www.interentreprises.com 26/02/2009
Longue nuit de terreur en Martinique qui aura peut-être l’avantage de ramener le calme dans les plénières et les commissions qui se remettent au travail aujourd’hui.
Concernant la commission travaillant sur la liste de produits devant subir une baisse de 20% au niveau de leur prix, les quatre députés qui se sont engagés par avenant interposé le 16 février à ce que les demandes demeurent raisonnables, ont dûs descendre dans l’arène.
Après avoir reçu séparément puis ensemble les parties, ces dernières attaquent aujourd’hui une séance de travail qui devrait être plus constructive.
La liste des 100 familles a en effet été arrêtée depuis le 18 février et les représentants du Collectif devront faire leur choix dans un total de 500 produits pour arriver à une liste entre 200 et 250 produits.
On a donc quitté la notion de produits de première nécessité pour s’acheminer vers celle de panier de la ménagère, c’est-à-dire les produits les plus régulièrement achetés par le consommateur.
Si chacune demeure sérieuse et mesurée, le cadre défini devrait permettre une sortie de conflit sur ce point. Mais attendons ce soir…
Concernant la plénière sur les augmentations de salaires, la dernière proposition sur la table concerne une fourchette allant de 10 à 60€ en fonction de la taille de l’entreprise, avec une possibilité d’aller jusqu’à 100€ s’il y a une aide de l’Etat.
Précision : la proposition de la partie patronale, notamment de la CGPME, était assortie d’une exclusion des entreprises déficitaires, le temps que leurs comptes reviennent à l’équilibre. La CGPME proposait que l’état d’entreprise déficitaire soit actée par la Direction du travail sur la base de comptes certifiés ou de déclarations fiscales. Le Médef proposant de son côté que les entreprises exclues seraient celles ayant une cotation Iédom dégradée de 5 et plus.
Pour l’heure, le Collectif refuse l’exclusion des entreprises déficitaires ainsi que les garanties proposées, doutant de la véracité des situations et des méthodes pour les exprimer. Il propose que seuls les experts-comptables mandatés par lui, mais payés par les entreprises, sont susceptibles d’apporter une vision sans équivoque des situations. Un bien vaste chantier qui montre l’étendue de la défiance.
Longue nuit de négociation hier en Guadeloupe. Au petit matin, seule la proposition de l’ensemble patronale menée par le Medef à laquelle se sont ralliées la CGMPE, l’UMPEG, la FTPE… demeure sur la table. Celle de l’Uceg, assortie d’une exonération de la CGS/CRDS ayant été écartée, notamment par l’Etat. Et il s’agit bien de la problématique de l’augmentation des salaires compris entre 1 à 1,4 Smic.
Rappelons que l’UDE-Medef propose depuis le 20 février, de verser, sur une période de 2 ans, en prenant pour base la rémunération annuelle pour les salaires se situant entre 1 et 1,4 Smic et au-delà :
- pour les entreprises de – 20 salariés, une augmentation de 50€ ;
- pour celles jusqu’à 100 salariés, une augmentation de 70€ ;
- pour les entreprises au-dessus de 100 salariés, une augmentation de 90€ ;
- enfin, au-dessus de 1,4 Smic, une augmentation de 2% bloquée sur une période de 2 ans.
Les collectivités locales, c’est-à-dire la Région et le Département, proposent depuis le 23 février, 50€, à savoir 25€ chacune, versés pendant un an.
Enfin, l’Etat est venu hier avec la proposition de verser directement aux salariés dont les salaires sont situés dans la fourchette précédemment citée, 80€.
Lors de la négociation de cette nuit, la période a été prolongée de 2 à 3 ans, tout en réaffirmant que les collectivités locales verseront leur contribution pendant un an.
En résumé, pour les salariés des entreprises :
- de -20 salariés, ce seront 50€ + 50€ + 80€, soit 180€ nets ;
- de + de 20 salariés, ce seront 70€ + 50€ + 80€, soit 200€ nets
- au-dessus de 100 salariés : 90€ + 50€ + 80€, soit 220 € nets
Aujourd’hui, pour sortir du conflit, les représentants des salariés veulent que les entreprises s’engagent à confirmer ces augmentations temporaires en définitives, parties Etat et collectivités comprises, au sortir des 3 ans…
Au regard de la conjoncture mondiale et des changements rapides observés, nul, quelque part sur la planète, n’est aujourd’hui capable de prévisions à moyen terme. Cette donne est intrinsèquement liée à toute période de changement, et plus encore dans celle que nous connaissons depuis plus d’une an.
L’incertitude est le nouveau paramètre que tout acteur, qu’il soit économique, culturel, social, politique… doit désormais inscrire sur sa feuille de route.
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