Un secrétaire d'Etat, lundi 14 décembre 2009, a déclaré : « Moi, ce que je veux du jeune musulman, quand il est français, c'est qu'il aime son pays, c'est qu'il trouve un travail, c'est qu'il ne parle pas le verlan, qu'il ne mette pas sa casquette à l'envers". Cette déclaration a suscité normalement les protestations de la classe politique.
Déjà en 1991, "le bruit et l'odeur" des Musulmans et des Noirs est resté dans toutes les mémoires des immigrés. Son auteur fut président de la République. Nous avions à l’époque fait part de notre indignation.
Il y a quelques semaines, le président de la Région Martinique fustigeait « des gens venu d'ailleurs », à propos du devenir d'un lycée dont on a peine à discerner ses rapports avec des questions raciales.
La section Martinique de la Ligue des Droits de l'homme condamne aujourd’hui fermement les propos tenus par M Cayol sur "le bruit et l'odeur des blancs" car ils ne sont pas admissibles. Prononcés par un enseignant, ils ont choqué particulièrement beaucoup de jeunes élèves.
L'incitation à la haine raciale a toujours été un raccourci pour évacuer les vrais problèmes.
La démocratie doit s'honorer qu'un lycée prestigieux dans la formation intellectuelle des jeunes de notre pays fasse confiance à leur conscience de citoyen qui voteront prochainement.
Nous devons nous souvenir que, légitimement, nous ne tolérons pas ces propos envers nos compatriotes vivant en France métropolitaine, en ces temps où l'on veut définir le "bon" français" dans un débat sur l'identité nationale. Nous n'avons pas à les reproduire ici.
Au moment où l'attribution du prix Carbet de la Caraïbe à M. Alain Pwenel par un jury du Tout-Monde nous a honoré, il serait regrettable que des responsables politiques Martiniquais rêvent de réveiller les vieux démons du nationalisme.
Pour la section Martinique de la Ligue des droits de l'Homme
William ROLLE
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