(©AFP / 10 décembre 2009 21h39)
PARIS - Eric Woerth a annoncé jeudi à l'Assemblée nationale que les 44 millions d'euros prévus par un décret d'avance en juillet ont été versés le 7 décembre aux compagnies pétrolières des Antilles et de Guyane, dont la Sara, filiale de Total, pour compenser la baisse du prix des carburants qui leur a été imposée.
Le ministre du budget, qui défendait le collectif budgétaire traditionnel de fin d'année pour 2009, a rappelé qu'outre-mer, "en ce moment, l'Etat subventionne pour aboutir au prix administré afin que le consommateur paie moins".
Mais, a-t-il ajouté, "un retour progressif à la normale" est prévu avec le relèvement des prix administrés dans les DOM.
L'Etat subventionne déjà moins depuis une première hausse en septembre, accompagnée d'une baisse des marges de la Sara et des grossistes, a fait valoir M. Woerth.
Mercredi soir, à l'issue d'une longue discussion, les députés avaient repoussé un amendement du gouvernement qui prévoyait de transférer les 50 millions supplémentaires inscrits au budget de l'outre-mer pour ce motif à la mission "économie".
Soulignant qu'il fallait en finir avec le monopole d'approvisionnement de la Sara dans les départements français d'Amérique, Charles de Courson (Nouveau Centre) a souligné la nécessité d'"ouvrir le marché", de "prévoir des caractéristiques de carburant vénézuélien ou américain et d'importer ce carburant au plus près", ce qui ferait baisser les prix.
"Va-t-on continuer à payer pendant des années 50 ou 100 millions parce qu'on est victime d'un monopole?", a-t-il demandé.
Jeudi, M. Woerth a dû s'engager devant les députés à ce qu'il n y ait "pas de (nouveau) décret de transfert" du ministère de l'outre-mer vers Bercy concernant la compensation qui va continuer à être versée pendant un certain temps aux pétroliers, "sans information préalable de la commission des finances" de l'Assemblée.
"Je ne sais pas encore ce qu'il adviendra de ces 50 millions d'euros, et je ne peux pas préjuger non plus de la négociation menée actuellement avec les pétroliers", a-t-il avancé.
Henri Emmanuelli (PS), ancien secrétaire d'Etat aux DOM-TOM, a retiré un amendement proposant de supprimer cette somme, après avoir relevé que "les leaders des puissants mouvements sociaux qui ont eu lieu vont constater qu'il y a de l'argent pour garantir les marges des pétroliers".