par le biais de la Cofepp (Compagnie Financière Européenne de Prise de Participation). Si la distillerie de Rivière-Salée « Bellonie et Bourdillons Successeurs » (BBS) du groupe de Xavier Thieblin se contente de 989 437,62 €, il remporte le gros lot à la Réunion pour la « Sucrière de la Réunion » avec 25 millions d’euros qui le classe sur la liste des agri-millionnaires de l’ONG Farmsubsidy.org. Il faut ajouter 58 146,52 € obtenues pour les « Distilleries Agricoles de Sainte-Luce ». Presque gros mordants et petits mordants Quelques efforts restent à faire pour la « SCEA Mont Eole » de Thierry Plissonneau Duquesnes, avec ses 600 310,41 €(Feaga et Feager) ou l’exploitation agricole « Preville » de Daniel du même nom avec 689 071,31. Idem pour La « Vallée du Lorrain » de Robert Marcellin qui a eu du Feaga 817 377,90 € pour la culture de fruits à pépins et à noyaux au Marigot. Entre les aides du Feader et du Feaga, l’habitation « Belfort » de Mesdames Govindoorazoo, au Lamentin, remporte 862 712,14€. À Trinité, sainte Europe arrive, guidée par une « Belle Etoile », habitation d’Hugues De Reynal de Saint Michel, à qui revient la modeste somme de 372 381,75 €. L’Europe n’est pas généreuse pour tout le monde. Exemple, une agricultrice du Lamentin qui a reçu 130 euros, À peine de quoi rembourser ses frais de dossier ! EN GUADELOUPE En Guadeloupe, les gros bénéficiaires des aides européennes sont moins nombreux qu’en Martinique. Gardel arrive en tête du Palmarès des agri-millionnaires des DFA avec ses 10 millions d’euros. Suivent de nombreux gagnants avec des montants qui ne révèlent pas vraiment la réalité. Exemple à Capesterre Belle Eau où « Bois Debout » entre dans le classement avec plus de 4 millions d’euros (4 225 628,23 €). Mais l’administrateur Marc De Lacaze peut se réjouir de la générosité de l’Europe qui rapporte à ses exploitations plus de 6 millions d’euros (6 815 283,18 €). On peut s’étonner qu’une autre de ses exploitations, « Dumanoir » dont il est le gérant, obtienne du Feaga 1 003 577,27 € pour la période du 16 octobre 2007 au 15 octobre 2008. Par jugement du Tribunal de commerce du 23-08-2007, « Dumanoir » a été placée en liquidation judiciaire. La « Bananeraie Saint Julien » de Capesterre Belle-Eau avec ses 1 586 077,68 €, ne devrait pas connaître le même sort que « Choisy Monbello », ou la « Bananeraie Chabert », deux autres plantations de Marc De Lacaze, mises en liquidation judiciaire en juin et août 2007. Avec 3 340 289,74 € du Feaga, le PDG des Grands Moulins des Antilles (GMA), Charles Fribourg, peut regarder avec optimisme l’avenir de la meunerie de Baie Mahault. À quelques bras de mer, la SA des Sucreries et Rhumeries de Marie-Galante reçoit du Feaga 2 126 827,96 €. La « Société de distribution Philippe Mallenec » de Petit Bourg au titre des paiements directs aux agriculteurs du Feaga obtient, elle, 1 023 593,02 €. En Martinique comme en Guadeloupe, les largesses de la Politique Agricole Commune n’empêchent ni le rétrécissement des terres agricoles, ni les licenciements qui, depuis le cyclone Dean, se multiplient. Les subventions tombent en même temps que les bras des salariés qui, sous les abris d’attente des transports en commun, espèrent ne pas passer des journées dans les files du désespoir, au Pôle Emploi. source : caribcreole1.com
Posté le 21 juillet 2009 21:07 par Milo | Commentaires (0)

