Martinique : Analyses et Commentaires | L’autre lecture des propositions du gouvernement...

L’autre lecture des propositions du gouvernement...

 Francette Rosamont, Inter Entreprises, 20/02/2009

Et si le problème véritable n’était pas celui du pouvoir d’achat, mais celui de la création d’emplois en masse par les entreprises, ici aux Antilles, mais aussi en France et plus largement dans le monde ?

Que chacun veuille avoir la part du gâteau : personne ne peut être contre ? Mais que faire quand le gâteau a une taille qui risque de donner l’impression aux moins lotis de n’avoir que des miettes ?

Et c’est bien là le problème de ce gouvernement, dans les DOM, mais aussi partout sur le territoire national.

Nicolas Sarkozy est convaincu, et l’a répété, que c’est par l’investissement, par la modernisation de la collectivité France, que nous passerons le cap de cette crise sans précédent. En d’autres termes, c’est par la création de valeur ajoutée, par le développement de la richesse, accompagné par la mise en place de processus de partage plus équitable, que le pays continuera à prospérer.

Et cette valeur ajoutée, cette richesse nécessaire est créée par les entreprises. Pas par les administrations qui en revanche doivent se soucier d’une gestion plus efficace de cette richesse. D’où la nécessité impérieuse selon lui de créer des entreprises, toutes sortes d’entreprises, des grosses, des petites et des moyennes, créatives, faisant de la recherche et du développement pour inventer les produits et les services de demain qu’elles seront capables de vendre en France, mais aussi dans le reste du monde.

Tel est le dessein du président de la République pour le pays tout entier, et pour les DOM aussi. La colère qui gronde, en Métropole et dans les territoires d’outre-mer, l’a conduit à prendre des mesures de soutien social, c’est-à-dire à inclure le court terme dans sa vision à long et moyen terme.

C’est le package total qu’il propose aux DOM en coordination avec les actions des édilités locales : le court terme avec l’accélération des rattrapages en matière d’allocations diverses, l’anticipation du RSA, etc. ; le moyen terme avec les Etats généraux pour définir les projets de territoire ; et le long terme avec des fonds supplémentaires pour favoriser le développement et la modernisation des productions locales.

Dans le court terme, on voit en outre à l’œuvre des processus de réaffectation à périmètre constant : c’est-à-dire que les rattrapages et le versement du RSA sont des enveloppes qui existent déjà, mais qui sont mises à disposition plus tôt dans le temps.

L’Etat n’investit donc pas dans le court terme. Il anticipe pour permettre à ceux qui sont autour de la table de trouver des solutions pour sortir par le haut de ces longs conflits. Et il donne deux ans aux entreprises pour se refaire.

Cette approche avec un temps donné montre qu’avec les territoires d’outre-mer aussi, l’Etat entre dans une logique de résultat… comme l’Europe le fait déjà, elle dont les services contrôlent désormais de manière plus rapprochée la gestion des sommes allouées à ces régions ultrapériphériques.

En revanche, l’argent frais est mis par l’Etat sur le long terme : pour développer la production locale, pour structurer le dialogue social, pour les jeunes avec le doublement des postes en service militaire adapté.

Ces nouveaux fonds – et peut-être d’autres si nécessaires - doivent permettre d’accompagner en outre les projets de chaque territoire afin de renforcer leur autonomie, leur efficacité… et leur rayonnement dans leur zone géographique.

Et c’est à ce point que le destin des DOM croise les pensées les plus secrètes du président de la République : que le petit immigré hongrois soit celui qui permettra à la France de retrouver son influence dans le monde grâce à toutes les parties de son territoire national.

Les leaders du LKP en Guadeloupe, du Collectif du 5 février en Martinique, de Mayouri pou viv Miyo en Guyane, du Collectif des organisations syndicales, politiques et associatives de la Réunion, peuvent penser que ce n’est pas leur problème. Il n’est pas certain que les peuples de ces territoires s'expriment de même le 7 décembre 2009 dans les urnes, si cette date symbolique est retenue pour la consultation référendaire annoncée.

Pendant ce temps, Olivier Besancenot arrive en Martinique ce vendredi.

Questions : pourquoi vient-il dans ce département alors que la situation est plus « chaude » en Guadeloupe? Que c’est dans ce département où Elie Domota et les membres du LKP pourraient avoir le plus besoin de l’appui du porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste ?

Ou est-ce que c’est parce qu’il considère que la cartouche “Domota” s’est déjà “cramée” toute seule et qu’elle risque d’entacher son image de “beau-fils-rêvé” ? Ou encore est-ce parce que le LKP tient déjà bien le terrain selon ses techniques apprises ? Ou est-ce pour donner force et vigueur à une contestation qui n’est pas suffisamment musclée à ses yeux dans l’Île aux fleurs ?

Réponses dans quelques heures.

Posté le 20 février 2009 14:57 par Milo | Commentaires (0)

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