Source: meetaw Raymond ROSAMOND 05/05/2009
Les statistiques financières et bancaires
La dernière mouture du bulletin de conjoncture financière et bancaire de la Martinique est disponible depuis plusieurs semaines. Dans ces colonnes, le mode de transmission de la crise financière au tissu économique a été évoqué à maintes reprises. La contamination se ferait par le canal du crédit. Le rationnement des financements précipitera la chute des structures fragiles et impactera les achats de biens durables. Nous aurons en juin les chiffres du premier trimestre de l’année 2009, et l’impact du mouvement social de février.
Les informations diffusées ne concernent donc que le dernier trimestre de l’année 2008.
Ce document de 27 pages nous permet de suivre l’évolution de l’activité bancaire, et par ricochet l’activité économique. Ainsi, les crédits d’exploitation accordés par les banques ont baissé de 17,1% durant cette période. Par rapport à décembre 2007, la baisse n’est que de 2,2%. Les crédits d’investissement ont augmenté de +4,8% par rapport au trimestre antérieur, et de +17,2% sur l’année.
Près de 2.200 personnes morales sont aujourd’hui interdites bancaires. Ce second chiffre doit être manipulé avec précaution car il concerne à la fois des sociétés commerciales, civiles et les associations. Le point bas avait été atteint en mars 2005 où environ 1.850 structures se trouvaient dans cette situation. Depuis décembre 2006 l’indicateur « nombre d’interdits bancaires » progresse fortement, cette évolution défavorable ne peut donc être entièrement imputée la débâcle financière..
Au cours de cette même période, plus de 71% des incidents de paiement sur effets de commerce concernent deux secteurs : commerce & réparation d’automobiles et cycles (42,1%) et la construction (29,5%). Ce phénomène n’est pas nouveau ; ces secteurs affichaient des statistiques défavorables également lors du précédent bulletin. Mais la situation s’est aggravée dans le secteur de la construction. Les incidents de paiements s’élevaient à 510.000 euros à fin mars 2008. Au 31 décembre 2008 les impayés de cette activité ont atteint 1,5 millions d’euros.
Le silence des administrations
Au moment où le thème de la gouvernance attire les foules, les échanges se concentrent sur notre organisation administrative et politique. Mais Daniel MARIE-SAINTE avait indiqué – lors du lancement officiel des EGOM à Madiana, que le gouvernement attendait également des propositions sur l’organisation de « l’administration centrale » dans nos régions. Vaste débat. Si on se tient simplement à la diffusion de chiffres permettant de mieux appréhender l’évolution de l’activité économique, des efforts doivent être consentis par les « services déconcentrés de l’Etat ». Prenons par exemple le greffe du tribunal mixte de commerce de Fort de France. Les centres de formalité des entreprises (CFE) diffusent les statistiques relatives aux créations, et ces structures travaillent en théorie en réseau avec ledit greffe. Combien de redressements judiciaires sont prononcés chaque année ? Combien de liquidations judiciaires ? Mais au vu des difficultés rencontrés par cette institution pour délivrer aux entrepreneurs le parchemin appelé « extrait k’bis », on comprend mieux.
La remise à niveau des moyens du greffe ne semble guère être la priorité des autorités, hélas.
Actuellement on se focalise sur l’évolution du nombre de demandeurs d’emploi ; mais combien de licenciements économiques surviennent chaque année ? Nos compatriotes planchent sur le développement d’infrastructures sur notre territoire exigu. Même si la loi permet des partenariats publics – privés, le rôle des collectivités locales est essentiel. Nos élus soulignent l’importance de la commande publique qui permet de générer de l’activité économique. Mais il règne un silence pesant sur le règlement des factures. Certes le code des marchés publics a été modifié pour réduire les délais de paiement, quelles sont les communes qui payent en respectant les textes ? Quel est le délai moyen de paiement des collectivités (communes, Conseil général, Conseil régional, Etat) ? Sur ces questions vous n’aurez aucun chiffre. Mais on vous « vendra » le budget d’investissement, où on aligne les millions d’euros dépensés.
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