Interview de M. Alfred Marie-Jeanne sur l'article 74

Publié sur Interentreprises.com le 03/07/2009 - Les élus de la Martinique réunis en Congrès ont adopté le principe d’une assemblée unique régie par l’article 74 de la Constitution française. Dans ce cadre, vous demandez un certain nombre de compétences complémentaires. La première dans le domaine économique. Selon le texte débattu : “La Collectivité élabore et met en œuvre un plan de développement durable et solidaire, dans les domaines agricole, rural, industriel, touristique, artisanal, de l’aménagement du territoire, de la valorisation de la mer (pêche, aquaculture, plaisance, transport maritime, énergie marine, etc) et dans le numérique et dans l’énergie renouvelable. Cette compétence s’exprime à travers la mise en place d’outils de développement économique, en association avec les socioprofessionnels.” En quoi cette compétence nouvelle est différente de celle déjà exercée par le Conseil régional en matière d’économie ? Pour compléter les lois de décentralisation, qui en 1982 confiaient à la Région la compétence du développement économique, le gouvernement, en 2004, a souhaité faire avancer les possibilités d’action économique régionale. Il a confié à la Région « à titre expérimental et pour une durée de cinq ans »le soin d’élaborer un Schéma Régional de Développement économique Profitant de cette opportunité, la Collectivité Régionale, sortant délibérément du cadre, sur le contenu comme sur la durée, a réalisé un Schéma Martiniquais pour le Développement. Cette approche, se situant dans une perspective à moyen-long termes, et selon une logique globale intégrant à la fois la donne économique, sociale et environnementale, visait à renforcer l’efficacité et la cohérence des actions menées. Mais dans les faits, la loi du 13 août 2004 ne remettant pas en cause les compétences des différentes collectivités territoriales, la compétence développement économique reste éclatée, nuisant à la lisibilité et à l’efficacité d’ensemble. Aujourd’hui, il nous faut aller plus loin pour éviter les nombreux effets pervers constatés. Il s’agit d’envisager le développement dans tous ses aspects, de manière plus globale, plus cohérente, plus équilibrée. - Quels sont les éléments supplémentaires qui viendront s’y ajouter ? Cette démarche, globale et transversale, implique que nous ayons la main sur les leviers déterminants pour la mise en œuvre d’une véritable politique stratégique. - Au-delà de ce grand principe, quelles orientations sous-tendent l’octroi de cette nouvelle compétence : le projet et ses grands axes ? Vous le savez, une des orientations fortes des SMDE est la valorisation de notre patrimoine naturel, aujourd’hui insuffisamment exploité. Pour relever ce pari, il sera nécessaire de mobiliser des financements conséquents, dans un contexte financier contraint. La législation douanière doit être modifiée pour que les produits du sous-sol soient désormais considérés comme des produits martiniquais, et non plus comme le stipule le Code Minier actuel, comme « extraits du territoire français métropolitain ». De la même manière, il nous faut explorer le régime financier et fiscal pour réglementer et exercer le droit d’exploration et le droit d’exploitation des ressources naturelles du sol, du sous-sol, des eaux de la mer territoriale et de la Zone Economique Exclusive. Dans ce cadre, il nous faut avoir la possibilité de fixer les règles relatives à l’assiette, aux taux et aux modalités de recouvrement des redevances spécifiques qui seront être mises en œuvre. Cette dynamique devra nécessairement s’inscrire dans une démarche d’ouverture dans la Caraïbe et à l’international. Impérativement, une démarche de responsabilité accrue s’impose pour mettre en œuvre des politiques appropriées à la hauteur des perspectives à atteindre. Mais je veux rappeler que le développement économique se conçoit de manière transversale. Et que pour accompagner la mise en œuvre du SMDE qui met l’Homme et la Femme au cœur du développement, il nous faut maîtriser les politiques de l’éducation, la politique de l’emploi, la politique culturelle et sportive. De même pour mieux anticiper l’aménagement durable de notre Territoire, il nous faut également avoir la capacité de mettre en œuvre la politique de transport, la politique énergétique, la politique environnementale. Ces trois orientations qui fondent le triptyque du SMDE (autour de l’Homme, du patrimoine Naturel et du Territoire), doivent se concevoir sur la base de politiques mises en cohérence et régulées par une seule Autorité compétente. - Au regard de ce projet et de ces grands axes, quelle déclinaison imaginez-vous en matière de formation professionnelle ? Il a déjà été identifié dans le SMDE des grandes priorités tournées autour de la valorisation de notre patrimoine naturel. Je veux parler notamment des secteurs classiques (pêche, agriculture, tourisme) mais aussi innovants (métiers de l’environnement, biotechnologies, métiers de la mer, énergies renouvelables, génie de la construction, métiers de la connaissance…) Des Etudes Prospectives sont en cours pour mieux affiner, pour chaque thématique, le degré d’opportunité et les compétences requises. Cela dépasse bien évidemment le champ de la formation professionnelle, et englobe tous les niveaux de qualification, de la formation primaire à la formation supérieure. - Ce texte évoque la mise en place d’outils de développement économiques : lesquels ? Ces outils sont les clés pour entrer dans l’innovation et la technologie. Un Système d’Intelligence Economique, des Pôles d’Activités labellisés, des Plateformes de Recherche et d’Innovation, autant de dispositifs déjà conçus et initiés dans le cadre du SMDE et qu’il nous appartiendra de dynamiser chemin faisant. - Comment imaginez-vous l’association avec les représentants des socioprofessionnels ?   Un Comité de Suivi sera mis en place pour suivre l’évolution des actions à mettre en œuvre. Les socioprofessionnels auront leur mot à dire bien évidemment. - Concernant la troisième compétence : Transport et équipements. Je cite le texte débattu : “Ce domaine porte sur la gestion, l’entretien et l’extension des routes à l’exclusion des voies communales et des voies d’intérêt communautaire. La Collectivité est compétente en matière de délivrance des autorisations de transports intérieurs par voie terrestre, par voie maritime ou toute voie navigable de personnes et de marchandises. Il est créé sur le territoire de la Martinique un périmètre unique de transports terrestre et maritime. La Collectivité sera chargée d’organiser les transports terrestres et maritimes. La Collectivité est compétente pour la délivrance des droits de trafic et d’exploitation maritimes et aériens. Pour améliorer des liaisons aériennes et maritimes entre la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane, il sera créé un Fonds Interrégional de péréquation.” Question : En quoi cette nouvelle compétence changera la situation en cours aujourd’hui en Martinique pour le transport intérieur des marchandises et des personnes ? Actuellement la compétence transport est partagée par plusieurs collectivités. L’usager est ballotté aujourd’hui entre les Municipalités, compétentes sur chaque commune ; les Espaces Communautaires, sur leur territoire; le Conseil Général pour le transport interurbain, le Conseil Régional, pour le transport d’intérêt régional. Une seule Autorité responsable des transports permettra désormais un développement articulé, avec une tarification et des horaires harmonisés. - La création d’un périmètre unique de transport terrestre et maritime en Martinique ne fait-elle pas déjà l’objet d’une demande ? A ce jour la demande d’habilitation demandée par les deux collectivités régionale et départementale n’a toujours pas obtenue de réponse de la part du gouvernement. Vous pointez du doigt vous-mêmes les limites du système actuel. De plus, comme vous le savez, cette habilitation reste temporaire. Et donc inadapté. Notamment pour ceux qui réclament une lisibilité pour le moyen-long terme - Comment sera organisée cette nouvelle compétence : délivrance des droits et exploitation aussi bien pour le transport maritime, terrestre et aérien ? Le transport doit participer à l’accessibilité de et vers l’extérieur mais aussi à l’accessibilité interne. A ce titre, il doit être organisé autour d’opérateurs habilités par la Collectivité, et qui sur la base d’un schéma multimodal, global et cohérent devrait assurer, de manière optimale, la mobilité des uns et des autres - Concernant le transport aérien, le texte prévoit la création d’un Fonds Interrégional de péréquation entre la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane : quel est l’objectif de ce fonds ? Comment sera-t-il abondé ? Des contacts sont-ils pris avec les autres instances régionales à ce sujet ? Les dispositifs de mobilité existants sont de loin de correspondre aux vrais besoins. Nous souhaitons donc sur la base de ce qui est fait pour la Corse ou pour les Régions de Madère, Canaries et Açores, que soit mis en place un dispositif, permettant de manière systématique d’assurer la mobilité des Martiniquais, de manière équitable. Il devrait être conçu au mieux avec la Guadeloupe et la Guyane pour garantir les déplacements vers ces deux pays. Et au pire sur une base bilatérale avec le Gouvernement Français. - Domaine de l’habitat et du logement. Cette nouvelle compétence revendiquée : qu’est-ce que cela change par rapport à la situation actuelle, notamment en matière de définition de la politique du logement et de l’habitat ? La possibilité d’adapter le code de l’habitat en fonction des réalités de notre territoire nous autorisera désormais à concevoir une politique d’habitat intégré qui prenne en compte non seulement les évolutions des modes de vie, mais surtout les caractéristiques climatiques et géologiques de notre pays : la faible dimension, le climat, l’exposition aux risques volcaniques, sismiques et cycloniques sont dorénavant les critères qui devront être systématiquement pris en compte dans une architecture qui intègre au mieux l’habitat dans son environnement. Mais la nouvelle politique devra surtout favoriser les solidarités et faciliter la diversité et la mixité sociale. - Dans le domaine social : En quoi cette nouvelle compétence changera la situation actuelle ? Pouvez-vous préciser ce qu’est le « plan de développement social » évoqué dans ce texte ? Aujourd’hui près de 15% de la population martiniquaise vivent en dessous du seuil de pauvreté, 22% des actifs sont en chômage, 11% des scolaires sortent du système éducatif en situation d’échec. Et nos ainés, compte tenu de l’évolution des modes de vie, profitent moins de la solidarité familiale. Nous ne pouvons résolument plus nous satisfaire de ces chiffres. Le chantier social est un des tout premiers que la Collectivité devra mettre en place. - Dans le domaine de la fiscalité : selon le texte, “ La Collectivité vote les impôts qui la concernent et définit les exonérations de charges fiscales” : en quoi est-ce différent par rapport à la situation actuelle ? La fiscalité est aujourd’hui mise en œuvre à des échelons différents par de multiples Collectivités, qui au nom du principe de la libre administration, interviennent sans concertation et sans vision globale, aboutissant parfois à des effets non escomptés. Il faut rappeler que par ailleurs, l’absence d’évaluation fait que l’on reconduit des schémas, sans bilan qualitatif ou quantitatif. Aujourd’hui, il s’agit d’engager une réflexion sur la dynamique d’autonomie fiscale qui garantisse une meilleure cohérence des outils mis en œuvre. Cette dynamique peut aboutir à une refonte complète du système actuel. - Quels impôts seront concernés ? La fiscalité est le levier indispensable de notre stratégie de développement Elle doit dynamiser l’investissement des entreprises par le biais d’allégements et d’exonérations fiscaux, et procurer dans le même temps les recettes nécessaires au financement des politiques publiques. Il faut admettre que les politiques mises en œuvre à ce jour sont globalement inefficientes, dans la mesure où le décollage économique n’est toujours pas au rendez-vous. Aussi, dans un contexte où le législateur européen s’est érigé en véritable autorité, il nous faut trouver l’espace, avec le Gouvernement, pour redéfinir l’organisation fiscale en confiant à la nouvelle Collectivité les leviers fiscaux garantissant potentiellement les ressources nécessaires à l’exercice des compétences sollicitées. Les exemples anciens (Nouvelle Calédonie) et plus récents (St Martin et St Barthélémy) montrent qu’il existe encore du champ pour une compétence globale en matière de fixation des règles applicables aux impôts, droits et taxes ainsi qu’au cadastre. Des conventions passées avec l’Etat détermineront les modalités et les conditions d’exercices des missions de définition des opérations d’assiette, de contrôle et de recouvrement des impôts. - Dans le domaine de l’emploi. La nouvelle collectivité souhaite pouvoir prendre des mesures favorisant l’emploi dans le secteur privé de personnes « justifiant d’une durée suffisante » de mariage, résidence, pacs, etc. : quelle est la durée suffisante ? N’y voyez pas de nationalisme exacerbé. Il s’agit de mobiliser l’ensemble de la population vers un objectif commun. Chacun doit faire corps pour constituer le Peuple Martiniquais. A l’instar de ce qui se fait dans les autres Collectivités régies par l’article 74, ce point sera défini par la Nouvelle Assemblée délibérante. - La nouvelle collectivité souhaite également fixer les conditions pour l’accès aux professions libérales : quelles sont-elles ? Les conditions d’accès aux professions libérales devront être en cohérence avec le Projet de la Martinique, et dans l’intérêt de la Martinique. - Cette nouvelle organisation contribuera-t-elle selon vous à fluidifier les processus et à renforcer l’attractivité du territoire Martinique pour des investisseurs étrangers ? L’investisseur devra participer à la mise en œuvre du Projet Martiniquais. Il devra donc se l’approprier. C’est le meilleur gage de son investissement financier mais surtout personnel.
Posté le 3 juillet 2009 18:20 par Milo | Commentaires (1)

Motion pour un consensus global pour l’accès à l’Autonomie.

 On donnait l'article 74 perdant et le statu quo grand vainqueur d'une consultation institutionnelle éventuelle à la Martinique. Le chef de l'Etat a parlé et laissé entendre que la solution dévoilée par le PPM au Congrès et présentée sous forme de motion est une solution à laquelle il a aussi pensé. Pour cette raison ce qui avait pu paraître anecdote risque de devenir enjeu sérieux. La fameuse motion... (Commentaire pris sur le site www.meetaw.com qui publie la motion : Congrès des élus du 18 juin 2009 Motion du PPM  Préambule L’évolution institutionnelle souhaitée par les élus du congrès contient deux objectifs liés à une même ambition : Donner aux martiniquais les moyens d’une maitrise de leur développement et de leur émancipation au travers d’un statut d’Autonomie au sein de la République Française. Deux phases importantes sont prévues   La création d’une collectivité unique. Le changement de régime politique (passant du statut d’identité législative (73) au statut de spécialité législative (74). Nous, Progressistes et Démocrates   pour l’émancipation du peuple martiniquais, 1°) Nous considérons que ces deux articles de la constitution (73 et 74) sont, en termes de choix, la dernière question à se poser. La première étant celle du projet à partager et à porter, la seconde, celle de l’instauration de modalités démocratiques et de moyens propres à cette nouvelle institution … 2°) Nous considérons que l’article 73 et l’article 74 contiennent autant d’avantages que de défauts. Cependant l’article 74 ouvre une perspective d’autonomie qui présente hélas le lourd handicap de :   remettre en cause le socle global du principe d’égalité acquis de haute lutte par nos aînés de rendre impossible la gouvernance de ce pays par le caractère tronqué des responsabilités transférées de comporter une absence de transversalité entre les compétences transférées et les compétences assumées. A l’ère de l’écologie du développement les politiques ne peuvent se dispenser d’une gouvernance globale et transversale. 3°) Nous considérons que pour opérer un changement de statut, le peuple doit être parfaitement informé ; ce qui n’est pas le cas en l’espèce. Le processus est hâtif donc antidémocratique et tend à bafouer le principe universel du droit à l’autodétermination, lequel passe par l’information totale, la conscience claire et l’implication réfléchie de tous. 4°) Nous considérons qu’il est légitime de s’inquiéter du principe qui nous sera appliqué, à savoir : « on vote avant et on négocie après» ? Ce marché de dupes risque d’être fatal à la démocratie et à la saine évolution de ce pays. En effet, la loi organique qui définira les liens entre la Martinique et la France, est votée par le Parlement après le vote du peuple Martiniquais : nul ne peut donc présager du contenu ultime de cette loi .   On met le « cabrouet » avant les bœufs. On accorde une prime au slogan dévastateur du « chat en sac », voire du « Pitbull anba la bay». 5°) Nous considérons qu’il faudrait plutôt : d’abord négocier, et faire entériner la négociation par une loi qui précède le vote, et donc consulter la population sur ce double engagement : celui de l’Etat et celui du Législateur. 6°) Nous considérons que le danger serait d’accéder à une autonomie sans pouvoir, une autonomie de dépendance, une autonomie de convention essentiellement formelle. A titre d’exemple dans le 74, il n’y a aucune possibilité d’être habilité dans des domaines de compétences gérés par l’Etat comme le social et le fiscal… Sérieusement ! Comment pourrait-on conduire une politique du développement sans interventions dans ces domaines ? C’est irréaliste, et cela notamment dans le domaine du logement, de l’habitat de l’écologie, de l’urbanisme, de la santé… 7°) Nous considérons que ce type d’autonomie présente l’inconvénient majeur d’une dépendance au bon vouloir d’un ministre ou d’un chef de service de l’Etat. C’est pour cela que nous privilégions une autonomie constitutionnelle, celle qui garantira le droit à l’égalité (conquête ancienne) au droit à la différence, donc à l’initiative, donc à l’intelligence endogène, donc à l’autonomie (conquête moderne). Il s’agit de respecter le peuple Martiniquais dans sa trajectoire historique vers un monde complexe, un monde d’interdépendances, un monde aux multiples enjeux planétaires, qui donne un autre sens et une autre signification aux idées d’autonomie et d’indépendance. 8°) Nous considérons qu’aller vers un changement de statut dans la précipitation et dans l’aveuglement ne ferait que nous précipiter dans un syndrome de risques divers :   Risque de remettre en cause la légitimité du processus d’émancipation de la LOOM Risque de dé-légitimation des élus locaux Risque d’être jugé de fossoyeur du combat légitime de Césaire pendant plus de 50 ans, celui du progrès dans l’autonomie et dans l’égalité Risque de discréditer définitivement toute démarche vers un régime d’émancipation dans ce pays. Risque d’un grave échec de la capacité de ce peuple à « s’auto autonomiser » 9°) Nous considérons qu’il nous faut prendre le pari de la négociation préalable afin de respecter au mieux cette double aspiration du peuple.   Egalité, oui ! Autonomie, oui ! Et qu’il nous faut poursuivre la lutte pour faire comprendre à la France qu’elle ne peut user sans contrepartie décente d’une richesse géostratégique dans le monde(97% des surfaces maritimes françaises se trouvent dans ses Outre-mer, soit 11millions de km2), en continuant d’ignorer notre contribution à son développement et à son expansion, et l’amener à accepter l’idée que la première des attitudes mutuelles à déployer dans nos rapports est celle du respect ! Et qu’en conséquence, elle ne peut maintenir des statuts toxiques fondés sur le principe élémentaire de l’assimilation ou du largage. 10°) Nous considérons que pour gagner la bataille de l’accès à l’Autonomie, il nous faut deux conditions : 1. un consensus large et responsable qui jugule la peur. 2. un processus qui ne craint ni le temps, ni le peuple.   NOUS PROPOSONS De faire bloc dans un consensus qui s’inscrit dans le temps, et qui se situe dans le cadre d’une démarche globale et d’un accord de peuple à peuple. Un accord de peuple à peuple, non pas échoué dans un choix alternatif, 73 ou 74, mais transporté par un processus. Un processus qui serait compatible avec les réalités politiques du moment et notre actuel niveau de conscience collective. Ce processus comporterait deux étapes :   Ainsi, c’est en pleine connaissance de cause que le peuple se prononcera sur les modalités de son émergence au monde. 1. - Une consultation immédiate du peuple visant à la mise en place d’une collectivité unique disposant de compétences élargies au titre d’uneexpérimentation par habilitation pour six ans. 2. – Une seconde consultation, au bout de cette période de six ans, destinée au changement de statut, sur la base des propositions concrètes que notre expérimentation nous aura permis d’élaborer.     Cette période de six ans sera une période d’expérimentation d’apprentissage et d’auto-institution des responsabilités nécessaires à une gouvernance globale, transversale et cohérente. Pendant cette période, notre réflexion active, éclairée par l’action, nous permettra une négociation profonde en vue du changement de statut, ce qui constituera une méthode imparable pour éviter tous les dangers et les incohérences d’une aventure mal préparée. Eviter l’échec qu’entraînerait un choix binaire et précipité entre deux articles imparfaits. Garantir la victoire de l’émancipation par la mise en place d’un sas d’expérimentation ouverte et de réflexion active. Garantir au peuple une haute qualité démocratique basée sur un consensus très large autour de l’idée d’un PROCESSUS DE RESPONSABILISATION. Enclencher sans attendre (mais sans risque) la responsabilité politique du développement au sein d’une République Unie Tels sont les objectifs de cette volonté de consensus global ! LA CHANCE DE LA MARTINIQUE PASSE PAR LA REFLEXION, L’INITIATIVE, L’AUDACE ET LE TRAVAIL DES MARTINIQUAIS !
Posté le 27 juin 2009 23:09 par Milo | Commentaires (0)

Quelle autonomie pour les Martiniquais ?

LEMONDE.FR | 26.06.09 Un nouveau référendum sur l'autonomie. C'est la principale promesse qu'est venue faire Nicolas Sarkozy aux Martiniquais, vendredi 26 juin. Et il leur a lui-même indiqué la voie : "Différents scénarios sont possibles et respectables : le statu quo, la création d'une collectivité unique dans le cadre de l'actuel article 73 [de la Constitution] ou le statut de l'autonomie de l'article 74." Concrètement, une autonomie minimale ou une autonomie élargie. La Martinique est à l'heure actuelle déjà régie par l'article 73 de la Constitution. C'est à la fois un département d'outre-mer (DOM) et une région d'outre-mer (ROM). A ce titre, elle dispose de deux assemblées d'élus sur le meme modèle que les conseil généraux et régionaux de métropole. Tout en restant régie par l'article 73, l'île pourrait décider de fusionner les deux collectivités. Cette option avait déjà fait l'objet d'un référendum en 2003 et avait alors été rejettée par 50,48 % des Martiniquais. Mais, toujours dans le respect de l'article 73, l'île pourrait également conserver le département et la région et décider de se doter d'une assemblée délibérante unique pour les deux collectivités. Quoi qu'il en soit, la voie de l'article 73 resterait celle de l'autonomie minimale. Il n'y aurait donc pas de bouleversement en termes de compétences. Les collectivités peuvent certes voter des règlements dans certains domaines, mais il faut d'abord qu'elles y aient été autorisées par la loi. Les lois votées en métropole continueraient à s'appliquer de plein droit en Martinique, sauf adaptation spécifique décidée par les députés. La voie de l'article 74 serait plus ambitieuse, puisqu'elle signifierait la fin de le Martinique comme DOM-ROM pour devenir une collectivité d'outre-mer (ex-TOM) sur le modèle de la Polynésie française ou de Saint-Pierre-et-Miquelon. En plus d'un référendum, il faudrait alors le vote d'une loi organique pour définir le statut de la nouvelle collectivité. Dans cette loi, une liste des domaines où la collectivité peut réglementer librement est alors définie. De même, seules les lois nationales de certains domaines, fixés à l'avance, s'appliquent automatiquement. Pour les autres, une mention explicite est nécessaire. Pour les deux statuts, un certain nombre de domaines, qualifiés de régaliens, restent dans les mains de l'Etat. Il s'agit par exemple de la nationalité, de l'organisation de la justice, de la politique étrangère ou de la défense. Jean-Baptiste Chastand
Posté le 27 juin 2009 22:58 par Milo | Commentaires (0)

N. Sarkozy consultera les Martiniquais sur l’autonomie

LEMONDE.FR | 27.06.09 FORT-DE-FRANCE, CORRESPONDANT Sortie par la porte en 2003, l'autonomie des Martiniquais est réapparue à la fenêtre, vendredi 26 juin, à l'initiative de Nicolas Sarkozy, au deuxième et dernier jour de sa visite aux Antilles. "Je vous annonce clairement que je consulterai les Martiniquais sur l'évolution institutionnelle de leur territoire, comme la Constitution m'y autorise", a lancé le président de la République dans le hall de l'aéroport de Fort-de-France après avoir baptisé les lieux du nom d'Aimé Césaire. Après la longue crise sociale de l'hiver qui a secoué la Guadeloupe et la Martinique, le chef de l'Etat a créé la surprise en proposant cette nouvelle consultation au département, dont les habitants devront choisir, à une date encore indéterminée, entre le statu quo, la création d'une collectivité unique associant la région et le département dans le cadre de l'actuel article 73 de la Constitution, ou le statut d'autonomie de l'article 74. DU GRAND ART Du neuf avec du vieux, mais du grand art : les élus de tous bords étaient présents vendredi matin – même ceux à qui il arrive de boycotter les réunions avec "la France". Et ils affichaient une mine réjouie. Pas seulement parce que M. Sarkozy avait distillé des mots suaves en parlant du poète Césaire, mais parce qu'il avait préparé avec soin cette annonce avec les élus, qui l'attendaient. Raison supplémentaire de cette satisfaction générale : le président a donné des gages à tout le monde. "Le débat dont nous parlons n'est pas celui de l'indépendance, a martelé le chef de l'Etat. (…) C'est celui du juste degré d'autonomie. (…) La Martinique est française et le restera, d'abord parce qu'elle le veut, et aussi parce que la France le souhaite." Puis il a conforté les plus pressés qui voudraient passer très vite à l'article 74, position adoptée lors du Congrès des élus le 18 juin. En même temps, il a laissé quelques espérances à ceux, qui comme Serge Letchimy, député et maire (PPM) de Fort-de-France, réclament deux étapes : "On pourrait imaginer, a détaillé M. Sarkozy, dans un premier temps, la création d'une collectivité unique de l'article 73, assortie d'un pouvoir normatif renforcé. Après plusieurs années, et à l'issue d'une évaluation du fonctionnement de cette collectivité unique, une seconde étape, vers plus d'autonomie, pourrait être engagée." Modeste, le successeur d'Aimé Césaire assure : "Je n'ai pas à être conforté. C'est au peuple de l'être ou pas." Ses adversaires ne sont pas moins satisfaits : "Le président a mis quelques points sur quelques “i”", déclare Alfred Marie-Jeanne, président indépendantiste du conseil régional et chantre désormais de l'autonomie à la sauce 74. "Il n'a pas zombifié l'article 74, il n'a pas fait peur aux gens." "Je n'en attendais pas plus", estime son allié, Claude Lise, président du Conseil général, en rupture avec le parti hérité d'Aimé Césaire. Reste à connaître l'opinion des Martiniquais. Beaucoup redoutent qu'il s'agisse d'un premier pas vers l'indépendance. Les élus, eux, sont convaincus qu'ils ont toutes les qualités nécessaires pour exercer davantage de pouvoir. Autre inconnue : la date à laquelle le référendum aura lieu. Ce sera l'objet de discussions entre l'Elysée et les élus. Les partisans du passage à l'article 74 souhaitent qu'il intervienne le plus tard possible afin de bien rôder leurs arguments auprès des électeurs. Ils proposent même que la consultation se tienne en lieu et place des élections régionales de mars 2010. Quoi qu'il en soit, la date de ce "référendum" devrait être connue au plus tard au mois d'octobre, au moment de conclure les Etats généraux de l'outre-mer. Rien de tel en Guadeloupe, où Nicolas Sarkozy est resté sept heures, évitant tout contact imprévu, protégé par un déploiement de forces de l'ordre inédit. Dans ce département où la rue a appartenu pendant 44 jours au collectif LKP, le chef de l'Etat est surtout venu conforter les élus qui ont subi, pendant le mouvement social, une perte de légitimité et de crédit considérable. Il les a d'ailleurs reçus d'emblée à huis clos, dès son arrivée à l'aéroport de Pointe-à-Pitre. Tutoyant tout le monde, usant des prénoms, le chef de l'Etat était certes dans son style habituel, mais il ne câlinait pas sans calcul. Il a même poursuivi ces démonstrations d'amitié en public, lors d'une séance de "restitution" des Etats généraux devant un peu plus de 1500 personnes, à Petit-Bourg. EFFET GARANTI "Victorin" par-ci, "Chère Lucette" par là : il désignait Victorin Lurel, président socialiste du conseil régional, ou l'inusable Lucette Michaux-Chevry (UMP), mère de la nouvelle secrétaire d'Etat à l'outre-mer. Effet garanti. La gauche se gonfle d'importance, la droite se rengorge, le public de Guadeloupéens (trié sur le volet) se sent flatté. Il a déjà oublié que le président l'a lui-même oublié pendant des semaines. D'ailleurs, ce dernier le jure à la tribune: "Il ne s'est pas passé un jour où je n'ai pas suivi ce qui se passait ici avec la plus grande attention." L'objectif est d'isoler le LKP et surtout son populaire porte-parole, Elie Domota, invité sans l'être. Le convier aux Etats généraux, boycottés par le LKP, signifiait clairement qu'il n'était pas attendu. "Comment dire qu'on aime la Guadeloupe et refuser d'en parler?", glisse alors M. Sarkozy. Le président éprouve une telle hâte de tourner cette page qu'il ne cite pas une fois le nom de son ancien secrétaire d'Etat, Yves Jégo. Mais il a pour lui, en creux, des paroles très dures. Il s'offre aussi le luxe de critiquer à plusieurs reprises son prédécesseur, Jacques Chirac. "Je veux tourner la page d'une économie tournée vers l'assistanat et la consommation", dit-il. Son discours se durcit encore lorsqu'il évoque à mots couverts l'invasion du congrès par le LKP le 7 mai : "Je serai très ferme sur les principes républicains. Je n'accepterai pas que sur le territoire de la République, on menace ouvertement des responsables publics ou que l'on constitue des groupes d'intimidation violents." Alors que le collectif se divise sur la participation, ou non, aux élections, le président insiste sur ce point délicat. "Que ceux qui ont un projet alternatif de société pour la Guadeloupe l'exposent! Qu'ils se présentent devant les électeurs, qui feront alors leur choix librement!" Interrogé par Le Monde, Elie Domota, qui n'était pas venu écouter le chef de l'Etat, ne s'énerve guère : "C'était prévu. L'essentiel est que Nicolas Sarkozy ait repris à son compte la dénonciation des inégalités et des discriminations que nous avons mis au jour." En Guadeloupe, le débat sur les institutions est loin d'être au centre des préoccupations. Béatrice Gurrey avec Patrice Louis  
Posté le 27 juin 2009 22:48 par Milo | Commentaires (0)

Discours de Serge Letchimy à Nicolas Sarkosy le 26 juin 2009

franceantilles.fr 26.06.2009 Monsieur le Président de la République, cher docteur Aliker ,Mr le ministre, Madame la ministre ,Mr le président de la région, Mr le président du département, mesdames et messieurs les élus, madame la député  Taubira, Monsieur le maire de Pointre à Pitre, Jacques Bangou, chers amis….   26 juin 1913. À Basse Pointe. Dans une famille de sept enfants. Le père est employé aux contributions indirectes, la mère est couturière. Autour de cette famille : la misère des champs de cannes à sucre, la malnutrition, les fièvres, l’exploitation et le racisme... Tous les maux qui caractérisent les colonies de cette époque.   Pourtant, c’est dans cette famille, et c’est dans cette obscure colonie, qu’apparaîtra celui qui allait devenir un des poètes les plus déterminants du vingtième siècle : Aimé Fernand David Césaire.   Une telle émergence demeure inexplicable. Elle relève de ces miracles qui surgissent du plus profond des déshumanisations, et qui donnent, à tous ceux qui se battent pour un monde meilleur, le courage d’espérer et la force d’entreprendre.   Seulement, tous les martiniquais le savent  –– et ce n’est pas le cher docteur Aliker qui me contredira –– ce que nous sommes en train de faire en ce moment n’aurait pas plu à celui dont l’anniversaire nous rassemble aujourd’hui. Aimé Césaire ne se contentait pas de ne pas aimer les hommages, il les détestait, et quand cela lui était possible, il s’en écartait résolument. Et donc, s’il est certain que son esprit flotte sur chaque arbre, chaque fleur, chaque grain de terre de ce pays, j’imagine qu’il a dû aujourd’hui s’éloigner de ce lieu, et qu’il doit en ce moment se tenir du côté de la presqu’île de la Caravelle, ou sur les flancs de la montagne Pelée où notre ancien député-maire aimait à marcher en silence.   C’est pourquoi M. le Président, souffrez que nous soyions respectueux de cette humilité qui fut la sienne, et que nous fassions en sorte que son esprit revienne ici, avec nous, parmi nous, et qu’il trouve dans cette cérémonie ce à quoi il avait toujours aspiré. Non pas la louange ou la célébration d’un homme, mais la louange et la célébration d’un combat, d’une conscience, et, pour tout dire, en ce qui nous concerne ici en Martinique, d’une exigence.   En nous battant pour que le nom d’Aimé Césaire devienne celui de notre aéroport, et donc en le plaçant comme étendard de notre pays sur toutes les cartes de navigation du monde, nous avons choisi de symboliser non seulement un combat, mais de nous imposer à nous-mêmes le rappel incessant d’un contrat. Et ce contrat que nous avons passé avec Césaire, avec son oeuvre, avec son engagement politique, et avec sa mémoire, est celui d’un plus de liberté, d’un plus de dignité, et en finale, pour tous les dominés tout autant que pour les dominants, d’un plus d’humanisation.  Je veux ici solennellement remercier ceux et celles qui ont permis que cette démarche de reconnaissance soit aujourd’hui une réalité : d’abord le grand docteur Aliker, les membres du dernier conseil municipal à l’origine de cette demande, les institutions locales, le peuple martiniquais. Je tiens aussi, monsieur le Président, à vous remercier pour votre implication personnelle – vous étiez à ce moment Ministre de l’Intérieur -- pour lever les obstacles d’une administration peu consciente de  l’importance de cet hommage du peuple martiniquais à un homme d’exception.  Nous avons voulu que ce nom devienne le trait d’union entre nous et le monde, pour souligner à quel point cet immense poète, chantre de la négritude peut être source d’inspiration d’une nouvelle humanité. Apôtre inégalé de la dignité de l’homme noir, Aimé Césaire a toujours eu la volonté de dépasser le présent, de conjurer le passé de douleur et de haine, et de transformer toute la ferveur disponible en grand levain d’une liberté qui serait offerte à tous. Dès lors, ses choix et son combat, ont toujours été situé dans la perspective d’un Universel où tous les peuples de cette planète, connaîtraient une harmonie capable de se réunir dans un même mouvement de conscience. Mais une harmonie capable aussi de respecter les identités propres de chaque peuple, de chaque être porteur d’une histoire, d’une culture, d’une dignité, la dignité humaine. C’est cette vision prophétique D’Aimé Césaire, qui pour nous , s’érige plus que jamais en source d’inspiration et en appel au dépassement. Ainsi, dans cet aéroport, le monde viendra vers nous par Aimé Césaire, et nous irons vers lui par Aimé Césaire.   Mais Césaire disposait d’une éthique tellement clairvoyante que dans ce monde –– qu’il ne perdit jamais de vue, même aux moments les plus douloureux de ses luttes –– il délimitait un espace, la Martinique, il distinguait un continent, je dirais même : il désignait une espérance majeure : l’Afrique. Césaire privilégiait l’Afrique. Il espérait l’Afrique. Il prophétisait l’Afrique. S’il y avait là une conquête audacieuse des origines, et l’affirmation d’une identité dont la source était nègre, il y voyait surtout, et je cite : « comme un coeur en réserve ». Il savait que ce haut lieu de civilisations et de cultures, ce berceau des humanités, cette source de la conscience et de la pensée, représente une grande part de l’avenir du monde. Et face à l’aveuglement occidental qui n’y voyait que désastre, immobilisme, éjection de l’histoire, famines ou corruptions, Césaire avait la clairvoyance de proclamer que la situation apparente des Afrique était surtout le signe d’une domination et d’un écrasement devenus invisibles aux yeux même de ceux qui les mettent en œuvre, et qu’il n’y avait donc là aucune fatalité, aucune damnation ontologique dont serait victime l’homme africain. Alors, ce port aérien où les avions se succèdent, où tant de consciences se croisent et se rencontrent, doit être considéré comme un lieu de pollinisation, un lieu de semailles et de fécondations. Il est donc infiniment précieux qu’il soit maintenant inauguré de telle sorte qu’il invoque, par la seule vibration du nom d’Aimé Césaire, un monde plus juste, un monde plus équitable, et surtout plus complet grâce aux forces instituées, restituées, honorées, de l’Afrique et des peuples opprimés du monde… C’était là un des termes du contrat.   Césaire disait « j’habite une blessure sacrée... j’habite une soif irrémédiable ». Il a tenu à ce que cette plainte soit inscrite sur sa tombe. Les significations du moindre vers de Césaire ne sont jamais simples, jamais univoques, et l’exégèse peut demeurer ouverte.  Seulement, j’ai la faiblesse d’y entendre ceci : le chantre de toutes les libertés humaines, ce fervent promoteur de l’Autonomie, est mort dans une terre, sa terre, dans un pays, son pays, encore sans responsabilité, encore dénué de toute possibilité d’initiative et d’action sur sa propre destinée. Avec ses « armes miraculeuses » et son engagement politique, Césaire a été l’homme de tous les combats. Et, inlassablement, dans les rapports de force toujours incertains, toujours défavorables de sa vie parlementaire, il n’a cessé de réclamer cette responsabilité qui nous manque encore, cette autonomie dont l’absence et la nécessité constitue en chacun de nous une sacrée blessure, une soif irrémédiable.   Cette blessure est la part la plus vive, pour ne pas dire la plus urgente, du contrat qui s’impose à nous. Je ne suis pas le seul à en avoir conscience. Tous –– chaque martiniquais, chaque parti politique, au-delà des divergences de vues et de méthodes –– tous, exprimons la volonté unanime d’effacer cette blessure ! Lors des événements de février, le peuple martiniquais en son entier a exprimé son mal-être, son malaise, son désir de sortir de cette vieille blessure, et de pouvoir d’une manière ou d’une autre agir son destin. Ce moment est venu. Face à la crise mondiale, plus rien ne peut être comme avant, vous l’avez dit.  Face à la profonde crise que connaissent nos sociétés, les orgueils ont besoin de s’apaiser, les excès de verticalité doivent être abolis, et -- c’est mon point de vue -- la Constitution française ne pourra rester longtemps insensible et immuable face aux aspirations légitimes de reconnaissance et de dignité de nos peuples –     Aimé Césaire avait compris que le plus précieux pour l’humanisation de l’homme était de toujours accorder un soin attentif aux différences et, par là-même, de vivre pleinement la diversité -- une diversité qui libère les intelligences, les initiatives, les responsabilités. Pouvoir se rassembler autour de nos ressemblances est précieux, mais savoir le faire autour de nos différences est fondamental ! C’est pourquoi Aimé Césaire fut un défenseur acharné de l’Autonomie Une République Unie, riche de peuples et de diversités, est la France nouvelle, la France d’un autre commencement ! Une Martinique, assumant désormais pleinement ses responsabilités dans un cadre républicain où l’autonomie n’est point l’ennemi de l’égalité des droits, est la Martinique d’un autre commencement !  C’est cette Martinique nouvelle et responsable qui appelle cette France nouvelle !  Mais il existe deux oppositions binaires qu’il nous faut dépasser.   La première est celle d’une intégration passive, la deuxième est celle d’une dissociation non solidaire1. La fameuse accusation de vouloir le beurre et l’argent du beurre… Comme si le prix d’une autonomie était d’abord une sanction égoïste, qui méconnaîtrait tout le passé de ces générations de nos ancêtres qui ont enrichi et la France et l’Europe, qui méconnaitrait le sacrifice de milliers d’entre eux pour faire obstacle au nazisme- hier la république a réparée une injustice par un acte de reconnaissance envers les dissidents, ceux qui sont encore vivant -! Une sanction égoïste qui ignorerait cette richesse maritime, cette biodiversité, ces talents littéraires, scientifiques, sportifs, et ces ferveurs qui participent depuis si longtemps du rayonnement et de la richesse de la France.  La Martinique autonome appelle à une France solidaire ! Et dans le creuset de cette solidarité nous nommons aussi la dignité, le droit au développement local, le droit à la différence, notre capacité à auto instituer nos significations structurantes et nos règles. Nous appelons à une nouvelle éthique du progrès.  ! une nouvelle éthique du développement. Si dans mon pays des divergences existent sur les modalités et la portée de notre évolution, retenez surtout M. le Président, que nous sommes unanimes sur cette nécessité d’un engagement dans un processus de responsabilisation, qui n’est ni l’indépendance, ni le statut quo.. Cela appelle de la part de la France une grande et courageuse décision politique. Cela appelle de la part de la Martinique un effort de dépassement et de lucidité sans précédent. Il est temps d’effacer la blessure qui a tant fait souffrir Césaire. J’aimerais que mes filles, lorsqu’elles iront s’incliner sur sa tombe dans les années qui viennent, puissent lire autrement le poème qui s’y trouve. Il est temps de faire en sorte que « la blessure sacrée », « la soif irrémédiable », ne concerne plus la Martinique, mais qu’elle symbolise les autres préoccupations de Césaire : son désir d’Afrique, son exigence d’un monde plus juste, sa volonté de voir disparaître le capitalisme de prédations avec toutes ses virulences financières... Tous ces maux dont la liste serait interminable font, qu’aujourd’hui, nous habitons plus que jamais une blessure sacrée, un monde en souffrance où la faim progresse, où la misère augmente, où la malnutrition fait des ravages, où la biodiversité s’effondre, et où l’espèce humaine active sa propre perte. Il est temps d’œuvrer à l’avènement de cet autre monde que Césaire devinait ! La Martinique autonome est prête à y prendre toute sa part !  Serge LETCHIMY
Posté le 26 juin 2009 17:02 par Milo | Commentaires (0)

"Les Martiniquais seront libres de choisir"

franceantilles.fr 26.06.2009 C'était un des moments les plus attendus de la visite présidentielle. Lors de l'inauguration de l'aéroport Aimé Césaire, le président s'est prononcé sur sa vision de l'évolution institutionnelle. "Je suis venu vous annoncer clairement que j'ai l'intention de consulter les Martiniquais sur l'évolution institutionnelle de leur territoire comme la Constitution m'y autorise (…) Les Martiniquais seront libres de choisir en leur âme et conscience le chemin qu'ils souhaitent emprunter" a annoncé le président. Immédiatement cependant, il a précisé les limites de cette consultation et a voulu rassurer ceux qui voient l'évolution comme une menace. " Tant que je serai président de la République la question de l'indépendance de la Martinique, c'est à dire de sa séparation d'avec la France ne sera pas posée (…) Le débat dont nous parlons n'est pas celui de l'indépendance (...) le débat qui est ouvert est celui du juste degré d'autonomie, celui de la responsabilité, celui de l'équation unité-singularité". Il a précisé par ailleurs que le statut de Région ultrapériphérique vis à vis de l'Europe ne serait pas menacé. Le président a néanmoins précisé que les changements demandés allaient nécessiter « du courage, des efforts, un esprit de responsabilité et une capacité d'imagination », à la fois des élus martiniquais mais aussi de l'État. « Plus une collectivité demande de l'autonomie, moins l'État aura de prise (..). Il faudra certes davantage d'autonomie pour vos élus, mais aussi davantage d'autonomie pour le représentant de l'État sur le territoire martiniquais », a-t-il posé comme préalable à toute évolution. Sans dévoiler un calendrier précis des futurs rendez-vous en ce sens, il a simplement indiqué qu'il reprendrait contact « bientôt » avec les élus. "L'integralite du discours de Nicolas Sarkozy a l'aeroport " 36355_discours-inauguration-aeroport-aime-cesaire.pdf (515,56 kb)
Posté le 26 juin 2009 15:52 par Milo | Commentaires (0)

Sarkozy: "le statu quo n'est pas possible"

Le président a promis l'apaisement, en arrivant jeudi aux Antilles pour les états-généraux de l'Outre-mer 4 mois après la grève générale. Des états-généraux auxquels le leader du LKP refuse de participer. D.H. (avec agences) - le 25/06/2009 - 21h25 www.tf1.fr  "Je suis persuadé que le statu quo n'est pas possible." Nicolas Sarkozy s'est engagé jeudi à trouver des solutions et à rechercher l'apaisement aux Antilles françaises quatre mois après les émeutes contre "la vie chère". Le président français, accompagné de son nouveau ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, et de la secrétaire d'État à l'Outre-Mer, Marie-Luce Penchard, Guadeloupéenne d'origine et fille de la sénatrice UMP Lucette Michaux-Chevry, a entamé à Fort de France une visite en Martinique et en Guadeloupe par un hommage de la nation aux "dissidents" antillais de la Seconde Guerre mondiale et l'ouverture des états-généraux de l'Outre-mer.  "Bien sûr, il y a des difficultés depuis très longtemps. Il faut trouver une solution, apaiser les choses et apporter une réponse à la fois à la demande d'égalité et d'identité", a dit Nicolas Sarkozy à la presse, à l'issue de la cérémonie.   "Je vais m'y consacrer pendant ces deux jours. Je vais rencontrer beaucoup de gens, écouter, faire des propositions, on prendra des décisions au mois d'octobre. En tout cas, je suis persuadé que le statu quo n'est pas possible", a-t-il ajouté. En octobre, un conseil interministériel tirera les conclusions des états généraux de l'Outre mer. "On ne peut pas gérer un département au coeur de la Caraïbe comme un département de la métropole, c'est une évidence", a insisté Nicolas Sarkozy. Dans son discours, le chef de l'Etat a souligné "qu'à l'heure où certains ont pu douter, dans un contexte de crise, de la force du lien qui nous unit", avoir voulu rappeler "ce que pouvait avoir de concret le fait de vivre un destin commun." "Notre histoire est partagée, nos sangs sont mêlés et c'est un ciment que nul ne pourra jamais brider", a-t-il dit.   Pas de rencontre Sarkozy-Domota hors états généraux    "Je parlerai avec tous ceux qui veulent me parler", a aussi affirmé Nicolas Sarkozy, répondant à une question sur une éventuelle rencontre avec le leader du collectif LKP, Elie Domota, en pointe lors de la crise antillaise. Le président ne devrait pas rencontrer le leader et porte-parole du LKP à moins que ce dernier n'accepte de se rendre à la réunion des états généraux que Nicolas Sarkozy doit présider durant son séjour dans l'île, avait auparavant affirmé le préfet dans un communiqué.   Or le LKP refuse depuis le début de participer à ces états-généraux, lancés le 19 février par Nicolas Sarkozy en pleine crise antillaise, considérant qu'ils ne font qu'entériner des décisions déjà prises à Paris. Elie Domota a pour sa part indiqué jeudi "qu'aucune invitation n'a été faite au LKP pour rencontrer le président de la République" lors de son déplacement en Guadeloupe et a accusé "l'Etat, allié au patronat, de revenir" sur les accords conclus après la grande grève du début de l'année.
Posté le 25 juin 2009 19:34 par Milo | Commentaires (0)

Free en Martinique ?

Sur le site Universfreebox , ce mardi 23 Juin 2009 , XAVIER NIEL le président de FREE , le leader des FAI (fournisseur d'accès Internet) en France, a révélé que les démarches sont en cours pour apporter le service Free dégroupé au tarif métropole à la Réunion, la Martinique et la Guadeloupe. Les choses pourraient s'accélérer "dès que les discussions en cours aboutiront à quelque chose d’acceptable, mais c’est une décision politique." a-t-il ajouté. L'abonnement ADSL serait alors proposé à 29,99 euros. Une annonce possible de Nicolas Sarkosy lors de son séjour aux Antilles au titre de la Continuité Territoriale ? http://www.universfreebox.com/article8440.html
Posté le 23 juin 2009 23:52 par Milo | Commentaires (0)

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